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	<title>Quiero &#233;ditions</title>
	<link>https://www.quiero.fr/</link>
	<description> Adresse postale : c/o Marginales - Les Billardes - 04300 Forcalquier. Adresse virtuelle : quiero.editions AT quiero.fr Diffusion-distribution en librairie Serendip-Livres &amp; Paon diffusion
Agenda - Nouveaut&#233;s - Catalogue - &#192; para&#238;tre - John Doe
Des blogs avec textures &#224; d&#233;couvrir tous les mois&#8230;
Inscription &#224; la lettre de diffusion des &#233;ditions Quiero</description>
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		<title>Quiero &#233;ditions</title>
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		<title>Deux remarques sur le constructivisme
</title>
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		<dc:date>2024-06-01T22:28:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Geneste
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		<dc:subject>Philippe Geneste
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		<description>
&lt;p&gt;Les principes du constructivisme en p&#233;dagogie portent les enseignants ou &#233;ducateurs &#224; mettre les &#233;l&#232;ves dans des situations o&#249; ils doivent r&#233;soudre des probl&#232;mes. &lt;br class='autobr' /&gt; Qu'est-ce que cela signifie, r&#233;soudre un probl&#232;me ? C'est r&#233;soudre une contradiction. Quand l'enfant de six ans voit la m&#234;me quantit&#233; d'eau vers&#233;e d'un vase haut dans un vase bas, il dit qu'il y a plus d'eau dans le vase haut. Il dit cela jusqu'&#224; ce qu'il per&#231;oive la contradiction qu'il y a entre transvaser la m&#234;me eau et penser (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;Pour un enseignement cr&#233;atif du langage&#8230;
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Philippe Geneste
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L150xH126/galets_repris-4a796.jpg?1789823794' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='126' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les principes du constructivisme en p&#233;dagogie portent les enseignants ou &#233;ducateurs &#224; mettre les &#233;l&#232;ves dans des situations o&#249; ils doivent r&#233;soudre des probl&#232;mes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela signifie, r&#233;soudre un probl&#232;me ? C'est r&#233;soudre une contradiction. Quand l'enfant de six ans voit la m&#234;me quantit&#233; d'eau vers&#233;e d'un vase haut dans un vase bas, il dit qu'il y a plus d'eau dans le vase haut. Il dit cela jusqu'&#224; ce qu'il per&#231;oive la contradiction qu'il y a entre transvaser la m&#234;me eau et penser qu'il y a plus d'eau ou moins d'eau. L'acquisition de la conservation dans le raisonnement logique est alors en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le constructivisme et l'&#233;ducation&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On pense souvent l'&#233;ducation comme une appropriation de savoirs. Ceci est juste &#224; condition de pr&#233;ciser que l'appropriation de savoirs n&#233;cessite deux m&#233;canismes : un m&#233;canisme de consolidation des savoirs acquis et un m&#233;canisme d'appropriation nouvelle. Une appropriation nouvelle c'est un peu une r&#233;volution cognitive. Elle assure le d&#233;veloppement intellectuel, &#224; condition, toutefois, que les savoirs acquis soient consolid&#233;s. Et ceux-ci sont consolid&#233;s s'ils sont pratiqu&#233;s ou mis en pratique. C'est donc la pratique qui est essentielle d'o&#249; pour l'enseignante ou l'enseignant le parti-pris d'une m&#233;thode active d'enseignement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une op&#233;ration &#224; privil&#233;gier est celle de la classification qui suppose l'observation et l'exp&#233;rimentation. L'&#233;cole &#233;vite soigneusement cette op&#233;ration quand elle assure l'enseignement grammatical. &#192; sa place, l'&#233;cole pr&#233;f&#232;re l'op&#233;ration de m&#233;morisation de mots du m&#233;talangage &#8230; avec le succ&#232;s que l'on sait&#8230; Demander aux &#233;l&#232;ves de m&#233;moriser, c'est sauter par-dessus l'&#233;tape de la compr&#233;hension pour la m&#233;morisation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dire, avec le constructivisme, qu'apprendre c'est comprendre, c'est dire qu'apprendre c'est assimiler de nouvelles connaissances pour parvenir &#224; r&#233;soudre un probl&#232;me, &#224; surmonter une contradiction ou ce qui limite le d&#233;ploiement d'une action. Apprendre devient alors pour le sujet, modifier, changer le syst&#232;me des connaissances qu'il a construit, c'est le transformer en sachant &#233;noncer ce qu'il a fait pour cela. Or, c'est tout autre chose que de donner la bonne solution ou de la copier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Constructivisme et enseignement : th&#233;orie piag&#233;tienne et langage&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'histoire du d&#233;veloppement intellectuel de l'enfant, c'est en bonne partie, l'histoire de la socialisation progressive d'une pens&#233;e individuelle d'abord r&#233;fractaire &#224; l'adaptation sociale, puis de plus en plus p&#233;n&#233;tr&#233;e par les influences des adultes ambiantes. &#192; cet &#233;gard, toute la pens&#233;e de l'enfant est destin&#233;e, d&#232;s les d&#233;buts du langage, &#224; se fondre progressivement dans la pens&#233;e adulte &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Piaget, Jean, La Repr&#233;sentation du monde chez l'enfant, Paris, PUF, 1991 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En gardant m&#233;moire des implications de cette citation de Jean Piaget, nous allons interroger le rapport que le p&#233;dagogue pourrait entretenir avec l'enseignement de la langue et notamment du fran&#231;ais langue maternelle. Notre propos s'affranchira de la plupart des d&#233;veloppements sur le langage &#233;tablis apr&#232;s la seconde guerre mondiale, dans le cadre du Centre International d'&#201;pist&#233;mologique G&#233;n&#233;tique (cr&#233;&#233; par Piaget en 1955), tant ils nous paraissent assimiler unilat&#233;ralement la langue et la logique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne consid&#233;rerons que les travaux sur le langage culminant avec son livre &lt;i&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Formation&lt;/i&gt; du&lt;/i&gt; &lt;i&gt;symbole&lt;/i&gt; &lt;i&gt;chez&lt;/i&gt; &lt;i&gt;l'enfant&lt;/i&gt;. Nous nous appuierons, en cons&#233;quence sur les multiples remarques de l'&#233;pist&#233;mologue concernant les discours des enfants et ses intuitions propres &#224; l'acquisition des premiers mots ainsi que son &#233;tude d&#233;taill&#233;e de la gen&#232;se du signe&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une &#233;tude d&#233;taill&#233;e : Philippe, Geneste, &#171; De La Gen&#232;se du signe. Du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1072 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L223xH651/perle_page_de_garde-1d84b.jpg?1789823794' width='223' height='651' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le langage de l'enfant est une action verbale influenc&#233;e &lt;strong&gt;mais&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;non&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;dict&#233;e&lt;/strong&gt; par l'adulte ou le milieu. Suivant la progression de la socialisation autant qu'y contribuant, le langage de l'enfant se construit progressivement, avec pour aiguillon la recherche d'une toujours meilleure adaptation des discours aux besoins, aux situations linguistiques et sociales, &#224; la norme repr&#233;sent&#233;e par la langue orale adulte. En revanche, il existe une influence impos&#233;e : c'est celle des r&#232;gles h&#233;t&#233;rog&#232;nes, &#233;trang&#232;res &#224; l'enfant, qui sont celles de la grammaire enseign&#233;e et qui demeurent hors de port&#233;e de son esprit jusqu'au milieu de l'adolescence. Hors de port&#233;e, elles ne servent donc &#224; rien et l'&#233;cole ne s'en sert que pour v&#233;rifier la capacit&#233; de l'&#233;l&#232;ve &#224; perroqueter l'ordre acad&#233;mique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un principe essentiel de la m&#233;thode clinique, mise au point par Piaget pour travailler avec les enfants et rendre pertinentes aux chercheurs leurs observations et l'interpr&#233;tation de ces observations, est celui-ci : &#171; refuser d'admettre a priori l'absolue conformit&#233; des repr&#233;sentations de l'enfant avec celles de son entourage &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Piaget, Jean, La Repr&#233;sentation du monde chez l'enfant, Paris, PUF, 1991 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce principe appliqu&#233; &#224; l'enseignement revient &#224; accepter l'originalit&#233; des productions et compr&#233;hensions enfantines, de partir d'elles pour mener le travail avec les enfants. Ce principe permet de ne pas brutaliser le d&#233;veloppement de l'enfant et demande de cr&#233;er des dispositifs p&#233;dagogiques conformes &#224; leur stade de d&#233;veloppement et donc susceptibles de motiver et stimuler des acquisitions nouvelles quels que soient les domaines de connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de l'apprentissage scolaire du langage, les p&#233;dagogues se concentreront donc sur la manipulation des discours. En effet, l'enfant a toujours &#224; c&#339;ur d'adapter son discours au discours social. En travaillant sur le discours des enfants, en les prenant au s&#233;rieux, l'int&#233;r&#234;t pour l'enseignement est double :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; d'une part l'adaptation au discours social est renforc&#233; (voire acc&#233;l&#233;r&#233;, mais l&#224; n'est pas et ne doit jamais pas &#234;tre le but,),&lt;/li&gt;&lt;li&gt; d'autre part, l'enfant gagnant en ma&#238;trise discursive gagne en capacit&#233; de singularisation de son discours, il gagne donc en individuation de son langage.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Piaget, Jean, &lt;i&gt;La Repr&#233;sentation du monde chez l'enfant&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1991 (1&#232;re &#233;d., Alcan, 1926), 335 p. &#8211; p. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour une &#233;tude d&#233;taill&#233;e : Philippe, Geneste, &#171; De La Gen&#232;se du signe. Du sens, du concept, pens&#233;e verbale et pens&#233;e logique &#187;, &lt;i&gt;Studia UBB philologia&lt;/i&gt; LXIII, 3, 2018, pp. 33-48. Lire aussi de multiples contributions dialogu&#233;es traitant ce sujet sur &lt;a href=&#034;https://www.lesart-psychomecanique.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;https://www.lesart-psychomecanique.fr/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Piaget, Jean, &lt;i&gt;La Repr&#233;sentation du monde chez l'enfant&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1991 (1&#232;re &#233;d. , Alcan, 1926) , 335 p. &#8211; p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Psychogen&#232;se de l'&#233;criture et d&#233;veloppement cognitif
</title>
		<link>http://quiero.fr/spip.php?article383</link>
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		<dc:date>2024-05-07T09:29:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Geneste
</dc:creator>


		<dc:subject>Philippe Geneste
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quels sont les m&#233;canismes mentaux et cr&#233;atifs que les &#233;crivains au cours de l'histoire ont rencontr&#233;s et sur lesquels l'enfant au cours de la psychogen&#232;se de l'&#233;criture vient buter ? &lt;br class='autobr' /&gt; La connaissance du d&#233;veloppement de la repr&#233;sentation du monde chez l'enfant fournirait-elle des &#233;clairages utiles pour les enseignants et enseignantes ? Pour consolider l'hypoth&#232;se d&#233;fendue d'une correspondance relative entre psychogen&#232;se et histoire litt&#233;raire de la description, il faut &#233;tudier le lien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;Pour un enseignement cr&#233;atif du langage&#8230;
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Philippe Geneste
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L150xH63/logo_mai_2024-a7471.png?1789823794' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='63' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quels sont les m&#233;canismes mentaux et cr&#233;atifs que les &#233;crivains au cours de l'histoire ont rencontr&#233;s et sur lesquels l'enfant au cours de la psychogen&#232;se de l'&#233;criture vient buter ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La connaissance du d&#233;veloppement de la repr&#233;sentation du monde chez l'enfant fournirait-elle des &#233;clairages utiles pour les enseignants et enseignantes ?&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mois dernier, le blog a &#233;tudi&#233; comment la gen&#232;se historique de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour consolider l'hypoth&#232;se d&#233;fendue d'une correspondance relative entre psychogen&#232;se et histoire litt&#233;raire de la description, il faut &#233;tudier le lien entre la psychogen&#232;se de l'&#233;criture et son soubassement cognitif (psychogen&#232;se de la pens&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude des r&#233;sum&#233;s de texte (&lt;a href='http://quiero.fr/spip.php?article370' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Comprendre l'&#233;criture enfantine : Le r&#233;sum&#233; d'histoire&lt;/a&gt;) et l'analyse de productions de fiction enfantines (&lt;a href=&#034;https://www.lesart-psychomecanique.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;https://www.lesart-psychomecanique.fr/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;) prouvent que l'enfant ne sait pas rejouer avant un certain &#226;ge, des actions sur le plan verbal. Ce qu'il r&#233;sout au plan pratique, il ne sait pas le r&#233;soudre au plan verbal ni au plan de la pens&#233;e r&#233;flexive. Ce qu'on remarque durant l'&#233;cole primaire et les classes de coll&#232;ge, notamment les classes de sixi&#232;me et de cinqui&#232;me, c'est l'usage &#224; l'&#233;crit de la juxtaposition. Celle-ci r&#233;v&#232;le la non organisation des faits rapport&#233;s ou &#233;voqu&#233;s. Les travaux pionniers de Luquet montrent la m&#234;me chose au niveau du dessin, une m&#234;me &#171; incapacit&#233; synth&#233;tique &#187; : &#171; les pi&#232;ces d'un m&#234;me ensemble sont (&#8230;) juxtapos&#233;es par le dessinateur avant qu'il soit capable de les lier &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Piaget, Jean, Le Jugement et le raisonnement chez l'enfant, troisi&#232;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Piaget montre que ce ph&#233;nom&#232;ne n'est pas li&#233; seulement &#224; une ma&#238;trise technique du crayon insuffisante, mais que sa racine se trouve dans la pens&#233;e elle-m&#234;me de l'enfant. La preuve est que dans le domaine du jugement, aussi &#171; chaque jugement est juxtapos&#233; au pr&#233;c&#233;dent et non assimil&#233; &#224; lui &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Piaget, Jean, Ibidem &#8211; p. 178.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Donc l'enfant juxtapose au lieu de hi&#233;rarchiser ses observations et jugements. De l&#224; dans le discours enfantin jusqu'&#224; 10/11 ans une absence de conjonctions de relation en dehors de &#171; et &#187; ou de &#171; et puis &#187; qui notent une juxtaposition et ne signifient pas la teneur d'une relation pr&#233;cise. Par exemple, &#171; dans les explications d'enfant &#224; enfant on ne trouve presque pas de liaisons causales explicites. L'explication prend l'allure d'un r&#233;cit. Les liaisons sont marqu&#233;es par un &#8220;et puis&#8221; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Piaget, Jean, Ibidem &#8211; p. 179.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Si Piaget s'int&#233;resse &#224; ces conjonctions de relation, c'est qu'elles lui permettent d'observer la manipulation verbale de relations logiques. Ses travaux montrent que durant ce stade de la pens&#233;e concr&#232;te (7-12 ans), l'enfant ne ma&#238;trise pas les relations logiques. Par exemple &#224; la place de &lt;i&gt;donc&lt;/i&gt; (cons&#233;quence) il emploie &lt;i&gt;alors&lt;/i&gt; (succession), lorsqu'il emploie &lt;i&gt;parce&lt;/i&gt; &lt;i&gt;que&lt;/i&gt;, il est rare que la conjonction marque une relation causale physique ou logique et d'ailleurs &lt;i&gt;parce&lt;/i&gt; &lt;i&gt;que&lt;/i&gt; est &#171; absent &#187; du discours spontan&#233; des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1033 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://quiero.fr/IMG/jpg/image_mai_2024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH694/image_mai_2024-325eb.jpg?1789823794' width='500' height='694' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Donc, jusqu'&#224; 12 ans voire plus, l'&#233;criture de r&#233;cits enfantins et de r&#233;sum&#233;s de texte se caract&#233;risent par les proc&#233;d&#233;s de la juxtaposition, du coq-&#224;-l'&#226;ne. Ce trait verbal va de pair avec le syncr&#233;tisme qui caract&#233;rise la pens&#233;e de cet &#226;ge. On appelle syncr&#233;tisme la liaison sans hi&#233;rarchie des composantes des objets dans un dessin, des mots, syntagmes, phrases dans une description, des &#233;nonc&#233;s dans un texte. Pourquoi ? Parce que &#171; les repr&#233;sentations enfantines proc&#232;dent par sch&#233;mas globaux et par sch&#233;mas subjectifs, c'est-&#224;-dire ne r&#233;pondant pas &#224; des analogies ou &#224; des liaisons causales v&#233;rifiables par tous les individus &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Piaget, Jean, Ibidem &#8211; p. 181.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans le syncr&#233;tisme, &#171; tout tient &#224; tout, tout se justifie gr&#226;ce &#224; des rapprochements et de simplifications impr&#233;vues, mais ne soup&#231;onnons pas la richesse de ces liaisons, parce que pr&#233;cis&#233;ment ce syncr&#233;tisme ne conna&#238;t pas les moyens d'expressions qui seuls le rendraient communicable &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Piaget, Jean, Ibidem &#8211; p. 181.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'analyse des r&#233;sum&#233;s de texte (&lt;a href='http://quiero.fr/spip.php?article370' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Comprendre l'&#233;criture enfantine : Le r&#233;sum&#233; d'histoire&lt;/a&gt;) et des descriptions (&lt;a href='http://quiero.fr/spip.php?article378' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Hom&#232;re et l'enfant&lt;/a&gt;) confirme ce propos : les &#233;l&#232;ves sont d'ailleurs toujours &#233;tonn&#233;s que leur histoire ne soit pas claire pour l'interlocuteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant tout le stade de la pens&#233;e concr&#232;te et au-del&#224;, le syncr&#233;tisme r&#233;git la production verbale enfantine. L'&#233;l&#232;ve a tendance &#224; condenser entre elles des images, des propos. Si les textes &#233;crits par des &#233;l&#232;ves de sixi&#232;me, de cinqui&#232;me, sont encore produits sans liens logiques c'est parce que l'enfant proc&#232;de avec le langage comme avant huit ans il proc&#233;dait avec la pens&#233;e. Or, force est de constater que le syncr&#233;tisme, qui diminue dans la pens&#233;e enfantine &#224; partir de 7/8 ans (passage au niveau cognitif du stade de la pens&#233;e pr&#233;-rationnelle &#224; la pens&#233;e concr&#232;te), subsiste au plan verbal. L'enfant est incapable d'analyser avec les mots et il a tendance &#224; &#171; tout lier &#224; tout &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Piaget, Jean, Ibidem &#8211; p. 183.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : il condense des images entre elles, des sc&#232;nes entre elles, il proc&#232;de par sch&#233;mas globaux, sch&#233;mas qui sont au fondement de l'imagination intellectuelle des enfants, enfin, comme dans le syncr&#233;tisme on assiste &#224; une &#171; fusion imm&#233;diate d'&#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;rog&#232;nes et [&#224; la] croyance &#224; l'implication objective des &#233;l&#233;ments ainsi condens&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Piaget, Jean, Ibidem &#8211; p. 185.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'enfant contre toute attente justifie tout ce qu'il a &#233;crit, ce qu'il a imagin&#233; nie les disjonctions, les discordances parce qu'il n'y en a pas pour lui&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au terme de cette br&#232;ve exploration du soubassement cognitif des caract&#233;ristiques des descriptions et r&#233;sum&#233;s &#233;crits des &#233;l&#232;ves, ajoutons l'int&#233;r&#234;t majeur que peut jouer &#224; l'&#233;cole l'&#233;change entre les &#233;l&#232;ves de leurs productions &#233;crites, ne serait-ce que parce que les &#233;l&#232;ves sont alors oblig&#233;s de pr&#233;ciser ce qu'ils veulent d&#233;crire ou raconter. L'&#233;change verbal, l'interaction verbale sont des cl&#233;s pour mettre en progr&#232;s les &#233;l&#232;ves sur ces productions &#233;crites. C'est le meilleur moyen pour accepter l'originalit&#233; des productions et compr&#233;hensions enfantines tout en partant d'elles pour mener un travail avec les &#233;l&#232;ves. Il ne s'agit pas de brutaliser le d&#233;veloppement de l'enfant, de l'acc&#233;l&#233;rer, mais de cr&#233;er des dispositifs p&#233;dagogiques respectueux de leur stade de d&#233;veloppement et ainsi de rendre l'enseignement susceptible de motiver, de stimuler des acquisitions nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette r&#233;flexion, il ressort que l'&#233;cole devrait s'appuyer sur l'&#233;volution cognitive des &#233;l&#232;ves et la connaissance de la psychogen&#232;se de l'&#233;criture pour d&#233;cider des notions &#224; enseigner. Il n'existe pas plus de structuration psychologique toute faite, l'enfant construit ses structures cognitives. Il n'existe pas de structuration linguistique toutes pr&#234;tes, chaque enfant construit sa langue &#224; partir des interactions avec l'entourage et la soci&#233;t&#233;. L'&#233;cole pense qu'une transmission sociale fournissant le tout d'une connaissance comme un bloc achev&#233; (l'exemple des grammaires scolaires reste le plus illustratifs car tellement caricatural depuis tant de d&#233;cennies et si&#232;cles) suppl&#233;e &#224; l'ignorance enfantine. Or, l'enfant sait des choses, construit des structures cognitives, verbales, textuelles-discursives, selon un rythme qui lui est propre et qui varie d'un &#233;l&#232;ve &#224; l'autre, parfois d'un milieu social &#224; l'autre. Ce sont les interactions avec les autres discours, les autres pens&#233;es, les autres enfants, mais aussi entre les &#233;l&#232;ves, la classe et l'enseignant, qui peuvent acc&#233;l&#233;rer des acquisitions ou au contraire les inhiber : l'&#233;cole devrait donc &#234;tre attentive aux modalit&#233;s de ces interactions, comme l'enseignent la p&#233;dagogie Freinet, la p&#233;dagogie de groupe, la p&#233;dagogie institutionnelle, entre autres. Mais force est de constater que ce n'est pas le cas&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le mois dernier, &lt;a href='http://quiero.fr/spip.php?article378' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le blog&lt;/a&gt; a &#233;tudi&#233; comment la gen&#232;se historique de la description dans la litt&#233;rature occidentale pouvait &#234;tre &#233;clair&#233;e par la psychogen&#232;se de l'&#233;criture d'une histoire. Et, en retour, le blog a &#233;tudi&#233; comment celle-ci pouvait, peut-&#234;tre, &#233;clairer l'histoire de la description en litt&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Piaget, Jean, &lt;i&gt;Le Jugement et le raisonnement chez l'enfant&lt;/i&gt;, troisi&#232;me &#233;dition, Neuch&#226;tel-Paris, Delachaux &amp; Niestl&#233;, 204 p. &#8211; p. 177.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Piaget, Jean, &lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt; &#8211; p. 178.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Piaget, Jean, &lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt; &#8211; p. 179.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Piaget, Jean, &lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt; &#8211; p. 181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Piaget, Jean, &lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt; &#8211; p. 181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Piaget, Jean, &lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt; &#8211; p. 183.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Piaget, Jean, &lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt; &#8211; p. 185.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hom&#232;re et l'enfant
</title>
		<link>http://quiero.fr/spip.php?article378</link>
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		<dc:date>2024-04-01T10:22:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Geneste
</dc:creator>


		<dc:subject>Philippe Geneste
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		<description>
&lt;p&gt;Comment expliquer que les &#233;l&#232;ves de primaire et des premi&#232;res classes de coll&#232;ge &#233;crivent des histoires en usant de la juxtaposition, de la concat&#233;nation et d'une parataxie que l'abondance des &#171; et&#8230;et &#187; ne fait qu'accentuer ? &lt;br class='autobr' /&gt; Nous avons vu, en &#233;tudiant le r&#233;sum&#233; de texte chez des &#233;l&#232;ves de sixi&#232;me et cinqui&#232;me, qu'ils proc&#233;daient par concat&#233;nation, faisant se succ&#233;der des phrases, chacune centr&#233;e sur un &#233;v&#233;nement ou un d&#233;tail. Le proc&#233;d&#233; conf&#232;rerait &#224; l'addition juxtapositive sauf que (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;Pour un enseignement cr&#233;atif du langage&#8230;
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Philippe Geneste
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L106xH150/oiseau_bassin_janv_2023-1dce7.jpg?1789823794' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment expliquer que les &#233;l&#232;ves de primaire et des premi&#232;res classes de coll&#232;ge &#233;crivent des histoires en usant de la juxtaposition, de la concat&#233;nation et d'une parataxie que l'abondance des &#171; et&#8230;et &#187; ne fait qu'accentuer ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous avons vu, en &#233;tudiant le r&#233;sum&#233; de texte&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;lire le blog Sur l'&#233;ducation de f&#233;vrier 2024 : &#171; Comprendre l'&#233;criture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; chez des &#233;l&#232;ves de sixi&#232;me et cinqui&#232;me, qu'ils proc&#233;daient par concat&#233;nation, faisant se succ&#233;der des phrases, chacune centr&#233;e sur un &#233;v&#233;nement ou un d&#233;tail. Le proc&#233;d&#233; conf&#232;rerait &#224; l'addition juxtapositive sauf que les &#233;l&#232;ves, c'est un trait dominant depuis les classes de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, relient les phrases par l'it&#233;ration de coordinateurs qui sont principalement : &#171; et&#8230; et &#187;, &#171; puis&#8230;puis &#187;, &#171; et puis&#8230;. et puis &#187;, &#171; ensuite&#8230; ensuite &#187;, &lt;i&gt;etc.&lt;/i&gt;. Ces coordinateurs n'ont pourtant aucun r&#244;le de liaison narrative ; leur fonction est de s&#233;parer les segments trait&#233;s de l'histoire sans pr&#233;occupation de la coh&#233;rence di&#233;g&#233;tique ou narrative. Cette caract&#233;ristique de l'&#233;crit enfantin et pr&#233;-adolescent, qu'on pourrait nommer une construction accumulative, est amplifi&#233;e lorsque les &#233;l&#232;ves r&#233;digent une histoire imaginaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans pr&#233;tendre expliquer ce fait que rencontre tout professeur, toute enseignante d'&#233;cole ou de coll&#232;ge, et encore parfois de lyc&#233;e, nous aimerions, ici, d&#233;velopper une hypoth&#232;se qui rattache ce trait de la gen&#232;se de l'&#233;criture &#224; la gen&#232;se du r&#233;cit telle que nous la r&#233;v&#232;le l'Histoire litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elle relate un &#233;pisode r&#233;el ou qu'elle rel&#232;ve de l'imaginaire, l'histoire racont&#233;e &#224; l'&#233;crit par l'enfant est rapport&#233;e par fragments dont les &#171; et&#8230;et &#187;, &#171; puis&#8230; puis &#187;, &#171; alors&#8230; alors &#187;, marquent la succession. Chaque fragment renvoie soit &#224; un d&#233;tail soit &#224; un &#233;v&#233;nement, mais on pourrait dire qu'il s'agit d'une &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt; : ce terme est utilis&#233; par Raymonde Debray Genette&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Debray Genette, Raymonde, Les M&#233;tamorphoses du r&#233;cit. Autour de Flaubert, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; pour la distinguer de la description narrativis&#233;e qui, elle, est incluse dans la di&#233;g&#232;se, c'est-&#224;-dire est subordonn&#233;e &#224; elle, comme par exemple quand la narration prend le point de vue d'un personnage pour d&#233;crire ce qu'il voit. &#192; propos de la &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt; Raymonde Debray Genette, qui &#233;tudie l'&#233;volution de la description dans l'histoire litt&#233;raire, dit qu'elle &#171; contrevient aux lois m&#234;mes du r&#233;cit, en ce qu'elle introduit du discontinu &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; l&#224; o&#249; on attend coh&#233;rence et logique narrative. Cependant, le type de discours utilis&#233; dans la &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt; est le discours narratif : &#171; &#192; son origine &#233;pique, la description s'op&#232;re par la narration &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Debray Genette, Raymonde, Les M&#233;tamorphoses du r&#233;cit. Autour de Flaubert, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Par exemple, la description du bouclier d'Achille par Hom&#232;re ne rel&#232;ve pas de l'art de l'imitation : en effet, Hom&#232;re juxtapose le r&#233;cit de sc&#232;nes sans aucun lien avec le r&#233;cit de l'&#339;uvre dans laquelle cette description s'inscrit. C'est l'exemple typique de la &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt; selon Raymonde Debray Genette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les histoires &#233;crites par les &#233;l&#232;ves pr&#233;sentent la m&#234;me caract&#233;ristique. Les phrases de ces r&#233;cits &#233;crits enfantins se succ&#232;dent souvent sans point final, juste s&#233;par&#233;es par une virgule. L'enfant ne se soucie aucunement d'expliciter ce qui les unit, ni la causalit&#233; qui donnerait sens &#224; leur suite, c'est-&#224;-dire qui d&#233;voilerait un encha&#238;nement entre les sc&#232;nes. Chaque phrase des &#233;l&#232;ves, en effet, traite d'un fait de l'histoire, d&#233;crit un objet, se plonge dans une sc&#232;ne ou plusieurs sc&#232;nes m&#233;lang&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le montraient les r&#233;sum&#233;s des &#233;l&#232;ves donn&#233;s en illustration &lt;a href='http://quiero.fr/spip.php?article370' class=&#034;spip_in&#034;&gt;dans l'&#233;tude de f&#233;vrier 2024&lt;/a&gt;, l'enfant qui poss&#232;de &#224; l'esprit une histoire &#224; raconter, la d&#233;coupe en morceaux pour l'&#233;crire. Durant ce d&#233;coupage, il en perd le fil, il ne rend pas compte de la continuit&#233; des &#233;pisodes, mais les juxtapose les uns aux autres, donnant &#224; lire des bribes de repr&#233;sentation en discontinu. Comment analyser cette repr&#233;sentation scripturale de l'&#233;l&#232;ve ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il y a bien de sa part une tentative de discerner les ingr&#233;dients de l'histoire. Mais ce discernement ne proc&#232;de pas par d&#233;coupe de s&#233;quences narratives, il proc&#232;de par d&#233;coupe de sc&#232;nes ou de choses ou de personnes, sans aucune mise en perspective de chacune dans l'histoire. La pr&#233;gnance de la discontinuit&#233; notifie l'absence de conqu&#234;te de son autonomie par le r&#233;cit. Ceci expliquerait donc pourquoi les &#233;l&#232;ves &#233;crivent au pr&#233;sent : chaque d&#233;tail, chaque sc&#232;ne, est visible sans se surimposer sur un arri&#232;re fond, sans s'articuler &#224; un arri&#232;re-plan. Chaque fragment (phrase, syntagmes juxtapos&#233;s &lt;i&gt;etc.&lt;/i&gt;) se cl&#244;t sur lui-m&#234;me, se suffit &#224; lui-m&#234;me, il n'y a pas de temporalisation comme l'aurait exig&#233; une mise en perspective narrative. Il y a partition des sc&#232;nes et non r&#233;partition des sc&#232;nes pour former le continuum de l'histoire. La di&#233;g&#232;se (histoire) est perdue de vue, inaccessible pour le lectorat. L'&#233;l&#232;ve accumule des fragments, il ne les relie pas. Aussi, ces fragments ne convoquent aucune dimension temporelle. Ils ne s'inscrivent dans aucune temporalisation continue, alors que tout r&#233;cit, c'est inh&#233;rent &#224; sa d&#233;finition, exige la temporalit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette caract&#233;ristique explique que les premiers &#233;crits d'histoire d'enfants soient plut&#244;t descriptifs que narratifs : l'enfant montre beaucoup de chose, il juxtapose des objets, des faits, des actes, des comportements, des situations, et pour lui rien ne reste dans l'ombre. Tout se passe comme si pour l'&#233;l&#232;ve l'histoire relevait d'une configuration spatiale. Les &#233;crits des &#233;l&#232;ves de cet &#226;ge montrent qu'ils ne se sont pas appropri&#233; l'expression de la repr&#233;sentation temporelle requise par un r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant semble donc bien &#234;tre soumis &#224; la repr&#233;sentation figurative de ce qu'il a en t&#234;te mais sans op&#233;rer &#224; l'&#233;crit la liaison qui permettrait de construire l'histoire dans sa continuit&#233;, avec ses n&#339;uds, sa cha&#238;ne causative des &#233;v&#233;nements. Il &#233;crit une &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt; sans ressentir le besoin de justifier l'&#233;nonc&#233; de chaque fragment, la repr&#233;sentation fragmentaire l'emportant sur le repr&#233;sent&#233; global, ce qui rend l'&#233;crit difficilement compr&#233;hensible pour la personne qui le lit.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1019 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://quiero.fr/IMG/png/image4_mars_23.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH658/image4_mars_23-6bbe7.png?1789823795' width='500' height='658' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer cette r&#233;flexion, il est peut-&#234;tre utile de pr&#233;ciser pourquoi nous avons repris la d&#233;signation de &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt; qui est appliqu&#233;e &#224; la description telle qu'elle appara&#238;t dans l'&#233;pop&#233;e, s&#233;par&#233;ment de la narration et du r&#233;cit d'&#233;v&#233;nements formant le c&#339;ur de l'&#339;uvre. Raymonde Debray Genette exemplifie son propos par la description du bouclier d'Achille chez Hom&#232;re. &#171; Chaque sc&#232;ne [repr&#233;sent&#233;e sur le bouclier] est reli&#233;e par un &lt;i&gt;d&#233;&lt;/i&gt; ne r&#233;pondant &#224; aucun &lt;i&gt;men&lt;/i&gt;, ce qui &#233;quivaut &#224; : &#171; et ensuite, et ensuite &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 212 note 3.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cela prouve bien que &#171; la description, d&#232;s cette origine, disons dans notre litt&#233;rature, participe bien de la fragmentation du r&#233;cit, avant m&#234;me qu'elle n'acquiert son autonomie &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. p. 212.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans la gen&#232;se du r&#233;cit, donc, la description aurait, au d&#233;part, du mal &#224; &#234;tre int&#233;gr&#233;e. Elle le serait par le recours &#224; une juxtaposition de sc&#232;nes, de narrations de ces sc&#232;nes, comme le fait Hom&#232;re, sans lien causal entre elles. Si bien que &#171; Hom&#232;re (&#8230;) ne conna&#238;t pas l'arri&#232;re-plan. Ce qu'il raconte constitue toujours le pr&#233;sent et remplit enti&#232;rement la sc&#232;ne aussi bien que la conscience &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Erich, Auerbach, Mim&#233;sis. La repr&#233;sentation de la r&#233;alit&#233; dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'origine de l'effet esth&#233;tique, poursuit Auerbach, &#171; r&#233;side dans l'essence du style hom&#233;rique, qui est de pr&#233;sentifier les ph&#233;nom&#232;nes sous une forme compl&#232;tement ext&#233;rioris&#233;e, de les rendre visibles et tangibles dans toutes leurs parties, de les d&#233;terminer exactement dans leurs relations temporelles et spatiales &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. p.14.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; une r&#233;flexion sur une po&#233;tique historique de la description dont le mouvement &#233;volutif aurait amen&#233; la description &#224; conqu&#233;rir son autonomie &#224; l'&#233;gard de la narration. Ce qui est frappant, et peut retenir toute l'attention, est la similitude relative avec la difficult&#233; des &#233;l&#232;ves de l'&#226;ge du primaire jusqu'&#224; 12/13 ans (au moins), &#224; sortir de la &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt; pour &#234;tre capable d'inclure la description dans un r&#233;cit et donc d'articuler narration et description, d'&#233;crire une description narrativis&#233;e. En effet, quand Hom&#232;re d&#233;crit le bouclier d'Achille, il inscrit les repr&#233;sentations successives qu'il en fait en dehors de l'histoire &#233;pique proprement dite qu'il raconte. Ces descriptions ne portent pas d'indices ni de ce qui va advenir dans l'histoire ni de rappel de ce qui s'est pass&#233;. Ces descriptions par Hom&#232;re, comme celles &#233;crites par les &#233;l&#232;ves, ne vont chercher aucune justification et ne valent que pour elles-m&#234;mes, hors la globalit&#233; de l'histoire : elles sont hors de la di&#233;g&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire que la description &#233;crite enfantine refoule le r&#233;cit car y triomphe une figuration qui fait obstacle &#224; la continuit&#233; de l'histoire, au racontage et donc &#224; la narration. Le texte enfantin semble gratuit dans sa successivit&#233; juxtapositive. L'&#233;l&#232;ve souvent s'y sent en libert&#233; et il comprend difficilement qu'on lui dise qu'on ne comprend pas son texte, qu'on a du mal &#224; suivre les p&#233;rip&#233;ties. Le r&#233;cit &#233;crit, ou &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt;, de l'enfant ne r&#233;v&#232;le au lecteur aucune motivation intrins&#232;que au texte : et c'est pourquoi il est une description qui refoule l'histoire g&#233;n&#233;rale dans laquelle il devrait &#234;tre inclus. La &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt; enfantine m&#233;lange le r&#233;cit &#224; un arr&#234;t sur sc&#232;ne, sur personnage, sur lieu, si bien que le fil de l'histoire reste invisible, elle s'y perd, et la description absorbe avec gloutonnerie le r&#233;cit. Les &#233;l&#232;ves, en revanche vivent leur texte et ont du mal &#224; accepter de devoir le modifier. Ils sont dedans comme si la &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt; &#233;tait close sur elle-m&#234;me, ne s'adressant &#224; personne d'autre qu'&#224; celui ou &#224; celle qui l'&#233;crit. Dans cette &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt;, l'instance lectrice est oubli&#233;e autant que la narration de l'histoire est abolie. Leur texte ne nous parle pas mais il leur parle &#224; eux qui en parlent, qui le parlent. L'&#233;crit de la &lt;i&gt;description&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt; se cl&#244;t sur lui-m&#234;me, l'invraisemblance ne troublant en rien la satisfaction de l'enfant. L'enseignant pensera s&#251;rement que l'&#233;l&#232;ve &#233;choue &#224; mettre en histoire son r&#233;cit, mais ce n'est en rien le sentiment de l'enfant. En revanche, l'importance de l'observation et de la compr&#233;hension de ce qui est observ&#233; dans l'&#233;crit des &#233;l&#232;ves est av&#233;r&#233; pour l'enseignant qui veut mener les &#233;l&#232;ves vers l'&#233;criture d'histoire. Ce qui est essentiel c'est la capacit&#233; d'observation de l'enseignant ou de l'enseignante. De plus, les constats ci-dessus, issus de la pratique d'&#233;criture en situation scolaire &#233;prouv&#233;e durant des ann&#233;es, devraient mener &#224; reconsid&#233;rer l'&#233;criture descriptive et donc la production de textes de type descriptif au cours de la scolarit&#233; &#233;l&#233;mentaire et coll&#233;gienne. L'&#233;cole privil&#233;gie surtout la narration, ce qui s'appuie sur de justes raisons, mais si on prend en consid&#233;ration la n&#233;cessaire articulation de la description et de la narration pour cr&#233;er une histoire &#233;crite alors le texte descriptif devrait devenir une pr&#233;occupation dans l'enseignement de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des questions pratiques restent donc en suspens qui ont toutes partie li&#233;e &#224; celle laiss&#233;e ouverte par cette &#233;tude : quels sont les m&#233;canismes mentaux et cr&#233;atifs que les &#233;crivains au cours de l'histoire ont rencontr&#233;s et sur lesquels l'enfant au cours de la psychog&#233;n&#232;se de l'&#233;criture vient buter ? Le rapport du d&#233;veloppement de la repr&#233;sentation du monde chez l'enfant fournit-il des &#233;l&#233;ments concordant avec l'analyse ici expos&#233;e ? La psychogen&#232;se du r&#233;cit d'histoire y trouverait-elle quelque &#233;clairage ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href='http://quiero.fr/spip.php?article370' class=&#034;spip_in&#034;&gt;lire le blog &lt;i&gt;Sur&lt;/i&gt; &lt;i&gt;l'&#233;ducation&lt;/i&gt; de f&#233;vrier 2024 : &#171; Comprendre l'&#233;criture enfantine : le r&#233;sum&#233; de texte &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Debray Genette, Raymonde, &lt;i&gt;Les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;M&#233;tamorphoses&lt;/i&gt; &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Autour&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Flaubert&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions du Seuil, 1988, 315 p. &#8211; p.212.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Debray Genette, Raymonde, &lt;i&gt;Les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;M&#233;tamorphoses&lt;/i&gt; &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i&gt;r&#233;cit&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Autour&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Flaubert&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions du Seuil, 1988, 315 p. &#8211; p. 237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 212 note 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt; p. 212.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Erich, Auerbach, &lt;i&gt;Mim&#233;sis.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i&gt;repr&#233;sentation&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i&gt;r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i&gt;litt&#233;rature&lt;/i&gt; &lt;i&gt;occidentale&lt;/i&gt;, traduit de l'allemand par Cornelius Heim, Paris, Gallimard, 2007, 559 p. &#8211; p.13&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt; p.14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enseigner le lire, enseigner l'&#233;crire, enseigner l'&#233;crilire
</title>
		<link>http://quiero.fr/spip.php?article376</link>
		<guid isPermaLink="true">http://quiero.fr/spip.php?article376</guid>
		<dc:date>2024-03-06T21:37:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Geneste
</dc:creator>


		<dc:subject>Philippe Geneste
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici quelques pierres issues d'une pratique p&#233;dagogique concernant le lire et l'&#233;crire en situation scolaire. &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;tude de comportements verbaux d'&#233;l&#232;ves en proie &#224; un handicap ou &#224; une pathologie est, en g&#233;n&#233;ral, tr&#232;s riche d'enseignement pour la pratique p&#233;dagogique. L'erreur de l'institution est de chercher &#224; niveler les apprentissages au lieu de, partant de l'observation des &#233;l&#232;ves, puiser dans leurs cheminements d'appropriation des connaissances des pistes pour accommoder les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;Pour un enseignement cr&#233;atif du langage&#8230;
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Philippe Geneste
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L106xH150/bois_sous-bois_3-82ec2.jpg?1789823795' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voici quelques pierres issues d'une pratique p&#233;dagogique concernant le lire et l'&#233;crire en situation scolaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;tude de comportements verbaux d'&#233;l&#232;ves en proie &#224; un handicap ou &#224; une pathologie est, en g&#233;n&#233;ral, tr&#232;s riche d'enseignement pour la pratique p&#233;dagogique. L'erreur de l'institution est de chercher &#224; niveler les apprentissages au lieu de, partant de l'observation des &#233;l&#232;ves, puiser dans leurs cheminements d'appropriation des connaissances des pistes pour accommoder les enseignements aux jeunes esprits. Les travaux avec Philippe S&#233;ro-Guillaume sur l'apprentissage du langage par les jeunes sourds n'ont cess&#233; de nous confirmer du bien-fond&#233; de cette remarque. Par exemple, il est de simple observation de voir que plus un &#233;l&#232;ve est en difficult&#233; d'&#233;criture ou de lecture et plus il est confront&#233; &#224; des s&#233;ances o&#249; les t&#226;ches techniques l'emportent sur toute autre pr&#233;occupation. Les r&#233;sultats sont, de notori&#233;t&#233; commune, peu concluants. La contribution de ce mois-ci cherche &#224; comprendre pourquoi. Un apprentissage (ici celui de l'&#233;criture indissolublement li&#233; &#224; celui de la lecture), dans le cadre de l'enseignement, est toujours subordonn&#233; &#224; une finalit&#233;. Qu'en est-il donc pour l'apprentissage scolaire de l'&#233;criture et de la lecture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement officiel de l'&#233;criture la consid&#232;re comme une technique de codage. Par exemple, pour ce qui est l'apprentissage premier de la lecture et de l'&#233;criture&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;on appelle apprentissage premier de la lecture et de l'&#233;criture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, l'&#233;cole met l'accent sur les indices du code graphique et du code phonique et sur la correspondance grapho-phonique, avec pour vis&#233;e de mener les &#233;l&#232;ves &#224; d&#233;chiffrer un mot, une phrase. D&#232;s lors, le code grapho-phonique, donc le d&#233;chiffrement, devient la fin de l'enseignement. Or, si le code est une fin en soi, cela signifie que le sens ne l'est pas, qu'il est con&#231;u comme secondaire et qu'on ne travaillera sur le sens qu'apr&#232;s avoir acquis le code grapho-phonique. L'&#233;criture se trouve ainsi r&#233;duite &#224; une technique et &#224; une forme d'utilitarisme formel. C'est le choix de l'institution scolaire et de Dehaene promu, depuis quelques ann&#233;es, le monsieur lecture du minist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, il y a plus de trente ans, Foucambert&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Foucambert, Question de lecture, Paris, Retz, 1989, 159 p.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a montr&#233; que cette conception profite aux classes sociales ais&#233;es o&#249; le langage oral est moins distant du langage &#233;crit que chez les classes populaires. De plus, mais c'est li&#233;, la ma&#238;trise du code grapho-phonique est con&#231;ue comme la condition de l'&lt;i&gt;acc&#232;s&lt;/i&gt; au sens dont elle est pr&#233;alablement, pour les besoins de la programmation institutionnelle, s&#233;par&#233;e. Cette s&#233;paration est une erreur majeure, et elle explique que la ma&#238;trise du sens ne soit envisag&#233;e qu'en second lieu, tant dans l'apprentissage de l'&#233;criture que dans celui de la lecture&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On lira, sur ce sujet, avec grand int&#233;r&#234;t l'analyse de l'orthophoniste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Autrement dit cette conception, aujourd'hui badigeonn&#233;e de nappages neurologiques par Dehaene, oublie que tout travail d'&#233;criture na&#238;t d'un travail de repr&#233;sentation ; elle oublie en cons&#233;quence que la &lt;i&gt;transcription&lt;/i&gt; ne prend sens que corr&#233;lativement au travail de repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous dira peut-&#234;tre que privil&#233;gier des objectifs techniques (mise -ou remise- en route de m&#233;canismes mentaux, psycho-s&#233;miologiques et scripturaux) est bien n&#233;cessaire lors de l'apprentissage premier. Cette objection n'aurait de valeur que si ce travail technique n'&#233;tait pas coup&#233; d'un &lt;i&gt;&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;dire&lt;/i&gt; &#224; transmettre, c'est-&#224;-dire qu'il f&#251;t subordonn&#233; &#224; une vis&#233;e d'intention de l'&#233;l&#232;ve. Mais ce n'est pas le cas.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant dans la volont&#233; de faire sens, de saisir du sens que prend toute son importance la situation d'apprentissage &#233;labor&#233;e pour l'activit&#233; de lecture comme pour l'activit&#233; d'&#233;criture. On entre ici dans le domaine de la p&#233;dagogie constructiviste. La vis&#233;e technique de l'apprentissage doit &#234;tre subordonn&#233;e &#224; une vis&#233;e de discours palpable par l'enfant. Par exemple, on sait que la ma&#238;trise de la lecture suppose que le sujet lecteur refoule la technique de lecture dans l'inconscient : l'exc&#232;s de conscience de ce que l'on fait en lisant nuit &#224; la combinatoire des sens et des sch&#232;mes impliqu&#233;s dans l'acte&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces sch&#232;mes sont ceux de : l'audition, la vision, le cin&#233;tisme graphique, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce refoulement op&#232;re au b&#233;n&#233;fice de la sensification [La sensification, terme que nous reprenons &#224; divers travaux de Jean-Pierre Lepri]], c'est-&#224;-dire de la construction du sens, de la transmission d'un sens, de la d&#233;couverte de ce qu'un &#233;nonc&#233; signifie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si la sensification est jug&#233;e secondaire, alors le risque est couru de plaquer chez l'enfant une repr&#233;sentation rigide de l'&#233;crit o&#249; le jeu avec le signifiant (mot &#233;crit, mise en page, &lt;i&gt;etc.&lt;/i&gt; ; mot phonique, jeux d'intonation, &lt;i&gt;etc.&lt;/i&gt;) &#233;tant interdit, toute jouissance &#224; manipuler le mat&#233;riau linguistique est absente. Pour l'&#233;criture, se trouve alors entrav&#233;e l'inscription de la scription dans le &lt;i&gt;curriculum&lt;/i&gt; de l'enfant. En effet, comme l'&#233;crit Robert Lafont, la praxis linguistique s'appuie &#171; sur un soubassement biographique de plaisir ludique &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Lafont (sous la direction de), Anthropologie de l'&#233;criture, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde a pu observer un tout petit enfant qui laisse par accident une trace sur une surface plane : il la contemple puis recommence son geste en un acte gratuit, juste pour voir, juste pour refaire. La trace a provoqu&#233; chez lui un plaisir. La trace est une activit&#233; scripturale o&#249; se love le dessin. Le tra&#231;age, donc l'&#233;criture, comme tout ce qui rel&#232;ve de l'activit&#233; enfantine, se d&#233;veloppe au cours des &#226;ges. D'abord en boucle puis lin&#233;aire, la trace ne devient figurative que plus tard, lorsque vers trois ans l'enfant joue et jouit de la nomination. On le voit, l'expression phonique (la nomination) et l'expression graphique (devenir figure de la trace) sont li&#233;es. De m&#234;me c'est vers trente &#224; trente-six mois, c'est-&#224;-dire au moment o&#249; il acquiert le &#171; JE &#187;, donc au moment o&#249; il se pose comme sujet de discours et sujet de son discours, que l'enfant se lance dans l'exploration graphique des surfaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ses premi&#232;res ann&#233;es, y compris donc durant l'&#233;cole maternelle puis la premi&#232;re ann&#233;e de l'&#233;cole primaire, les enfants jouissent de la trace. Tout le monde reconna&#238;t que l&#224; est la source de l'&#233;criture, Or, cette activit&#233; scripturale primitive, premi&#232;re, peut se trouver r&#233;prim&#233;e par l'&#233;cole et autres institutions &#233;ducatives, sous pr&#233;texte de rationalisation codifiante. C'est dramatique car cette activit&#233; apporte de la joie &#224; l'enfant, qui y exerce une malice h&#233;donique li&#233;e &#224; une motivation spontan&#233;e &#224; l'expression. Voil&#224; un exemple de la mani&#232;re dont la rigidit&#233; de la repr&#233;sentation de l'&#233;crit peut s'installer et r&#233;primer le go&#251;t d'&#233;crire. La rationalisation codifiante, dont la programmation de l'apprentissage de la lecture et de l'&#233;criture organis&#233;e par les &lt;i&gt;Instructions&lt;/i&gt; &lt;i&gt;officielles&lt;/i&gt; de l'&#233;cole est une illustration, nuit &#224; la manipulation enfantine de la mat&#233;rialit&#233; de l'expression scripturale comme de l'expression orale. Elle nuit &#224; cette manipulation parce qu'elle a pour fil directeur l'imposition d'une norme du bien &#233;crire et du bien parler qui ne cherche pas &#224; int&#233;grer l'activit&#233; spontan&#233;e du tra&#231;age, du dessin. Obnubil&#233;e par cette orthop&#233;die scripturale li&#233;e &#224; une obnubilation pour une orthop&#233;die phonique, l'&#233;cole donne aux &#233;l&#232;ves une repr&#233;sentation techniciste et punitive du langage. De plus, l'&#233;cole se prive de l'activit&#233; de l'enfant qui, par et dans la manipulation du mat&#233;riau langagier, &#233;labore du sens ou voit du sens advenir de ses essais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cons&#233;quence de la focalisation sur les aspects &#233;troitement techniques est d'enfermer l'enfant dans le rattrapage scolaire, dans la rem&#233;diation ou dans les activit&#233;s de soutien, tous dispositifs qui isolent un aspect de l'&#233;criture ou de la lecture pour le travailler s&#233;par&#233;ment de l'acte de langage global. Pourtant, si l'institution scolaire &#233;tait attentive &#224; certaines pratiques de professionnels de la pathologie du langage, si elle impulsait des &#233;tudes et des monographies consacr&#233;es &#224; la pathologie du langage pour alimenter la formation des enseignants et enseignantes, elle saurait que c'est en mettant les techniques et les proc&#233;dures &#171; au service du sujet dans sa globalit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pou&#235;ch, op. cit. p.18.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; qu'elles sont dynamis&#233;es. C'est la seule mani&#232;re pour que &#171; tout ce qui n'a pas pu se symboliser [entre 0 et 7 ans notamment] c'est-&#224;-dire passer d'un &#233;tat d'existence neutre, ext&#233;rieure &#224; une existence signifiante pour soi &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. p.15.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; trouve une voie de r&#233;alisation. La pathologie du langage r&#233;v&#232;le que repr&#233;sentation verbale et repr&#233;sentation du monde vont de pair comme s'interp&#233;n&#232;trent le cognitif et le langagier. Parlant d'enfants dyslexiques, d'enfants dysorthographiques, Fran&#231;oise Pou&#235;ch &#233;crit : &#171; Ces enfants sont capables d'apprendre des techniques, de comprendre des &#233;nonc&#233;s courts encod&#233;s simplement, mais ils ne sont pas capables de se faire un mod&#232;le mental des situations que les textes refl&#232;tent ; encore moins, bien s&#251;r, de lire entre les lignes et d'entrer dans le monde de l'auteur &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1009 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://quiero.fr/IMG/jpg/oiseau_bassin_janv_2023.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH708/oiseau_bassin_janv_2023-f532e.jpg?1789823795' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Posons quelques pierres de r&#233;flexions que le cheminement de ce blog, en partie &#233;crit &#224; partir de l'&#233;clairage de la pathologie du langage, a mis au jour :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'enseignement de l'&#233;criture et l'enseignement de la lecture ne sont qu'un seul et m&#234;me enseignement. La d&#233;nomination d'&lt;i&gt;&#233;crilire&lt;/i&gt; utilis&#233;e par la p&#233;dagogie Freinet recouvre cette r&#233;alit&#233; dont les cons&#233;quences pour l'enseignement sont nombreuses.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il existe une activit&#233; spontan&#233;e de l'&#233;criture qui est la trace. L'exploration de la trace est donc partie prenante de l'enseignement de l'&#233;criture. L'enfant parle sur sa trace, lui donne du sens, il la lit, autant qu'il jouit du tra&#231;age : n'est-ce pas des points d'ancrage essentiels pour une p&#233;dagogie heureuse de l'imaginaire ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La compr&#233;hension d'un texte na&#238;t des interactions entre les diff&#233;rents niveaux d'int&#233;gration du langage (mot, phrase, texte). Mais il serait une erreur de partir du simple pour aller au complexe. En effet, l'enfant proc&#232;de du tout &#224; l'&#233;l&#233;mentaire et non l'inverse ; il proc&#232;de du sens &#224; la forme et non l'inverse. L'unit&#233; premi&#232;re de l'enseignement du lire-&#233;crire est donc le discours : un mot peut faire &#233;nonc&#233;, comme une longue phrase seule peut valoir un &#233;nonc&#233; complet, comme un texte est l'&#233;nonc&#233; &#224; comprendre.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La r&#233;alit&#233; du langage est &#233;minemment dialogique disaient Volochinov et Bakhtine. Aussi, la lecture qui peut appara&#238;tre comme une soumission &#224; l'autre poss&#232;de, en r&#233;alit&#233;, une dimension &lt;i&gt;re&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;cr&#233;atrice&lt;/i&gt; qui tient d'ailleurs &#224; l'activit&#233; d'auto-organisation &#224; l'&#339;uvre dans le langage. Dans ce sens, on dira que la lecture est une cr&#233;ation. L'&#233;criture est ainsi une r&#233;&#233;laboration de la parole au service de la reconstruction d'un r&#233;el. On est proche alors des conceptions de Vygotski pour qui l'&#233;crit r&#233;organise par r&#233;troaction la pens&#233;e et le langage oral. &#192; suivre ses recherches on en arrive &#224; l'hypoth&#232;se que l'acquisition de l'&lt;i&gt;&#233;crilire&lt;/i&gt; a sur le d&#233;veloppement cognitif un impact comparable &#224; celui qu'a eu, entre douze et vingt mois, le passage de l'intelligence sensori-motrice au mot. L'&lt;i&gt;&#233;crilire&lt;/i&gt; en effet ouvre une activit&#233; de connaissances du monde soud&#233;e &#224; une capacit&#233; de r&#233;flexion sur ces connaissances... de par l'enjeu m&#233;moriel de sa trace, en son silence captiv&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;on appelle apprentissage premier de la lecture et de l'&#233;criture l'enseignement du B.A.-BA ; on appelle apprentissage second de la lecture et de l'&#233;criture, l'apprentissage portant sur le sens des textes, sur leur compr&#233;hension. Par exemple, adapter les &#233;l&#232;ves &#224; des &#233;crits sociaux sp&#233;cifiques et chercher &#224; ce qu'ils les discriminent rel&#232;ve de l'apprentissage second de la lecture&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean Foucambert, &lt;i&gt;Question&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;lecture&lt;/i&gt;, Paris, Retz, 1989, 159 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On lira, sur ce sujet, avec grand int&#233;r&#234;t l'analyse de l'orthophoniste Fran&#231;oise Pou&#235;ch, &lt;i&gt;Pratiques&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;l'&#233;crit&lt;/i&gt; &lt;i&gt; :&lt;/i&gt; &lt;i&gt;comprendre&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;dialoguer&lt;/i&gt;, voies livres n&#176;82, octobre 1996, 20 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ces sch&#232;mes sont ceux de : l'audition, la vision, le cin&#233;tisme graphique, le cin&#233;tisme tactile, la phonation silencieuse ou non par laquelle la parole est ressuscit&#233;e pour accompagner le cryptage ou d&#233;cryptage de la trace&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Robert Lafont (sous la direction de), &lt;i&gt;Anthropologie&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;l'&#233;criture&lt;/i&gt;, CdCI/Centre Georges Pompidou,1984, 269 p. &#8211; p.26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pou&#235;ch, op. cit. p.18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. p.15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comprendre l'&#233;criture enfantine : Le r&#233;sum&#233; d'histoire
</title>
		<link>http://quiero.fr/spip.php?article370</link>
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		<dc:date>2024-02-03T11:16:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Geneste
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		<dc:subject>Philippe Geneste
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		<description>
&lt;p&gt;Nous nous proposons, ici, d'analyser des &#233;crits enfantins. Cherchant &#224; relier compr&#233;hension et production, nous avons circonscrit le r&#233;sum&#233; d'ouvrage pour constituer notre mat&#233;riau d'&#233;tude. &lt;br class='autobr' /&gt; Les textes sont tous &#233;crits par des &#233;l&#232;ves filles et gar&#231;ons entendants de classe de sixi&#232;me durant l'ann&#233;e scolaire 2009/2010. Nous donnons en illustration ces &#233;crits, car nous avons analys&#233;, non seulement le texte mais aussi la mise en page du texte. &lt;br class='autobr' /&gt;
La mise en page, l'organisation de l'espace de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;Pour un enseignement cr&#233;atif du langage&#8230;
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Philippe Geneste
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L150xH118/costte_en_cordes-5f1eb.jpg?1789823795' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='118' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous nous proposons, ici, d'analyser des &#233;crits enfantins. Cherchant &#224; relier compr&#233;hension et production, nous avons circonscrit le r&#233;sum&#233; d'ouvrage pour constituer notre mat&#233;riau d'&#233;tude.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les textes sont tous &#233;crits par des &#233;l&#232;ves filles et gar&#231;ons entendants de classe de sixi&#232;me durant l'ann&#233;e scolaire 2009/2010. Nous donnons en illustration ces &#233;crits, car nous avons analys&#233;, non seulement le texte mais aussi la mise en page du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en page, l'organisation de l'espace de la page appartiennent de plein droit &#224; la question de l'&#233;criture. Dans notre enseignement, nous l'appelons l'espage. Cet aspect est, en g&#233;n&#233;ral, d&#233;laiss&#233;, jug&#233; de peu d'importance, alors qu'il nous semble relever pleinement de la question de l'entr&#233;e de l'enfant dans l'&#233;crit, au m&#234;me titre que la notion de genre, par exemple, elle aussi, trait&#233;e avec beaucoup de d&#233;sinvolture, car jug&#233;e comme allant de soi, lors des lectures. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les &#233;crits d'&#233;l&#232;ves dont nous donnons trois illustrations, il y a du construit et du confus. La question compliqu&#233;e pour l'enseignant est de saisir le construit et de trier le construit du confus.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_996 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://quiero.fr/IMG/png/le_resume_de_texte.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH714/le_resume_de_texte-bec6a.png?1789823796' width='500' height='714' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rechercher&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;ce&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;que&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;l'&#233;l&#232;ve&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;a&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;construit&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;c'est-&#224;-dire&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;ce&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;qu'il&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;sait&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte appara&#238;t sans paragraphe et forme un bloc o&#249; tout se tient. Cette pr&#233;sentation signale une confusion entre texte et histoire. L'&#233;l&#232;ve veut tout dire en une seule phrase, cette phrase pouvant se prolonger ind&#233;finiment, tant que l'&#233;l&#232;ve juge qu'il lui reste encore &#224; dire. Cela signifie que l'&#233;l&#232;ve en reste &#224; une repr&#233;sentation indiscriminante, o&#249; l'&#224;-dire et le point final du dit s'agglutinent. Pour reprendre une id&#233;e &#233;clairante de Philippe S&#233;ro-Guillaume&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;ro-Guillaume Philippe, &#171; Nouvelles perspectives &#187;, Connaissances et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, l'&#233;l&#232;ve ne met pas l'histoire en perspective, il ne la d&#233;plie pas. L'enfant reste coll&#233; &#224; la particularit&#233;, &#224; la singularit&#233; de l'&#233;v&#233;nement qui l'a marqu&#233;. On imagine ais&#233;ment sa difficult&#233; &#224; entrer dans la probl&#233;matique de l'histoire. Nous avons fait travailler plusieurs classes du niveau sixi&#232;me et du niveau cinqui&#232;me sur la probl&#233;matisation de l'histoire d'un livre enfantin et cette remarque a &#233;t&#233; syst&#233;matiquement confirm&#233;e. Notons, ici, l'avantage des fables et de nombreux contes qui, par la pr&#233;sence de la morale qui les cl&#244;t, donnent une cl&#233; pour l'interpr&#233;tation du r&#233;cit au-del&#224; de la singularit&#233; de l'histoire cont&#233;e. Revenons aux r&#233;sum&#233;s des &#233;l&#232;ves. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les s&#233;quences narratives sont confondues en une seule s&#233;quence qui s'offre dans la confusion d'un ensemble o&#249; tout est m&#233;lang&#233;. Parfois, il s'agit d'une apparente confusion, car les m&#234;mes &#233;l&#232;ves, pr&#233;sentant oralement le livre, en d&#233;plient davantage l'histoire, l'explicitent. Mais, &#224; l'&#233;crit, l'&#233;l&#232;ve ne qualifie pas les &#233;v&#233;nements selon les &#233;tapes de l'histoire : ils sont confondus dans l'histoire. L'&#233;l&#232;ve ne se repr&#233;sente pas dans son expression &#233;crite la cha&#238;ne des causations qui construit l'histoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour premi&#232;re conclusion nous dirons que l'&#233;l&#232;ve n'arrive pas &#224; organiser le texte en structures de connaissances de l'histoire racont&#233;e par le livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Espace&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;de&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;la&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;p&#233;dagogie&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;du&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;texte&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; :&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;expression&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;et/ou&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;repr&#233;sentation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour trier le construit (ce que l'&#233;l&#232;ve a construit pour r&#233;aliser un r&#233;sum&#233; &#233;crit d'une histoire) du confus (ce que son r&#233;sum&#233; donne &#224; lire), l'enseignant doit chercher &#224; savoir comment s'op&#232;rent dans le discours de l'&#233;l&#232;ve les interactions des voix (usage des guillemets, des tirets, des virgules &lt;i&gt;etc.&lt;/i&gt;). Il doit chercher &#224; voir s'il y a diff&#233;renciation entre voix narrative g&#233;n&#233;rale (un narrateur ou une narratrice neutre) et voix narrative singuli&#232;re de personnages (utilisation de il/elle ou alors de je). Il doit voir s'il existe de la part de l'&#233;l&#232;ve un usage sp&#233;cialis&#233; de certaines structures (les temps, les pronoms, la coh&#233;sion nominale, la coh&#233;sion verbale). &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus pr&#233;sent &#224; l'oral encore qu'&#224; l'&#233;crit, l'usage de &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8230;&lt;/i&gt; ou bien de &lt;i&gt;puis&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;puis&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;puis&#8230;&lt;/i&gt; ou encore de &lt;i&gt;qui&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;qui&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;qui&#8230;&lt;/i&gt; m&#233;rite qu'on s'y arr&#234;te. Il nous semble permis de comparer cette construction d'&#233;l&#232;ve &#8211; car l'it&#233;ration est un type de construction &#8211; &#224; une organisation it&#233;rative du discours de l'&#233;l&#232;ve correspondant, au niveau de la psychog&#233;n&#232;se du raisonnement logique, &#224; une organisation it&#233;rative des &#233;v&#233;nements, soit : une fois, une fois encore, encore une fois &lt;i&gt;etc.&lt;/i&gt;, organisation qui est &#171; &#224; l'origine du nombre qui commence par &#234;tre une quantit&#233; de fois (au sens quantitatif de beaucoup de fois) avant de prendre le caract&#232;re que nous lui connaissons : tant de fois (cardination d'un ensemble) &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dolle Jean-Marie, La P&#233;dagogie &#8230; une science ? El&#233;ments pour une p&#233;dagogie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Donc, l'&#233;l&#232;ve scripteur raconte l'histoire en proc&#233;dant par la r&#233;p&#233;tition d'un m&#234;me acte &#224; contenu diff&#233;rent. Il ne joint pas les actes par une autre relation que l'it&#233;ration. L'ordre spatial lin&#233;aire de l'&#233;crit et la succession dans le discours valent pour ordination (au sens de mise en ordre) des &#233;v&#233;nements. Si le livre n'est pas fait d'anticipations et de r&#233;trospections, c'est, &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt;minima&lt;/i&gt;, la structure chronologique de l'histoire qui est livr&#233;e mais sans autre lien per&#231;u entre les &#233;v&#233;nements. Il suffit que le livre ne suive pas l'ordre chronologique (voir sur l'illustrations le r&#233;sum&#233; de &lt;i&gt;Les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Bizardos&lt;/i&gt; &lt;i&gt;r&#234;vent&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;dinosaures&lt;/i&gt; ou bien celui de &lt;i&gt;Mademoiselle&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Zazie&lt;/i&gt; &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt;trop&lt;/i&gt; &lt;i&gt;d'amoureux&lt;/i&gt;) pour que la confusion soit totale pour le lecteur non averti de l'histoire. On a alors un premier cas de figure o&#249; l'&#233;l&#232;ve ne per&#231;oit pas l'anticipation ou la r&#233;trospection et en inscrit le contenu dans la suite de l'organisation it&#233;rative. L'incoh&#233;rence de structuration de l'&#233;crit de l'&#233;l&#232;ve r&#233;v&#232;le un probl&#232;me de repr&#233;sentation &#8211; la causalit&#233; n'est pas ma&#238;tris&#233;e &#8211; en m&#234;me temps qu'elle montre un probl&#232;me d'expression. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un second cas de figure se manifeste quand l'&#233;l&#232;ve per&#231;oit l'anticipation ou la r&#233;trospection, et r&#233;tablit l'&#233;v&#233;nement l&#224; il doit survenir. Dans ce cas, la repr&#233;sentation chronologique de l'histoire c'est-&#224;-dire la structuration temporelle est acquise et seule l'expression &#233;crite de l'&#233;l&#232;ve est erron&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas de figure, un travail sur la chronologie est &#224; faire au niveau de la repr&#233;sentation. Dans le second cas de figure, l'effort p&#233;dagogique doit se concentrer sur l'expression de la structuration temporelle (emploi de temps, adverbes de temps, mots d'articulation logique et temporelle). Le travail porte alors sur l'expression et l'organisation du r&#233;cit (r&#233;sum&#233;) de l'enfant qu'il soit &#233;crit, dit ou sign&#233; (dans le cas d'&#233;l&#232;ves sourds s'exprimant en langue des signes). Pour l'&#233;crit, le manque des &#233;l&#233;ments logiques, spatiaux et temporels signalent un d&#233;faut de connexion textuelle, qu'il s'agira donc de travailler avec les &#233;l&#232;ves.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour seconde conclusion nous dirons que le p&#233;dagogue doit veiller &#224; situer l'intervention de reprise du texte &#8211; de r&#233;&#233;criture, donc&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est une question centrale pour une p&#233;dagogie de l'imaginaire ou p&#233;dagogie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8211; &#224; sa juste place : l'&#233;l&#232;ve est-il en difficult&#233; d'expression ou bien en difficult&#233; de repr&#233;sentation ? Parler, ici, comme l'institution scolaire le fait, de rem&#233;diation est absurde : il faut construire des dispositifs p&#233;dagogiques de r&#233;&#233;criture diff&#233;renci&#233;s selon le type de la difficult&#233; observ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;op&#233;rations&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;scripturales&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;en&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;pr&#233;sence&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;dans&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;le&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;r&#233;sum&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une histoire se pr&#233;sente comme un tout quand on ferme un livre. On y voit une continuit&#233; o&#249; s'imbriquent les &#233;v&#233;nements. R&#233;sumer l'histoire, la raconter, c'est : &lt;br class='autobr' /&gt;
1- &lt;i&gt;cr&#233;er&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i&gt;discontinuit&#233;&lt;/i&gt;, s&#233;parer ce que l'acte de compr&#233;hension a cherch&#233;, au contraire, &#224; lier. &lt;br class='autobr' /&gt;
2- &lt;i&gt;ordonner&lt;/i&gt;, mettre en ordre donc r&#233;agir compr&#233;hensivement &#224; un texte par lequel on s'est, auparavant, laiss&#233; porter. On r&#233;tablit la chronologie de l'histoire qui n'est pas celle du texte.&lt;br class='autobr' /&gt;
3- &lt;i&gt;composer&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire classer ce qui fait n&#339;ud, ce qui noue le r&#233;cit en histoire. Classer, composer, c'est &#233;liminer certains d&#233;tails. Les &#233;l&#232;ves, on le sait, on le voit dans les trois r&#233;sum&#233;s donn&#233;s en illustrations, ont tendance &#224; s'arr&#234;ter &#224; des d&#233;tails. Ainsi, demandez &#224; des &#233;l&#232;ves avec qui vous &#233;tudiez Le Chat Bott&#233; de Charles Perrault les p&#233;rip&#233;ties qui m&#232;nent au mariage du jeune meunier. La plupart vont citer l'&#233;pisode de l'ogre. Ce sera l'&#233;v&#233;nement marquant. Or, il n'y a pas plus de raison de citer cette p&#233;rip&#233;tie que celles des faucheurs et des moissonneurs ou celles des chasses du chat visant &#224; amadouer le roi. L'int&#233;r&#234;t que porte l'&#233;l&#232;ve &#224; tel type de p&#233;rip&#233;tie fait alors &#233;cran &#224; la compr&#233;hension de l'organisation de l'histoire et, par contre coup, &#224; la composition du r&#233;sum&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
4- &lt;i&gt;lier&lt;/i&gt;, rassembler par du liage, par des ligatures. Les &#233;l&#232;ves, proc&#232;dent souvent par composition additive. Ils ratent, alors, souvent, le sch&#232;me permanent, ce qui fait le fil de l'histoire c'est-&#224;-dire, au final, l'intrigue (il est courant que la mission d&#233;volue au h&#233;ros ou &#224; l'h&#233;ro&#239;ne ait cette fonction). Nous ne savons pas tr&#232;s bien le dire, mais c'est un peu comme si l'&#233;l&#232;ve s'attachait &#224; la variabilit&#233; des apports (les &#233;v&#233;nements qui arrivent dans la succession du texte) sans les relier &#224; la permanence du support (le fil de l'intrigue). L'&#233;l&#232;ve est attir&#233; par les &lt;i&gt;qual&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;ific&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;at&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;ions&lt;/i&gt; (ce qui survient : action de donner un caract&#232;re propre) mais sans construire le support permanent gr&#226;ce au rattachement duquel ces qualifications prennent valeur pour le r&#233;cit. Et le r&#233;sum&#233; qu'ils r&#233;digent va dans ce sens. Peut-&#234;tre que les ressorts des s&#233;ries t&#233;l&#233;visuelles ou les jeux vid&#233;o guerriers confortent l'&#233;l&#232;ve &#224; surfer sur l'&#233;cume des survenues d'&#233;v&#233;nements et non sur leur encha&#238;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;faire&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;progresser&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;les&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&#233;l&#232;ves ?&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Propositions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- donner des fragments d'histoire (vignettes d'une BD muette, par exemple ou d'un conte mis en BD). Les &#233;l&#232;ves devront construire une histoire coh&#233;rente en pla&#231;ant et d&#233;pla&#231;ant les vignettes, par essais et erreurs. On travaille la structure temporelle en passant par l'organisation dans l'espace. Les &#233;l&#232;ves cr&#233;ent du continu &#224; partir du discontinu de sc&#232;nes. &lt;br class='autobr' /&gt;
2- puis prendre un moment de l'intrigue, une &#233;tape pr&#233;cise, bien circonscrite. Donner des &#233;l&#233;ments ou des &#233;v&#233;nements venant qualifier des &#233;tapes de l'intrigue. On demande aux &#233;l&#232;ves de relever les &#233;l&#233;ments ou &#233;v&#233;nements qui s'identifient &#224; ce moment de l'intrigue et ceux qui sont diff&#233;rents. On fait travailler les &#233;l&#232;ves sur la conservation d'un &#233;v&#233;nement en tant que p&#244;le structurant d'une histoire. On cherche &#224; ce que l'&#233;l&#232;ve parvienne &#224; rep&#233;rer les identit&#233;s substantielles (qualifications) de tel moment de l'intrigue. &lt;br class='autobr' /&gt;
3- on propose deux suites d'&#233;v&#233;nements. On demande aux &#233;l&#232;ves de comparer une suite d'&#233;v&#233;nements avec une autre suite d'&#233;v&#233;nements et on leur demande de dire qu'elle est la cons&#233;quence pour l'histoire. Ce n'est plus le particulier des &#233;v&#233;nements qui compte mais le ou les liens qui les unissent. Alors qu'en 1 et en 2 on travaille sur la &lt;i&gt;figurativit&#233;&lt;/i&gt; de l'histoire, en 3, on travaille sur son &lt;i&gt;op&#233;rativit&#233;&lt;/i&gt;. En 3, en effet, ce n'est pas les &#233;v&#233;nements pris ind&#233;pendamment les uns des autres qui importent mais leur mise en relation car c'est cette mise en relation qui cr&#233;e l'histoire. On peut donc dire que c'est par l'op&#233;rativit&#233; que se cr&#233;e l'histoire alors que le traitement figuratif des &#233;v&#233;nements de la fiction ne peut cr&#233;er que des qualifications (caract&#233;risations de moments de l'histoire).&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, les r&#233;sum&#233;s donn&#233;s en exemple montrent que les &#233;l&#232;ves de sixi&#232;me &#233;chouent, pour beaucoup d'entre eux, dans l'op&#233;ration de mise en relation. Ils donnent l'histoire en bloc, comme nous l'avons analys&#233; plus haut, mais ne relient pas entre eux les &#233;v&#233;nements ; ils cherchent plut&#244;t &#224; r&#233;duire l'histoire &#224; un &#233;v&#233;nement unique. L'histoire ne se forme pas, la repr&#233;sentation di&#233;g&#233;tique&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A la suite de G&#233;rard Genette, on appelle di&#233;g&#233;tique ce qui est propre &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#233;choue faute d'op&#233;rativit&#233;. Il est ais&#233;, pour le p&#233;dagogue de savoir si l'&#233;l&#232;ve comprend un &#233;v&#233;nement, et l'&#233;tude des extraits d'&#339;uvres concourt &#224; cette t&#226;che importante. En revanche, il est plus malais&#233; de saisir l'op&#233;rativit&#233; car elle n'est pas visible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si je travaille en 1, je suis dans le figuratif. L'&#233;l&#232;ve transforme ses propres suites de vignettes, par t&#226;tonnement exp&#233;rimental. Il y a de l'op&#233;ratif dans cette activit&#233; de chaque &#233;l&#232;ve puisque la logique d'une histoire se construit. Mais ce qui domine c'est l'histoire construite, &#224; la fin, c'est les images mentales de l'histoire form&#233;e par la suite des vignettes telles qu'assembl&#233;es par l'&#233;l&#232;ve. Une r&#233;flexion qui vient &#224; l'esprit, c'est qu'avec la litt&#233;rature, on est le plus souvent dans le qualitatif donc dans le figuratif. Il faut travailler sur des textes de type de ceux de l'Oulipo &#8211; qui s'appuient sur des op&#233;rations explicit&#233;es, consciemment appliqu&#233;es &#8211; pour &#234;tre dans une litt&#233;rature qui repose principalement sur l'op&#233;rativit&#233;. Sinon, commun&#233;ment, les &#233;tapes d'une histoire sont comme les stases figuratives et c'est leur transformation qui implique des op&#233;rations (causations par anticipation ou r&#233;trospection). Essayons de pr&#233;ciser par une autre illustration. L'&#233;chec du Nouveau roman c'est d'avoir cru que la litt&#233;rature pouvait &#234;tre un jeu de logique. Or, ce jeu est, en grande partie, &#233;tranger au langage qui repose, lui, sur la coh&#233;rence syst&#233;matique et non pas sur une logique structurale&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce que Gustave Guillaume a parfaitement d&#233;montr&#233; sur la base m&#234;me de son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce jeu est donc aussi, en grande partie, &#233;tranger &#224; la fiction qui est, fondamentalement, &#339;uvre de langage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le jeune &#233;l&#232;ve qui ne relie pas ou mal les &#233;v&#233;nements, les qualifications, donc, qui n'arrive pas &#224; composer l'histoire, la pens&#233;e est labile : il saute d'un &#233;v&#233;nement &#224; l'autre, un &#233;v&#233;nement remplace le pr&#233;c&#233;dent &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;caetera&lt;/i&gt; selon cette organisation par it&#233;ration dont nous avons parl&#233; plus haut (&lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; ou bien de &lt;i&gt;puis&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;puis&#8230;.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;puis&lt;/i&gt;). Il ne r&#233;ussit pas &#224; faire des &#233;v&#233;nements des transformations cr&#233;atrices de nouvelles situations. Chaque &#233;v&#233;nement cr&#233;e &lt;strong&gt;la&lt;/strong&gt; situation de d&#233;part. O&#249; commence l'histoire se perd dans l'esprit de l'&#233;l&#232;ve &#224; chaque nouvelle impulsion donn&#233;e &#224; l'histoire par une p&#233;rip&#233;tie ou l'ouverture d'une nouvelle s&#233;quence narrative. L'histoire n'est pas con&#231;ue comme un tout &#8211; le tout qu'elle forme une fois la derni&#232;re page du roman tourn&#233;e &#8211;mais comme une succession de situations particuli&#232;res sans lien de n&#233;cessit&#233;. C'est parce qu'il n'y a pas de raisonnement &#224; partir des &#233;v&#233;nements et entre eux, que les r&#233;sum&#233;s d'histoire des &#233;l&#232;ves ne pr&#234;tent aucun sens g&#233;n&#233;ral &#224; ce qu'ils ont lu : si l'&#233;l&#232;ve ne donne aucune direction durant sa lecture du texte, la signification de l'histoire lui &#233;chappe ; elle lui &#233;chappe car il ne pr&#234;te aucune orientation signifiante &#224; la composition de ce qui se passe. C'est pourquoi le r&#233;sum&#233; &#233;crit par les &#233;l&#232;ves est emp&#234;ch&#233; de refl&#233;ter l'histoire (d'en rendre compte). L'&#233;l&#232;ve ne retient que la particularit&#233; des &#233;v&#233;nements, et il ne donne qu'&#224; des faits singuliers une importance &#224; &#234;tre retenus. &lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait dire que l'&#233;l&#232;ve n'arrive pas &#224; saisir le mouvement de l'histoire, les passages d'une &#233;tape &#224; l'autre. Cette absence de r&#233;flexion op&#233;rative, c'est-&#224;-dire portant sur les transformations di&#233;g&#233;tiques, l'emp&#234;che de cr&#233;er les invariants di&#233;g&#233;tiques &#224; partir desquels s'&#233;labore le sch&#232;me g&#233;n&#233;ral de l'histoire. L'&#233;l&#232;ve n'arrive pas &#224; cr&#233;er du continu &#224; partir du discontinu des &#233;v&#233;nements. Il s'attache aux &#233;v&#233;nements, &#224; certains &#233;v&#233;nements, il rate l'histoire ou s'y perd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons&#233;quences sur la lecture et enjeu de la r&#233;&#233;criture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; la lecture est mentalement structurante, c'est quand elle autorise les allers-retours (ce que n'autorise pas le film). Dans les allers-retours, se cr&#233;e une conservation des &#233;v&#233;nements en m&#234;me temps que s'institue dans la pens&#233;e la permanence du support, c'est-&#224;-dire le fil de l'intrigue. Le tout petit enfant tourne les pages d'un album sans revenir en arri&#232;re pour reprendre sa lecture ; l'enfant plus &#226;g&#233; sait retourner en arri&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi, en situation p&#233;dagogique de r&#233;sum&#233; de texte, l'enseignante ou l'enseignant il est essentiel de pr&#233;voir un passage de l'&#233;l&#232;ve producteur du r&#233;sum&#233; devant la classe. L'incompr&#233;hension que manifesteront les autres &#233;l&#232;ves devant son r&#233;sum&#233;, les explications dans lesquelles il va s'essayer pour leur r&#233;pondre vont aider l'&#233;l&#232;ve &#224; prendre conscience des insuffisances de son texte. Il y a l&#224; une source de motivation sociale qui rattache la production &#233;crite &#224; sa destination de lecture. C'est une n&#233;cessit&#233; pour &#233;viter &#224; l'enseignant ou l'enseignante de donner la correction car c'est &#224; l'enfant de construire une meilleure repr&#233;sentation du r&#233;cit et &#224; en &#233;laborer une expression au plus pr&#232;s convenante. L'&#233;l&#232;ve rectifie, compl&#232;te, &#224; l'oral. Il est ainsi pouss&#233; &#224; reconstruire ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit donc &#224; le transformer. Ensuite, on lui demande de r&#233;&#233;crire son texte. La r&#233;&#233;criture entre dans la perspective de favoriser la transformation op&#233;ratoire de l'&#233;crit. Pour que l'&#233;l&#232;ve progresse, il faut qu'il passe par la r&#233;&#233;criture ou re-cr&#233;ation de texte. C'est l&#224; que s'effectuent des transformations successives coordonn&#233;es par le sens que l'on veut rendre, dont il s'agit de rendre compte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre proc&#233;d&#233; pour travailler l'&#233;criture comme activit&#233; op&#233;ratoire du langage, c'est, apr&#232;s avoir fait cr&#233;er des po&#232;mes nonsensiques&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le lecteur d&#233;sireux d'en avoir une id&#233;e rapide pourra se reporter &#224; Philippe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, de demander aux &#233;l&#232;ves de justifier leur texte, vers &#224; vers en commen&#231;ant par la raison du sens de ce qu'ils ont &#233;crit. C'est un travail qui les surprend, et qu'il est bon de mener &#224; plusieurs donc par la confrontation en groupe d'&#233;l&#232;ves. Les lectures crois&#233;es des textes vont d&#233;velopper des lin&#233;aments de r&#233;ponses sens&#233;es aux interrogations pos&#233;es par le nonsensisme du po&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude du type de difficult&#233; que r&#233;v&#232;lent les r&#233;sum&#233;s &#233;crits d'histoire par des &#233;l&#232;ves d'une classe de sixi&#232;me n'est pas compl&#232;te. Il resterait &#224; explorer dans l'&#233;criture des &#233;l&#232;ves ce qui se fait jour du point de vue de la surnormativit&#233; et des proc&#233;d&#233;s parataxiques de grammaticalisation&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cadre de cette analyse a &#233;t&#233; pos&#233; par Philippe S&#233;ro-Guillaume et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais d'ores et d&#233;j&#224;, il appara&#238;t comme essentiel que le p&#233;dagogue accepte l'&#233;crit des &#233;l&#232;ves, de chaque &#233;l&#232;ve, comme un &#233;tat d'avancement de la structuration de l'expression &#233;crite et de la repr&#233;sentation verbale de chacun et chacune. Le p&#233;dagogue les accepte en prenant soin de saisir le lieu (repr&#233;sentation, expression, espage) o&#249; se manifestent les difficult&#233;s, phase &#244; combien d&#233;licate et difficile, mais qui fonde la p&#233;dagogie constructiviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les courants conservateurs en p&#233;dagogie assimilant le terme &lt;i&gt;accepter&lt;/i&gt; &#224; une sorte de laxisme dans l'enseignement, expliquons pourquoi il n'y a nul renoncement dans la m&#233;thode p&#233;dagogique ici propos&#233;e et pourquoi, d'ailleurs, elle est la seule &#224; pouvoir peser avec rigueur sur les m&#233;canismes d'apprentissage du langage. En effet, accepter ou accueillir&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mot est de Philippe Sero-Guillaume, &#171; Enseigner c'est accueillir &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; les &#233;crits permet de faire travailler l'&#233;l&#232;ve sur son &#233;criture. C'est l&#224; qu'interviennent deux facteurs cl&#233;s que sont la r&#233;&#233;criture et la confrontation aux autres. L'enjeu, en effet, pour faire progresser les &#233;l&#232;ves en mati&#232;re d'expression comme de repr&#233;sentation mentale de l'&#233;crit, c'est de les amener &#224; se rendre de plus en plus ma&#238;tres de la coordination des repr&#233;sentations mentales par un traitement op&#233;ratif des &#233;v&#233;nements et des faits, afin d'&#233;laborer du sens, comme nous l'avons montr&#233;. Pour cela il faut un parti pris constructiviste. Philippe S&#233;ro-Guillaume a raison quand il &#233;crit &#171; que seul un cadre th&#233;orique appropri&#233;, en mati&#232;re linguistique, en mati&#232;re de d&#233;veloppement cognitif comme en mati&#232;re de p&#233;dagogie, permettrait d'esp&#233;rer sortir des difficult&#233;s poignantes, pesantes, que rencontre l'enseignement du fran&#231;ais aux jeunes sourds &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe S&#233;ro-Guillaume, Langue des signes, surdit&#233; et acc&#232;s au langage, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; mais aussi aux jeunes entendants ajouterons nous. Et ce cadre th&#233;orique constructiviste doit &#234;tre approfondi car sur l'&#233;criture comme sur la lecture, l'application m&#233;canique de cadres th&#233;oriques livre des monstruosit&#233;s qui sont la cause des errements pluris&#233;culaires de l'enseignement. &#171; Nous ne savons pas encore tr&#232;s bien quelle est la d&#233;marche naturelle de l'apprentissage de la lecture et de l'&#233;criture, en d&#233;pit d'observations et d'exp&#233;riences provoqu&#233;es nombreuses &#187; &#233;crit Jean-Marie Dolle&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dolle Jean-Marie, La P&#233;dagogie &#8230; une science ? El&#233;ments pour une p&#233;dagogie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce que notre pratique nous enseigne c'est qu'il faut suivre l'enfant, chercher &#224; savoir o&#249; il en est pour esp&#233;rer trouver les dispositifs p&#233;dagogiques ad&#233;quats &#224; motiver sa progression. L'enjeu est bien de passer aux transformations op&#233;ratives, mais il n'y a pas de mode d'emploi fig&#233; car l'acquisition de la langue repose sur les m&#233;canismes g&#233;n&#233;raux du d&#233;veloppement de la pens&#233;e humaine. Et cela pour les jeunes sourds comme pour les jeunes entendants.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;S&#233;ro-Guillaume Philippe, &#171; Nouvelles perspectives &#187;, &lt;i&gt;Connaissances&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;surdit&#233;s&lt;/i&gt; n&#176;29 septembre 2009 pp.31-34&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dolle Jean-Marie, &lt;i&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i&gt;P&#233;dagogie&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;une&lt;/i&gt; &lt;i&gt;science ?&lt;/i&gt; &lt;i&gt;El&#233;ments&lt;/i&gt; &lt;i&gt;pour&lt;/i&gt; &lt;i&gt;une&lt;/i&gt; &lt;i&gt;p&#233;dagogie&lt;/i&gt; &lt;i&gt;scientifique&lt;/i&gt;, L'Harmattan, 2008, p.102&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est une question centrale pour une p&#233;dagogie de l'imaginaire ou p&#233;dagogie des apprentissages cr&#233;atifs du langage&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A la suite de G&#233;rard Genette, on appelle di&#233;g&#233;tique ce qui est propre &#224; la di&#233;g&#232;se c'est-&#224;-dire &#224; l'histoire relat&#233;e par la fiction ou le discours prenant la forme d'un r&#233;cit&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce que Gustave Guillaume a parfaitement d&#233;montr&#233; sur la base m&#234;me de son &#233;volution dans l'&#233;tude de la langue entre ses premiers opuscules (1911-1913 publi&#233;s chez Fischbacher : &lt;i&gt;&#201;tudes&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;grammaire&lt;/i&gt; &lt;i&gt;logique&lt;/i&gt; &lt;i&gt;compar&#233;e&lt;/i&gt; &lt;i&gt;-&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;pass&#233;s&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;l'indicatif&lt;/i&gt; &lt;i&gt;fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;allemands&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;russes&lt;/i&gt; puis &lt;i&gt;&#201;tudes&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;grammaire&lt;/i&gt; &lt;i&gt;fran&#231;aise&lt;/i&gt; &lt;i&gt;logique&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;&lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;lieu&lt;/i&gt; &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i&gt;mode&lt;/i&gt; &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;temps&lt;/i&gt;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; &lt;i&gt;l'espace&lt;/i&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Fascicule&lt;/i&gt; &lt;i&gt;1 :&lt;/i&gt; &lt;i&gt;l'Article&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Fascicule&lt;/i&gt; &lt;i&gt;2&lt;/i&gt;&lt;i&gt; :&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Temps&lt;/i&gt;) et Gustave Guillaume, &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Probl&#232;me&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;l'article&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;sa&lt;/i&gt; &lt;i&gt;solution&lt;/i&gt; &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i&gt;langue&lt;/i&gt; &lt;i&gt;fran&#231;aise&lt;/i&gt; paru en 1919 chez Hachette. Voir &#233;galement, Philippe Geneste, &lt;i&gt;Gustave&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Guillaume&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Jean&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Piaget :&lt;/i&gt; &lt;i&gt;contribution&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i&gt;pens&#233;e&lt;/i&gt; &lt;i&gt;g&#233;n&#233;tique&lt;/i&gt;, pr&#233;face d'Andr&#233; Jacob, Paris Klincksieck, 1987, p.23-25 et 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le lecteur d&#233;sireux d'en avoir une id&#233;e rapide pourra se reporter &#224; Philippe Geneste, &#171; La Po&#233;sie nonsensique en classe de coll&#232;ge &#187; &lt;i&gt;En&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Chantiers&lt;/i&gt; n&#176;10 septembre 2009, 4p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le cadre de cette analyse a &#233;t&#233; pos&#233; par Philippe S&#233;ro-Guillaume et travaill&#233; au s&#233;minaire &lt;i&gt;Pour&lt;/i&gt; &lt;i&gt;une&lt;/i&gt; &lt;i&gt;p&#233;dagogie&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;l'apprentissage&lt;/i&gt; &lt;i&gt;cr&#233;atif&lt;/i&gt; &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; langage&lt;/i&gt; des 23/25 novembre 2006 &#171; Cat&#233;gories grammaticales et analyse des productions des &#233;l&#232;ves sourds &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le mot est de Philippe Sero-Guillaume, &#171; Enseigner c'est accueillir &#187; Liaisons n&#176;10, 1996 pp.29-40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Philippe S&#233;ro-Guillaume, &lt;i&gt;Langue&lt;/i&gt; &lt;i&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i&gt;signes&lt;/i&gt;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;surdit&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;acc&#232;s&lt;/i&gt; &lt;i&gt;au&lt;/i&gt; &lt;i&gt;langage&lt;/i&gt;, Paris, Papyrus, 2008, p.97.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dolle Jean-Marie, &lt;i&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i&gt;P&#233;dagogie&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;une&lt;/i&gt; &lt;i&gt;science ?&lt;/i&gt; &lt;i&gt;El&#233;ments&lt;/i&gt; &lt;i&gt;pour&lt;/i&gt; &lt;i&gt;une&lt;/i&gt; &lt;i&gt;p&#233;dagogie&lt;/i&gt; &lt;i&gt;scientifique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;cit.&lt;/i&gt;, p.214.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>P&#233;dagogie pour un apprentissage cr&#233;atif du langage
</title>
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		<dc:date>2024-01-06T08:48:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Geneste
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		<dc:subject>Philippe Geneste
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		<description>
&lt;p&gt;Appelons p&#233;dagogie pour un apprentissage cr&#233;atif du langage une p&#233;dagogie qui s'enracine dans l'&#339;uvre productrice des &#233;l&#232;ves. &lt;br class='autobr' /&gt; En fran&#231;ais, &#233;crire, lire, parler, &#233;couter, dialoguer, converser, argumenter, controverser, pol&#233;miquer, etc. sont des actes de production. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, &#233;crire suppose un acte de lecture, parler un acte d'&#233;coute : les deux actes s'articulent l'un &#224; l'autre pour former un seul processus. Ce processus articule une dominante active et une dominante passive. Par exemple, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;Pour un enseignement cr&#233;atif du langage&#8230;
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Philippe Geneste
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L95xH150/portrait_a_rebours-5627e.jpg?1789823796' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Appelons p&#233;dagogie pour un apprentissage cr&#233;atif du langage une p&#233;dagogie qui s'enracine dans l'&#339;uvre productrice des &#233;l&#232;ves.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En fran&#231;ais, &#233;crire, lire, parler, &#233;couter, dialoguer, converser, argumenter, controverser, pol&#233;miquer, etc. sont des actes de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, &#233;crire suppose un acte de lecture, parler un acte d'&#233;coute : les deux actes s'articulent l'un &#224; l'autre pour former un seul processus. Ce processus articule une dominante active et une dominante passive. Par exemple, on peut dire que la lecture rel&#232;ve d'une op&#233;ration de r&#233;ception et donc qu'elle est plus passive que l'&#233;criture ; toutefois, on s'accordera &#224; dire que lire est bien une activit&#233;. La m&#233;thode pour un apprentissage cr&#233;atif du langage reconna&#238;t que les processus qui sous-tendent l'apprentissage des savoirs sont des op&#233;rations, que ces savoirs soient des savoirs notionnels ou bien, comme l'&#233;criture et la lecture des savoirs op&#233;rationnels. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette m&#233;thode p&#233;dagogique s'appuie donc sur le travail de l'imaginaire. Elle pourrait &#234;tre nomm&#233;e p&#233;dagogie de l'imaginaire ; toutefois, cette derni&#232;re d&#233;nomination renvoie davantage aux supports p&#233;dagogiques utilis&#233;s et aux objets d'enseignement cibl&#233;s qu'aux op&#233;rations effectu&#233;es par les &#233;l&#232;ves, ce qui est pr&#233;cis&#233;ment la vis&#233;e de la p&#233;dagogie pour un apprentissage cr&#233;atif du langage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d&#233;velopper les apprentissages cr&#233;atifs, le p&#233;dagogue doit &#233;viter les &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt;priori&lt;/i&gt;, ne pas croire aux th&#233;orisations toutes faites, se m&#233;fier des recettes didactiques. En revanche, les dispositifs qu'il met en place doivent &#234;tre con&#231;us de mani&#232;re &#224; lui permettre d'observer les &#233;l&#232;ves dans leur travail de production. Il cherchera alors &#224; d&#233;gager de cette observation augment&#233;e de l'&#233;tude des productions finales des &#233;l&#232;ves, les faits concrets o&#249; s'exposent les difficult&#233;s et les obstacles qui entravent les apprentissages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;tier de p&#233;dagogue requiert la connaissance des m&#233;canismes de la pens&#233;e enfantine pour, d&#233;celant des obstacles rencontr&#233;s par l'&#233;l&#232;ve, permettre &#224; celui-ci de d&#233;passer les &#233;tr&#233;cissements qui l'emp&#234;chent d'atteindre aux savoirs recherch&#233;s. On pourrait appliquer ici ce que Jean Piaget (1896-1980) &#233;nonce &#224; propos du langage dans son second article de psychologie g&#233;n&#233;tique : &#171; Le langage &#339;uvre des g&#233;n&#233;rations innombrables d'hommes faits et d'hommes en soci&#233;t&#233;, n'est en aucune mani&#232;re moul&#233; sur les concepts de l'enfant ; c'est &#224; ceux-ci, au contraire, &#224; se mouler sur celui-l&#224; et cette adaptation exige un travail tr&#232;s long et tr&#232;s complexe &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean, Piaget, &#171; Une Forme verbale de la comparaison chez l'enfant. Un cas de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce travail d'adaptation au langage de la communaut&#233; linguistique se r&#233;alise en un raisonnement de l'enfant qui s'appuie sur ce qu'il a d&#233;j&#224; construit de la langue et sur les formes du jugement qui sont propres &#224; l'enfant. S'il y a action d'adaptation au langage des adultes, si cette adaptation, comme tout un chacun peut le remarquer, prend du temps, c'est que l'enfant construit le langage. Construire le langage comprend construire l'usage des mots, de leur emploi, de leurs agencements, des phrases, des &#233;nonc&#233;s, en &lt;i&gt;discours&lt;/i&gt; et construire la &lt;i&gt;langue&lt;/i&gt; de la soci&#233;t&#233; o&#249; il grandit. L'enfant construit au fil des ann&#233;es les formes du discours en m&#234;me temps qu'il construit la langue. En aucun cas, il emmagasine la langue et le discours comme des clich&#233;s qu'il garderait en m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_989 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L429xH607/paysage_memoire_construction_reconstruction-54beb.jpg?1789823796' width='429' height='607' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Or, en mati&#232;re d'apprentissage du fran&#231;ais, la scolastique impose aux &#233;l&#232;ves la m&#233;morisation de r&#232;gles grammaticales et orthographiques. La scolastique est cette conception traditionnelle de l'acte d'enseignement, qui privil&#233;gie la passivit&#233; de l'&#233;l&#232;ve dans la relation p&#233;dagogique. Cette conception perdure &#224; travers les si&#232;cles. Elle a d'ailleurs trouv&#233; un portevoix caricatural avec le ministre actuel de l'&#201;ducation Nationale, Gabriel Attal dit &lt;a href='http://quiero.fr/spip.php?article341' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Abayattal&lt;/a&gt;. Pour la scolastique, la m&#233;morisation est la source de l'apprentissage. On sait, par les &#233;tudes de psychologie g&#233;n&#233;tique, que &#171; le propre d'un souvenir (&#8230;) est pr&#233;cis&#233;ment d'&#234;tre concret, individualis&#233; et li&#233; &#224; un jugement d'existence portant sur le pass&#233; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Piaget, B&#228;rbel Inhelder, avec la collaboration d'Hermine Sinclair-de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La personne va donc se souvenir d'un objet, d'un &#233;v&#233;nement, d'une date. Mais lorsqu'il s'agit d'id&#233;e, de raisonnement, ce n'est pas l'op&#233;ration m&#233;morielle de l'&#233;vocation qui entre en jeu mais celle de la reconstitution. Et pour reconstituer il faut organiser, r&#233;organiser ce qui a &#233;t&#233; vu, ce qui a &#233;t&#233; enseign&#233;, ce qui a &#233;t&#233; appris. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pour cela que la p&#233;dagogie pour l'apprentissage cr&#233;atif du langage part de ce travail de reconstitution par l'enfant. Pour mieux le dire, il s'agit d'un travail de reconstruction. Comment, puisqu'enseignant et enseignante ne sont ni dans le corps ni dans la t&#234;te de l'enfant, peuvent-ils prendre en compte ce travail mental des &#233;l&#232;ves ? En cr&#233;ant des situations p&#233;dagogiques o&#249; l'enfant agit, &lt;i&gt;fait&lt;/i&gt; &lt;i&gt;action&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;savoir&lt;/i&gt;. Parce qu'il applique sa r&#233;flexion, en exer&#231;ant sa cr&#233;ativit&#233; pour manipuler l'objet de l'apprentissage, l'&#233;l&#232;ve assimile le donn&#233; intellectuel ou perceptif &#224; ses sch&#232;mes mentaux et les accommode en retour. Ainsi, gr&#226;ce &#224; la situation p&#233;dagogique, l'enfant se met en position de g&#233;n&#233;raliser le sch&#232;me et ainsi construit-il au cours de l'acte d'apprentissage un sch&#232;me nouveau. Cette g&#233;n&#233;ralisation assure la conservation du sch&#232;me, ce qui a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e maintes fois par Piaget et toute l'&#233;cole de Gen&#232;ve. Soulignons que c'est parce que, durant la situation p&#233;dagogique cr&#233;&#233;e, l'enfant manipule un mat&#233;riau (langage, objet de savoir, autres), que l'enseignant peut observer ses d&#233;marches ou certaines d'entre elles : c'est l&#224; que la revendication de la limitation du nombre d'&#233;l&#232;ves par classe &#224; quinze ou vingt, pas plus, trouve sa motivation premi&#232;re, puisque moins il y a d'&#233;l&#232;ves et plus longtemps l'enseignant peut suivre chaque &#233;l&#232;ve dans le pas &#224; pas de son apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'&#233;cole continue &#224; proc&#233;der &#224; l'inverse de ce qui vient d'&#234;tre d&#233;velopp&#233;. Elle continue &#224; demander &#224; l'&#233;l&#232;ve d'aller &lt;i&gt;retrouver&lt;/i&gt; ce qui a &#233;t&#233; appris au cours pr&#233;c&#233;dent. L'&#233;cole montre par l&#224; qu'elle envisage les savoirs comme des sp&#233;cimens d'entomologistes conserv&#233;s dans du formol et rang&#233;s en des r&#233;partitoires &#224; tout jamais fig&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
La p&#233;dagogie pour l'apprentissage du langage combat cette conception car, pour elle, savoir est une action (et non le r&#233;sultat d'une imposition/impression), apprendre c'est agir (et non pas se souvenir). Agir c'est appliquer une action, cognitive ou plastique ou verbale ou corporelle, &#224; de nouvelles situations voire &#224; envisager la continuation &#224; lui donner. On parle alors de g&#233;n&#233;ralisation d'un sch&#232;me. La cons&#233;quence pour le p&#233;dagogue est qu'il doit chercher &#224; cr&#233;er des situations o&#249; l'&#233;l&#232;ve va r&#233;investir &#171; naturellement &#187; le sch&#232;me impliqu&#233; ou vis&#233; par l'apprentissage ou bien li&#233; &#224; l'apprentissage. Le but du p&#233;dagogue est que l'&#233;l&#232;ve reproduise le sch&#232;me pour, le reproduisant, assoir son acquisition, c'est-&#224;-dire institue en lui une nouvelle syst&#233;matisation des sch&#232;mes. Est-il besoin de pr&#233;ciser que reproduire un sch&#232;me c'est entrer dans une action nouvelle ce qui n'a rien &#224; voir avec le psittacisme scolastique qui fait r&#233;p&#233;ter un souvenir ? Quand l'&#233;l&#232;ve reproduit un sch&#232;me, il le reconstruit et, de ce fait, il &#233;largit l'assiette du sch&#232;me pour l'acquisition du savoir vis&#233;. Le sch&#232;me qui pr&#233;side &#224; la construction et le sch&#232;me construit ne sont pas dans une relation d'identit&#233; mais d'engendrement. Il ne s'agit en aucun cas d'identifier quelque sch&#232;me d&#233;j&#224; exerc&#233; par le sujet, mais de les retrouver en les activant ce qui entra&#238;ne leur transformation. &#171; De fa&#231;on constante et unanime, les sujets n'ont pas fix&#233; en leur m&#233;moire ce qu'ils voyaient, mais l'id&#233;e qu'ils s'en faisaient &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean, Piaget, B&#228;rbel Inhelder, avec la collaboration d'Hermine Sinclair-de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : cette affirmation met l'accent sur le travail accompli par le sujet, sur la transformation du r&#233;el sur lequel porte l'action, ici de perception. Les savoirs ne sont ni des objets &#224; aller chercher sur le rayonnage o&#249; sont class&#233;s les sp&#233;cimens de l'entomologiste ni dans les bo&#238;tes de clich&#233;s m&#233;moriels, ils sont des constructions du sujet en interaction avec le monde. La p&#233;dagogie pour un apprentissage cr&#233;atif du langage prend au s&#233;rieux la relation p&#233;dagogique en tant qu'une modalit&#233; de la relation au monde, con&#231;ue pour la construction des savoirs par les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;dagogie pour un apprentissage cr&#233;atif du langage d&#233;veloppe une conception du savoir qui s'oppose &#224; la conception scolastique qui identifie le savoir au souvenir. L'apprentissage cr&#233;atif du langage r&#233;cuse l'id&#233;e du savoir comme souvenir singulier et l'accueille comme un ingr&#233;dient en mouvement de la connaissance g&#233;n&#233;rale. C'est l'activit&#233; constructrice du sujet qui assure les acquisitions. La p&#233;dagogie pour l'apprentissage cr&#233;atif du langage ne nie pas le r&#244;le de la m&#233;moire mais celle-ci, qui fournit des concr&#233;tisations, des mod&#232;les singuliers, particuliers, sera d'autant plus utile que ces concr&#233;tisations et mod&#232;les singuliers reposeront sur des &lt;i&gt;&#233;v&#233;nements&lt;/i&gt; &lt;i&gt;p&#233;dagogiques&lt;/i&gt;, sur des situations o&#249; l'&#233;l&#232;ve, est en action, en train de faire quelque chose pour lui-m&#234;me dans le but de se saisir d'un contenu, d'un raisonnement, d'un objet de connaissance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est &#233;vident que les modalit&#233;s de l'acquisition induites par le type d'enseignement (les mani&#232;res de faire cours) ouvrent ou n'ouvrent pas &#224; cette g&#233;n&#233;ralit&#233; o&#249; l'humain embrasse le monde. Le choix de la m&#233;thode p&#233;dagogique, avec les situations cr&#233;&#233;es par les enseignants pour son effectuation, engage in&#233;luctablement une conception de la personne sociale humaine : la personne parce que le langage est construit par un sujet ; sociale, parce que le langage est une r&#233;alit&#233; interpersonnelle, collective et sociale d&#233;j&#224;-l&#224; et pour autant &#224; construire par l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nota Bene : le livre &#224; para&#238;tre aux &#233;ditions Quiero, r&#233;dig&#233; avec Philippe S&#233;ro-Guillaume &lt;a href='http://quiero.fr/spip.php?article344' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#192; bas la grammaire, pour un apprentissage cr&#233;atif du langage&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, donne des exemples concrets de dispositifs p&#233;dagogiques concernant l'&#233;criture en situation scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean, Piaget, &#171; Une Forme verbale de la comparaison chez l'enfant. Un cas de transition entre le jugement pr&#233;dicatif et le jugement de relation &#187;, &lt;i&gt;Archives de psychologie&lt;/i&gt;, 18-1921, pp. 141-172 &#8211; p. 141.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean Piaget, B&#228;rbel Inhelder, avec la collaboration d'Hermine Sinclair-de Zwart, &lt;i&gt;M&#233;moire&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;intelligence&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1968, 487 p. &#8211; p.448.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean, Piaget, B&#228;rbel Inhelder, avec la collaboration d'Hermine Sinclair-de Zwart, &lt;i&gt;M&#233;moire&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;intelligence&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1968, 487 p. &#8211; p. 457.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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