<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://quiero.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Quiero &#233;ditions</title>
	<link>https://www.quiero.fr/</link>
	<description> Adresse postale : c/o Marginales - Les Billardes - 04300 Forcalquier. Adresse virtuelle : quiero.editions AT quiero.fr Diffusion-distribution en librairie Serendip-Livres &amp; Paon diffusion
Agenda - Nouveaut&#233;s - Catalogue - &#192; para&#238;tre - John Doe
Des blogs avec textures &#224; d&#233;couvrir tous les mois&#8230;
Inscription &#224; la lettre de diffusion des &#233;ditions Quiero</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://quiero.fr/spip.php?id_rubrique=43&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Quiero &#233;ditions</title>
		<url>http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L144xH216/carte_quiero-22-cdee4.jpg?1789636748</url>
		<link>https://www.quiero.fr/</link>
		<height>216</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Journal de bord d'un atelier d'&#233;criture consacr&#233; au journal intime (mars et avril)
</title>
		<link>http://quiero.fr/spip.php?article524</link>
		<guid isPermaLink="true">http://quiero.fr/spip.php?article524</guid>
		<dc:date>2026-03-30T19:30:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Geneste
, Samuel
</dc:creator>


		<dc:subject>Philippe Geneste
</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le journal m'aide &#224; m'approprier de mani&#232;re critique les connaissances qu'il mobilise. Gr&#226;ce aux obstacles objectiv&#233;s il permet d'&#233;largir mes connaissances du milieu (classe, &#233;tablissement, intervenants ext&#233;rieurs, m&#233;diath&#232;que, ville d'Andernos) et d'y mieux accommoder mes actions. &lt;br class='autobr' /&gt; Mardi 2 mars 1999 &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le paradoxe : publier des journaux intimes. Je ne l'ai pas abord&#233; avec les &#233;l&#232;ves mais une circonstance de notre civilisation entre en &#233;cho avec ce paradoxe. C'est au XXe si&#232;cle que (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;Du journal de bord
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Philippe Geneste
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L150xH149/journal_de_bord4-d6933.jpg?1789818910' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le journal m'aide &#224; m'approprier de mani&#232;re critique les connaissances qu'il mobilise. Gr&#226;ce aux obstacles objectiv&#233;s il permet d'&#233;largir mes connaissances du milieu (classe, &#233;tablissement, intervenants ext&#233;rieurs, m&#233;diath&#232;que, ville d'Andernos) et d'y mieux accommoder mes actions.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 2 mars 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le paradoxe : publier des journaux intimes. Je ne l'ai pas abord&#233; avec les &#233;l&#232;ves mais une circonstance de notre civilisation entre en &#233;cho avec ce paradoxe. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est au XXe si&#232;cle que l'on s'est mis &#224; publier des journaux intimes, et &#224; notre &#233;poque des journaux non posthumes. Est-ce que la d&#233;marche de tenir un journal intime n'entre pas comme &#233;l&#233;ment pratique ( connaissance d'un savoir-faire ) d'un trait culturel et social de cette fin de si&#232;cle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Girard &#233;crit que le journal intime &#171; n'est qu'une occasion qui &#233;veille le sujet &#224; la vie &#187;. Faire toucher de la plume qu'au-del&#224; des objets, de la superficialit&#233; des activit&#233;s remplissant les emplois du temps (le loisir - marchandise) il y a soi, un sujet &#224; construire, ses r&#233;actions, ses &#233;motions, ses malaises, ses appels, ses r&#234;ves, ses espoirs, ses mythes, un sujet qui se construit, de pr&#233;f&#233;rence, dans un temps alenti par opposition &#224; la vitesse, qui rime souvent avec le remplissage quantitatif de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 4 mars 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lu dans &lt;strong&gt;Le Monde&lt;/strong&gt; d'aujourd'hui &#224; propos du dernier film de Philippe Garrel &lt;strong&gt;Le Vent de la nuit&lt;/strong&gt; : &#171; Philippe Garrel &#187; continue &#171; d'&#233;crire le journal intime d'une G&#233;n&#233;ration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour sur l'exp&#233;rience non probante de l'&#233;criture autobiographique avec la classe de quatri&#232;me de l'an dernier : le dispositif p&#233;dagogique, &#233;criture d'un journal intime sur une semaine puis &#233;criture d'un journal institutionnel sur une semaine aussi, enfin la conjonction des deux en une refonte, recr&#233;ation et r&#233;&#233;criture / r&#233;organisation compl&#232;te, a abouti &#224; une &#233;criture neutre et &#224; des textes interchangeables d'une personne &#224; une autre. Le personnel se changeait en un &#171; n'importe qui &#187;. Certes j'ai d&#251; aller trop vite vers l'autobiographie &#8211; c'est s&#251;r m&#234;me &#8211; mais il y a s&#251;rement plus. Le dispositif a absorb&#233; le personnel, il a amen&#233; l'&#233;l&#232;ve &#224; gommer les traces, que nous savons jaillissantes et comme telles &#233;pisodiques dans l'&#233;crit subjectif, de l'irruption authentique de la personne. Doit-on dire authentique ? non retenue ? vraie ? lib&#233;r&#233;e ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dit autrement : la forme a tu&#233; le sens, l'a tari plut&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficult&#233; de l'enseignement fond&#233; sur la production et la cr&#233;ation : monter des dispositifs incitatifs, inceptifs et o&#249; l'&#233;l&#232;ve ne se perde pas dans les sens qui surgissent lorsqu'on se pose face &#224; une page blanche, et en m&#234;me temps faire en sorte que le dispositif s'efface sous la pouss&#233;e de l'acte de production. Le dispositif permet, parce que mise en forme, la saisie de l'&#224;-dire ; mais il faut un m&#233;canisme inverse de refoulement du dispositif pour que le sujet exprime l'&#224;-dire. Dans ce dernier cas, le dispositif serait en quelque sorte le sch&#232;me repr&#233;sentatif sur lequel s'appuierait l'acte de scription pour exprimer les repr&#233;sentations de choses, de mots, de sensations de sentiments promues au dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si cela a quelque justesse, on comprend que le journal intime, par la simplicit&#233; du dispositif soit plus facile &#224; maintenir &#224; l'arri&#232;re-plan du dire, permettant &#224; des repr&#233;sentations diverses de plus ais&#233;ment se lib&#233;rer. Remarquons bien, qu'il faut toutefois qu'il y ait dispositif, pour que la distance entre soi et le dire de soi permette de laisser sourdre l'&#224;-dire de soi. Le filtre du dispositif c'est l'instance du d&#233;doublement sans lequel on reste englu&#233;, incapable de sortir de soi pour mieux &#8211; plus pleinement &#8211; &#234;tre soi.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire : et crier. &#201;crire : rire hors de (soi), rire de soi&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;crire c'est donc &#234;tre hors de soi, se mettre hors de soi&lt;br class='autobr' /&gt;
Et donc &#234;tre capable de rire de soi au besoin.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Document :&lt;br class='autobr' /&gt;
Une r&#233;flexion &#233;crite pour &lt;strong&gt;L'&#201;cole &#233;mancip&#233;e&lt;/strong&gt;, n&#176;9 du 16 mars 1999&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;P&#233;dagogues sans fronti&#232;res, Formation et interculturalit&#233; en Europe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pais num&#233;ro de &lt;strong&gt;Pratiques de formation&lt;/strong&gt; (1) centr&#233; sur &#171; le travail de l'interculturel : une nouvelle perspective pour la formation &#187; pr&#233;pare en fait le colloque &#171; P&#233;dagogie, &#233;ducation, formation et interculturalit&#233; en Europe &#187; des 21-24 septembre prochains (2). Ce colloque organis&#233; par le SEPSI (Situations &#233;ducatives, pratiques sociales et interculturalit&#233;) vise &#224; faire le point sur les pratiques p&#233;dagogiques et les recherches en &#233;ducation en Europe. Remarquons que cette d&#233;marche renoue avec l'attitude des praticiens en p&#233;dagogies nouvelles de la premi&#232;re moiti&#233; du si&#232;cle qui &#233;changeaient, correspondaient, se tenaient au courant des innovations, se rendaient sur place (voir la brochure en fac-simil&#233; publi&#233;e par l'EDMP (&lt;strong&gt;Les Ann&#233;es &#201;cole &#201;mancip&#233;e de C&#233;lestin Freinet (1920-1936)&lt;/strong&gt;, 100 F). Plus largement et c'est une probl&#233;matique majeure du num&#233;ro en question que souligne Ardoino &#171; Toute &#233;ducation, quelle qu'elle soit, est n&#233;cessairement reconnaissance et valorisation du pluriel et de la diversit&#233;, non seulement comme acceptation de r&#233;alit&#233;s autres (alt&#233;rit&#233;), vis-&#224;-vis desquelles toute ambition de ma&#238;trise (au sens d'un contr&#244;le et d'une domination) est vaine, mais aussi comme moyen de nous r&#233;aliser et de nous enrichir &#224; partir des acquis de l'exp&#233;rience et des &#233;changes. C'est la dialectique du sujet et des autres (...) qui se retrouve jusqu'&#224; travers une &#233;ducation d&#233;mocratique et citoyenne bien comprise &#187; (p.7).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la perspective du t&#226;tonnement exp&#233;rimental de Freinet un journal pr&#233;paratoire mensuel est annonc&#233; depuis d&#233;cembre, il a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par le livre de R&#233;mi Hess &lt;strong&gt;P&#233;dagogues sans fronti&#232;res&lt;/strong&gt; (3), journal ethnosociologique o&#249; sont confin&#233;s les r&#233;flexions, les activit&#233;s, les petits faits quotidiens, des observations centr&#233;es sur l'int&#233;rit&#233;, ou fait de vivre ensemble et savoir de l'&#234;tre ensemble, n&#233;ologisme de J. Demorgon, o&#249; se lisent les mots identit&#233; et alt&#233;rit&#233; (&#171; deux faces d'une seule et m&#234;me probl&#233;matique &#187; comme le montre tr&#232;s bien C. Xypas dans le num&#233;ro cit&#233; de &lt;strong&gt;Pratiques de formation&lt;/strong&gt;, mais aussi int&#233;riorit&#233;. Cette pratique du journal en ethnosociologie diff&#233;rencie les chercheurs fran&#231;ais en analyse institutionnelle de leurs homologues d'autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s'agit-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;mi Hess le d&#233;finit avec clart&#233; dans &#171; &lt;strong&gt;La Pratique du journal. L'enqu&#234;te au quotidien&lt;/strong&gt; (4) suite &#224; une discussion avec le psychologue Volker Saupe qui parle de &#171; subjectivisme radical &#187;, et l'anthropologue C. Wulf. R&#233;mi Hess nuance en pr&#233;cisant qu'un tel journal suppose une &#171; posture de s&#233;lection des observations, des r&#233;flexions et des commentaires &#187;, qui est certes un &#171; principe de constitution du je &#187; (p.106), donc une centration de l'&#233;criture du journal &#171; sur un moment &#187;, soit, dans &lt;strong&gt;P&#233;dagogues sans fronti&#232;res&lt;/strong&gt;, sur le &#171; moment &#187; de la &#171; recherche interculturelle &#187;. Cette &#233;criture va de pair avec des relectures (par soi ou par d'autres). R&#233;mi Hess &#233;crit ainsi dans son ouvrage sur le journal : &#171; Il est bien &#233;vident que le journal donn&#233; &#224; lire au lecteur est finalement un texte &#233;crit &#224; partir d'une perspective bien d&#233;termin&#233;e qui s'affine d'autant plus qu'&#224; la relecture, pour donner du sens et de la coh&#233;rence au journal, l'auteur supprime un bon quart du texte pour centrer son livre autour d'une probl&#233;matique &#187; (p.106) tr&#232;s pr&#233;cise voire pr&#233;cis&#233;e. Cette d&#233;fense de la pratique du journal en ethnosociologie &#8211; remarquons qu'une origine proche de cette pratique se donne &#224; lire dans les journaux de bord de classe, tenus par Raymond Fontvieille entre 1962 et 1968 &#8211; rel&#232;ve d'une volont&#233; de lier le &#171; v&#233;cu et le con&#231;u &#187; liaison &#171; source d'une grande cr&#233;ativit&#233; &#187;. On voit tout le parti p&#233;dagogique de la tenue du journal, puisqu'il devient un &#171; outil incontournable d'&#233;laboration de la pens&#233;e, une &#233;tape avant qu'elle prenne des formes plus traditionnellement constructives &#187; (Quatri&#232;me de couverture de &lt;strong&gt;P&#233;dagogues sans fronti&#232;res&lt;/strong&gt;, voir son commentaire dans &lt;strong&gt;La Pratique du journal. L'enqu&#234;te au quotidien&lt;/strong&gt; pages 105 &lt;i&gt;sv&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Geneste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
1. &lt;strong&gt;Pratiques de formation-Analyses&lt;/strong&gt;, n&#176; 37 / 38 f&#233;vrier 1999 245 p 140F (Pronzola, Univ Paris VII, 2 rue de la libert&#233;, 93526 SAINT - DENIS).&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Colloque P&#233;dagogues sans fronti&#232;res, 21 - 24 sept. 1999 Renseignements et inscriptions : R. Hess, dpt des Sciences de l'Education, Universit&#233; de Paris VIII, R R de la libert&#233; 93526 SAINT &#8211; DENIS.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. R&#233;mi Hess, &lt;strong&gt;P&#233;dagogues sans fronti&#232;res, &#233;crire l'int&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;, Paris, Anthropos, 1998, 293p 165F&lt;br class='autobr' /&gt;
4. R&#233;mi Hess, &lt;strong&gt;La Pratique du journal. L'enqu&#234;te au quotidien&lt;/strong&gt;, Paris Anthropos, 1998, 144p 98 F&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 17 mars 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Re&#231;u :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Philippe, &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourrais - tu me contacter ou me t&#233;l&#233;phoner afin que nous puissions arr&#234;ter ensemble la date du vernissage de l'exposition. Le vendredi 9 avril n'est pas un bon jour pour la vid&#233;oth&#232;que de Bordeaux dont nous sommes tributaires pour la projection du film.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je te remercie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Amiti&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
C. L.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ponse :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;C.,&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai d&#233;couvert trop tard ton fax pour te trouver &#224; la m&#233;diath&#232;que &#8211; en fait je suis rest&#233; dehors une grande partie de l'apr&#232;s-midi &#224; tenter de n&#233;gocier avec une colonie de taupes l'installation de leur cit&#233; d'utopie dans le jardin, et &#224; profiter du soleil en pr&#233;parant le congr&#232;s syndical des jours qui viennent. J'ai tent&#233; de t&#233;l&#233;phoner chez toi, mais ce n'&#233;tait pas la bonne heure. Comme demain et apr&#232;s-demain je serai pris jusqu'&#224; tard le soir par le congr&#232;s du S N E S, je t'envoie ce fax relatif au choix de la date du vernissage. Je te livre quelques donn&#233;es qu'il me semble utile de prendre en compte : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; les conseils de classe d&#233;butent le 29 mars et se terminent le 12 avril. Les conseils de classe se tiennent soit de 17h. &#224; 18h. soit&lt;br class='autobr' /&gt;
de 18h. &#224; 19h. et pour les enseignants et les personnels de direction c'est &#224; partir de 17h. jusqu'&#224; 19h.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me semble, si c'est compatible avec le calendrier de la m&#233;diath&#232;que, que le mieux serait de fixer le vernissage apr&#232;s le 12 avril : le 13, le 14, le 15 ou le 16 avril. A titre personnel je ne pense pas que le vendredi soit un bon jour mais je peux me tromper.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'essaierai de passer &#224; la m&#233;diath&#232;que, mais je pr&#233;f&#232;re te donner imm&#233;diatement ces informations.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai vu le cahier, superbe !, et le d&#233;but du travail de Mi. qui comme l'an pass&#233; me s&#233;duit totalement (c'est une double page consacr&#233;e par une &#233;l&#232;ve &#224; la mort de Barbara). Ayant eu le privil&#232;ge de voir une partie du film, je me dis qu'on va vers une tr&#232;s belle exposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; te voir ou &#224; te lire,&lt;br class='autobr' /&gt;
Amicalement&lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 20 mars 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal intime : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; se livrer des secrets par une expression silencieuse. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Garder en soi, mais regarder en soi et du coup en son for int&#233;rieur. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le carnet, le journal est l'enclos, l'&#233;crit trac&#233;, la place publique du moi et de l'autre moi sur laquelle passe ma vie en &lt;i&gt;jugement&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;conscience&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le journal intime qui s'ouvre, c'est une porte sur la connaissance de soi, du monde, des autres, des relations entre ces trois termes, une porte qui s'ouvre. &lt;i&gt;For&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i&gt;conscience&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;for&lt;/i&gt; &lt;i&gt;int&#233;rieur&lt;/i&gt;, nous dit le &lt;strong&gt;Dictionnaire Historique de la Langue fran&#231;aise&lt;/strong&gt;, et pour l'atteindre, une pratique quotidienne du journal.&lt;br class='autobr' /&gt;
La consigne que chacun et chacune se donnent bien souvent : &#224; nul &lt;i&gt;fur&lt;/i&gt; r&#233;v&#233;ler mon for int&#233;rieur et cependant &#224; &lt;i&gt;fur&lt;/i&gt; et &#224; mesure des jours et des lignes, s'exprimer donc, insciemment ou non, construire une repr&#233;sentation de soi &#224; travers la repr&#233;sentation des choses, des &#234;tres, des comportements consign&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 24 mars 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe &#224; la m&#233;diath&#232;que pour m'assurer que C.L. a bien re&#231;u mon fax. C'est le cas, elle a fix&#233; le vernissage de l'exposition le mardi 13 avril &#224; 19h. Elle m'annonce que la s&#233;quence &#171; No&#235;l &#187; du film va sauter, car trop dure &#224; r&#233;aliser filmiquement et d'autre part sur les conseils d'un professionnel la diction des phrases sera espac&#233;e. C.L. me demande pour la forme mon avis ; c'est un probl&#232;me li&#233; au film et je n'ai jamais outrepass&#233; mon domaine de comp&#233;tence en mati&#232;re de d&#233;cision : discussion donc de pure forme, et de ce fait une fois de plus biais&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mi., depuis embauch&#233;e en C.E.S. &#224; la m&#233;diath&#232;que, me montre le livre. C'est plein d'id&#233;es, et les textes sont &#233;videmment mis en valeur.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 25 mars 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe une nouvelle fois &#224; la m&#233;diath&#232;que pour donner la liste des adresses des &#233;l&#232;ves pour qu'ils re&#231;oivent chez eux, eux et leurs parents, l'invitation au vernissage.&lt;br class='autobr' /&gt;
En lisant le livre de Girard je me rends compte que l'expression &#171; journal du dehors &#187; &#8211; mis en pratique dans des classes par Simone Cixous en liaison avec Annie Ernaux, l'autrice de &lt;strong&gt;La Place&lt;/strong&gt; et d'un journal du dehors &#8211; vient probablement du &#171; journal externe &#187; oppos&#233; au journal interne par Gusdorf dans &lt;strong&gt;La D&#233;couverte de soi&lt;/strong&gt;. Le journal externe note des &#233;v&#233;nements, c'est &#171; une chronique du monde et des autres plut&#244;t que de soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 3 avril 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ception des cartes d'invitation au vernissage de l'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1677 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://quiero.fr/IMG/jpg/annonce_de_l_exposition_a_la_me_diathe_que_13_avril_1999.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH313/annonce_de_l_exposition_a_la_me_diathe_que_13_avril_1999-29dde.jpg?1789818910' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 13 avril 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention (voir ci-dessous, l'intervention au vernissage de l'exposition &#224; 19h.) &#224; la demande de C .L. et pour &#233;viter une introduction convenue par l'adjoint au maire.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la derni&#232;re ligne avant le soulagement du fardeau qu'est toujours une exposition : angoisse de l'accueil du public, angoisse de l'effectivit&#233; de la r&#233;alisation de l'exposition, interrogation de derni&#232;re minute &lt;i&gt;etc.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
100 &#224; 150 personnes ce soir entre 19h. et 20h. pour 81 gamins participant. C'est le signe d'une r&#233;ussite, d'une curiosit&#233; trouv&#233;e et saisie. D&#232;s demain je vois les 4&#176;, j'aurai des &#233;chos. Les &#233;l&#232;ves ont &#233;t&#233; tr&#232;s attentifs, cherchant la reconnaissance des mots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail d'O. pour le film est tr&#232;s int&#233;ressant. Rencontre avec de nombreux parents. Multiples discussions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soir apr&#232;s le vernissage avec Annie et Mil&#233;na on participe au buffet sympa organis&#233; par la m&#233;diath&#232;que. &#192; partir d'une discussion sur norme, r&#232;gle et politique en orthographe, longue discussion sur &#171; individu ou groupe &#187;, quelle dominante pour subvertir la soci&#233;t&#233;,.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Document du 13 avril 1999, 1h du matin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Geneste Philippe &#224; C. L. :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;re C.,&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai travaill&#233; sur la pr&#233;sentation de l'exposition avant le film comme tu me l'as demand&#233;, et comme nous en avons discut&#233;. Plusieurs sch&#233;mas d'intervention me sont venus. Je me suis appuy&#233; sur mon journal pour les travailler. J'ai retenu une pr&#233;sentation de synth&#232;se (8 minutes) o&#249; sont pr&#233;sents tous les acteurs, quelques questions majeures &#8211; &#224; mes yeux &#8211; pour la tenue de l'expo. J'esp&#232;re que cela te conviendra.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'arriverai &#224; 19h. puisque je viendrai de Bordeaux. Je travaille demain matin au coll&#232;ge et passe chez moi &#224; L&#232;ge &#224; midi / midi trente. En sortant je pense m'arr&#234;ter &#224; la m&#233;diath&#232;que sauf s'il est trop tard. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien amicalement&lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Intervention du 13 avril 1999, 15 h 15 avant le film&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant d'intervenir, en g&#233;n&#233;rique aussi au g&#233;n&#233;rique du film que nous vous proposons apr&#232;s, nous tenons &#224; remercier les &#233;l&#232;ves qui par leur confiance ont permis la tenue de cette exposition, ont permis de tenir le pari de cette exposition, remercier les parents qui n'ont point oppos&#233; un v&#233;to de d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard d'un projet &#224; contour disons incertain. Remercier &#233;galement le partenariat effectif du coll&#232;ge et de la m&#233;diath&#232;que, donc les acteurs institutionnels enfin remercier la m&#233;diath&#232;que (son &#233;quipe organisatrice dont O. O. qui a assum&#233; le film), qui a permis le financement du projet et son exposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisqu'il s'agit d'intercepter l'attention et d'introduire &#224; la suite filmique de l'exposition, je voudrais partir de remarques d'&#233;l&#232;ves, d'interventions de parents, pour souligner la difficult&#233; &#224; passer d'une communication priv&#233;e &#224; une communication sociale. D&#232;s le d&#233;part, il y a plus d'un an, et c'est toute la tension, les tensions, de cette exposition, nous avons &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; un paradoxe :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &#233;crire un journal intime donc voir s'ouvrir une singularit&#233;, un espace priv&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; exposer ce journal donc donner &#224; lire dans un espace public, des singularit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; mais exposer ce journal avec d'autres journaux de pr&#233;adolescents donc moins plonger dans des singularit&#233;s que dans la multiplicit&#233; du r&#233;el sous saisies subjectives multiples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Surmonter ce paradoxe a pour corollaire l'exigence de r&#233;ussites dans une cha&#238;ne de confiance des &#233;l&#232;ves &#224; l'enseignant, des parents aussi, confiance interinstitutionnelle entre coll&#232;ge et m&#233;diath&#232;que. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment r&#233;soudre ce paradoxe ? Une intimit&#233; publique ne peut &#234;tre que celle d'un groupe ; une intimit&#233; individuelle rendue publique n'est plus une intimit&#233;, mais un &#233;v&#233;nement m&#233;diatique ou un fait divers ou de l'exhibitionnisme ou du narcissisme ou d&#233;lation... mais justement l'intimit&#233; se perd. Or le regroupement de journaux intimes donne &#224; lire un &#233;tat social de la jeunesse andernosienne, une petite fresque de la relation au monde qu'entretiennent ces jeunes de septembre &#224; d&#233;cembre 1998 voire janvier 99. &lt;br class='autobr' /&gt;
La cl&#233; du paradoxe, enfin c'est 3 id&#233;es toutes simples qui tiennent du principe brechtien de la distanciation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;re id&#233;e &#8212; Distanciation interne ou mise &#224; distance de soi. Demander aux &#233;l&#232;ves de choisir des extraits de leur journal, ce sont des id&#233;es que vous pouvez lire, que vous allez entendre. Cette id&#233;e a plusieurs vertus :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Pragmatiquement&lt;/i&gt;, une participation active des jeunes au choix de l'&#233;quipe organisatrice de l'exposition, un choix du travail de sc&#233;nario qui va vous &#234;tre donn&#233; &#224; voir, aux choix plastiques qui seront faits &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Th&#233;oriquement&lt;/i&gt;, l'acte de relecture met l'&#233;l&#232;ve en position de recherche de l'autre moi : &lt;i&gt;Moyen de se reconna&#238;tre&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;P&#233;dagogiquement&lt;/i&gt;, se rendre ma&#238;tre de son &#233;crit, prendre conscience de la responsabilit&#233; personnelle qui accompagne tout acte d'&#233;criture.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Litt&#233;rairement&lt;/i&gt;, faire vivre ne serait-ce qu'un instant au plus grand nombre, le sentiment de la confiance en l'&#233;criture. Car si le journal intime renvoie souvent au doute de soi, il signifie aussi la confiance en l'&#233;criture du diariste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;me id&#233;e &#8212; Anonymer les textes pour que le travail d'exposition s'effectue. Pourquoi ? Parce que tenir un journal intime c'est comme le dit Alain Girard se r&#233;fugier dans le secret. L'anonymat c'est une mani&#232;re de rappeler cette v&#233;rit&#233; premi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Troisi&#232;me id&#233;e &#8212; Le travail plastique, cin&#233;matographique, d'&#233;criture lors du d&#233;coupage des sc&#233;narios du livre ou du film, sont autant de dispositifs qui mettent &#224; distance l'acte de cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'exposition peut devenir m&#233;diatrice, avoir la fonction d'un passeur en d&#233;signant une r&#233;alit&#233; sociale dans la singularit&#233; des actes. C'est penser que du social (&#233;critures de groupe) se diff&#233;renciera du singulier ou que, des singuliers it&#233;r&#233;s, regroup&#233;s na&#238;tra du social. Le journal intime en milieu institutionnel (scolaire / m&#233;diatique) est donc autre chose qu'un journal intime m&#234;me s'il en a tous les ingr&#233;dients. L'&lt;i&gt;extraction&lt;/i&gt; (la suite d'extraits) est l'op&#233;ration essentielle qui paradoxalement dans sa mise &#224; distance donne pouvoir au diariste (au jeune &#233;crivant), lui redonne la main dans une dimension sociale initi&#233;e finalement et contradictoirement par la demande m&#234;me faite &#224; 81 &#233;l&#232;ves d'&#233;crire un journal intime sur plusieurs semaines... Le film vous en dira plus, place aux mots intimes.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 14 avril 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 4&#176; vus ce matin sont fort heureux de l'expo. Je leur rends les journaux intimes. Je suis heureux de le leur retourner, c'&#233;tait un souci depuis janvier.&lt;br class='autobr' /&gt;
15h. entretien avec le journaliste de &lt;strong&gt;La D&#233;p&#234;che&lt;/strong&gt; sur l'exposition. Demain je rends tous les journaux intimes aux 5&#176;. Ce journal d'une exposition va donc se clore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais poursuivre la lecture de Girard, mais hors dessein de l'exposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fin. 17h.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Document :&lt;br class='autobr' /&gt;
Journal &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt;, jeudi 15 avril 1999&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;EXPOSITION. Journaux intimes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le vernissage de l'exposition : Les journaux intimes qui s'est d&#233;roul&#233; &#224; la m&#233;diath&#232;que d'Andernos, le 13 avril, a pr&#233;sent&#233; des extraits de journaux intimes des &#233;l&#232;ves du coll&#232;ge d'Andernos. Ces &#233;l&#232;ves ont &#233;crit, sous l'impulsion de leur professeur de fran&#231;ais, Philippe Geneste, un journal intime sur une p&#233;riode de plusieurs mois. Puis ils ont s&#233;lectionn&#233; des extraits de leur carnet et ont autoris&#233; la m&#233;diath&#232;que &#224; les exploiter pour la r&#233;alisation de l'exposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour mettre en valeur et illustrer ces fragments de journaux intimes, un film d'une vingtaine de minutes a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;, les repla&#231;ant, ainsi, dans un contexte proche de leur univers. Projet&#233; le jour du vernissage, les &#233;l&#232;ves ont pu d&#233;couvrir la mise en image de leur chronique.&lt;br class='autobr' /&gt;
En pr&#233;servant l'anonymat de ces &#233;l&#232;ves, ce court-m&#233;trage met en sc&#232;ne leurs loisirs, leurs pr&#233;occupations, le coll&#232;ge, l'actualit&#233;... tout ce qui fait la vie des jeunes andernosiens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce film a pu &#234;tre r&#233;alis&#233; gr&#226;ce au soutien de la vid&#233;oth&#232;que Bordeaux-Aquitaine. L'exposition pr&#233;sente un grand livre qui reconstitue, &#224; partir de la totalit&#233; des extraits, le journal intime de tous les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le public pourra d&#233;couvrir cette exposition jusqu'au 30 avril.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons que la m&#233;diath&#232;que est ouverte les mardis et jeudis de 15 heures &#224; 19 heures ; les mercredis et vendredis, de 10 heures &#224; 18 heures et les samedis de 10 heures &#224; 17 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renseignements compl&#233;mentaires au 05.56.03.93.93.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal de bord d'un atelier d'&#233;criture consacr&#233; au journal intime (f&#233;vrier 1999)
</title>
		<link>http://quiero.fr/spip.php?article523</link>
		<guid isPermaLink="true">http://quiero.fr/spip.php?article523</guid>
		<dc:date>2026-03-07T14:22:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Geneste
, Samuel
</dc:creator>


		<dc:subject>Philippe Geneste
</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Parce que le journal rend visible ce qui dans le feu de l'acte p&#233;dagogique s'effectue insciemment, il est un outil majeur de r&#233;flexion mais aussi de connaissance de soi en tant qu'enseignant. Le journal est un instrument simple et efficace d'auto-&#233;ducation. &lt;br class='autobr' /&gt; Lundi 1er f&#233;vrier 1999 &lt;br class='autobr' /&gt;
Debout 5 h 30 - J'ai cours toute la journ&#233;e ; je me l&#232;ve t&#244;t pour classer les textes des &#233;l&#232;ves pour l'exposition graphique / plastique. J'en ai pour une grosse demi-heure. Hier soir j'ai t&#233;l&#233;phon&#233; &#224; Mi. pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;Du journal de bord
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Philippe Geneste
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L150xH149/journal_de_bord3-5dd21.jpg?1789818910' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Parce que le journal rend visible ce qui dans le feu de l'acte p&#233;dagogique s'effectue insciemment, il est un outil majeur de r&#233;flexion mais aussi de connaissance de soi en tant qu'enseignant. Le journal est un instrument simple et efficace d'auto-&#233;ducation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 1er f&#233;vrier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Debout 5 h 30 - J'ai cours toute la journ&#233;e ; je me l&#232;ve t&#244;t pour classer les textes des &#233;l&#232;ves pour l'exposition graphique / plastique. J'en ai pour une grosse demi-heure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Hier soir j'ai t&#233;l&#233;phon&#233; &#224; Mi. pour m'assurer qu'elle serait pr&#233;sente mercredi de 14 h &#224; 17 h et lui confirmer que les groupes &#233;taient constitu&#233;s. Je lui ai parl&#233; de son intervention le 8 f&#233;vrier, ou plut&#244;t je lui ai fait transmettre le message par son mari.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je passerai probablement chez elle, ce matin, pour lui d&#233;poser les documents &#233;crits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir coup de fil de Mi., elle a bien re&#231;u mon mot. Elle m'affole en m'annon&#231;ant qu'elle ne sera pas l&#224; le mercredi 3 f&#233;vrier... moi j'ai pouss&#233; &#224; ce que les &#233;l&#232;ves s'inscrivent dans le cadre de la m&#233;diath&#232;que. Une fois de plus cette pr&#233;paration parcellaire de l'exposition, le groupe sc&#233;nario d'un c&#244;t&#233;, Mi. seule de l'autre, cafouille. &#192; juste titre, Mi. s'interroge sur l'ordre d'exposition et les choix. Seul un groupe pourrait en parler et avancer. C.L. en a jusqu'&#224; pr&#233;sent repouss&#233; la tenue, tr&#232;s pr&#233;occup&#233;e, je pense, par la r&#233;alisation du film. Mi. me dit qu'elle lui en parlera. On devrait donc avoir une r&#233;union d'ici le 18 f&#233;vrier sur l'exposition en g&#233;n&#233;ral. Pour ma part je crains l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; entre le film et la partie plastique, mais je suis trop ignorant, trop incomp&#233;tent dans l'un et l'autre domaine, pour intervenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche, je vois tr&#232;s bien certains dysfonctionnements du groupe, un groupe qui n'en est pas vraiment un, &#224; qui manque un ciment collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#232;ves attendent avec curiosit&#233; la rencontre avec Mi.. Les &#233;l&#232;ves demandent toujours si ils vont r&#233;cup&#233;rer leurs journaux intimes. Tout ceci est bon signe et donne la p&#234;che.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 3 f&#233;vrier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;res s&#233;ances des &#233;l&#232;ves &#224; la m&#233;diath&#232;que, avec Mi., la plasticienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois absents, un seul m'avait averti. C'est la preuve de l'int&#233;r&#234;t des &#233;l&#232;ves pour l'exposition. Un couac, en droite ligne logique du manque de coordination voulue par C.L. : Mi. a dit aux &#233;l&#232;ves qu'il y aurait un film. Nous souhaitions qu'ils le d&#233;couvrent le jour de l'exposition...&lt;br class='autobr' /&gt;
Coup de fil de C.L.. Prochaine r&#233;union samedi. Son neveu filmera durant une semaine dans Andernos lors des vacances. On sent que l'exposition est en phase de r&#233;alisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle aura lieu d&#233;but avril.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 6 f&#233;vrier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle s&#233;ance de travail &#224; la m&#233;diath&#232;que de 10 h 30 &#224; 12 h 40. &lt;br class='autobr' /&gt;
O., neveu de C.L. qui va assurer le film ; Ph. et L., des psychologues amis de C.L., F., C.L. et moi sommes pr&#233;sents. Comme le samedi pr&#233;c&#233;dent nous avons bien boss&#233; sur le sc&#233;nario, &#224; la recherche d'images.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le choix d'images qui ne commentent pas les textes et qui ne les r&#233;p&#232;tent pas est conserv&#233; &#8211; certaines s&#233;quences du film sont &#224; peu pr&#232;s cern&#233;es. D'autres doivent &#234;tre construites. C'est un travail tout &#224; fait int&#233;ressant et le fait de r&#233;fl&#233;chir &#224; plusieurs, comme samedi dernier, cr&#233;e un int&#233;r&#234;t suppl&#233;mentaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce travail me fait prendre conscience qu'au cin&#233;ma, et c'est pareil en photo, on charge symboliquement les images. Je crois comprendre du coup que le risque d'un film, c'est la surcharge de sens. Par exemple, nous tentons de sortir de (ou de ne pas entrer dans) ce travers en ayant une coh&#233;rence iconique pour chaque s&#233;quence s&#233;par&#233;ment. En revanche nous n'avons pas de sch&#233;ma iconique d'ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois on recherche les jointures. Le choix fait de pr&#233;senter un texte blanc sur tableau noir, comme dans les films muets, pour annoncer le passage d'une s&#233;quence &#224; une autre, autorise cette facilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours du d&#233;bat, nous avons eu la discussion : journal intime expos&#233; par subjectivit&#233; ou regard subjectif pour un ensemble (les journaux intimes) qui est de nature sociale. J'ai bien s&#251;r d&#233;fendu ce dernier point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 6 f&#233;vrier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Annie, ma compagne, lors d'un de ses jours de repos, discussion passionnante sur les journaux intimes expos&#233;s et sur le film. Annie n'a pas lu le sc&#233;nario. Mais elle avance une id&#233;e que je trouve tr&#232;s belle : filmer des feuilles mortes, puis une feuille de journal intime. On tourne autour de cette id&#233;e, on la fouille, on la creuse et on se dit &#224; partir de la visualisation d'Annie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;des feuilles mortes fondu une page fondu une page &lt;br class='autobr' /&gt; encha&#238;n&#233; blanche encha&#238;n&#233; &#233;crite&lt;br class='autobr' /&gt; ou&lt;br class='autobr' /&gt;
plong&#233;e sur des pas feuilles fondu feuille de feuille de&lt;br class='autobr' /&gt;
pied foulant mortes encha&#238;n&#233; papier quadrill&#233; papier&lt;br class='autobr' /&gt;
des feuilles mortes bruit des feuilles blanche quadrill&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; foul&#233;es bruit de feuille &#233;crite&lt;br class='autobr' /&gt; de papier bruit de &lt;br class='autobr' /&gt; feuille de &lt;br class='autobr' /&gt; papier tourn&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt; ou encore&lt;br class='autobr' /&gt;
Mar&#233;e fondue feuille fondu Mar&#233;e fondu feuille&lt;br class='autobr' /&gt;
basse encha&#238;n&#233; blanche encha&#238;n&#233; haute encha&#238;n&#233; &#233;crite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;quence &#224; placer avant la conclusion sur &#233;cran noir avec phrase qui d&#233;file. Donc quelques secondes purement visuelles.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 17 f&#233;vrier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de travail pour les classes auxquelles j'enseigne. Je n'ai pas repris ce journal depuis dix jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui 16h.20, C.L. m'appelle pour m'avertir que la r&#233;union de 17h. est annul&#233;e. Heureusement, je n'&#233;tais pas parti. Interpr&#233;ter cette annonce tardive ? Non, je laisse tomber c'est dans la droite ligne des oublis et reports ant&#233;rieurs. C.L. demande &#224; nouveau mon approbation sur le choix de ses amis psychologues : pourquoi ce besoin d'&#234;tre confort&#233;e dans ses choix ? Pourquoi craindre mon jugement ? Pourquoi ce type de question qui n'en est pas ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Je lui parle de la s&#233;quence suscit&#233;e par Annie (voir le 6 f&#233;vrier sa description).&lt;br class='autobr' /&gt;
C.L. prend note, &#233;met des r&#233;serves sur la possibilit&#233; technique de r&#233;aliser des fondus encha&#238;n&#233;s. Date nouvelle prise pour le jeudi 25 &#224; 17 h.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je lui parle des textes (citations) pour l'exposition : Locke, Amiel, Hess. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je lui envoie un fax, il est 18 h :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;C.L. voici des textes pouvant servir &#224; l'expo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonne fin de journ&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe&lt;br class='autobr' /&gt;
fax 17 f&#233;vrier 1999 18 h&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a presque rien d'aussi n&#233;cessaire pour le progr&#232;s des connaissances, pour la commodit&#233; de la vie et l'exp&#233;dition des affaires, que de pouvoir disposer de ses propres id&#233;es ; et il n'y a peut-&#234;tre rien de plus difficile dans toute la conduite de l'intelligence, que de pouvoir s'en rendre tout-&#224;-fait le ma&#238;tre. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Locke, Trait&#233; sur l'entendement humain, vol. 3, Londres, 1714, p. 425.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une id&#233;e qui me frappa est celle-ci : chaque jour nous laissons une partie de nous-m&#234;mes en chemin... Cette pens&#233;e est d'une m&#233;lancolie sans &#233;gale. Elle rappelle le mot du prince de Ligne : &#171; Si l'on se souvenait de tout ce que l'on a observ&#233; ou appris dans sa vie, on serait bien savant. &#187; Cette pens&#233;e suffirait &#224; faire tenir un journal assidu. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henri-Fr&#233;d&#233;ric Amiel, Journal intime, 8 octobre 1840.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1655 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://quiero.fr/IMG/jpg/ji_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH693/ji_1-a7122.jpg?1789818911' width='500' height='693' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jeudi 12 f&#233;vrier, Bernard Charlot me t&#233;l&#233;phone. Je lui dis que je pense beaucoup &#224; lui en &#233;crivant mon livre sur le journal.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pourquoi &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je lui rappelle que nous nous sommes disput&#233;s en r&#233;union de DEA &#224; propos de l'utilit&#233; du journal. Il me r&#233;explique sa position :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le journal peut &#234;tre un outil pour la recherche, mais il n'est pas le rendu de la recherche. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Personnellement, je pense que le journal est la recherche. M&#234;me si le rendu final prend une autre forme. C'est dans le journal que s'op&#232;re les transductions cr&#233;atives, les rapprochements de faits relevant de logiques diff&#233;rentes... Il faudrait que j'ajoute B. Charlot sur la liste des destinataires du livre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Discussion &#224; poursuivre. Lucette lit ce journal du journal. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;mi Hess, La Pratique du journal. L'enqu&#234;te au quotidien, Paris, Anthropos, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Saint-Gemme, vendredi 13 f&#233;vrier. Je re&#231;ois Fabrice Littam&#233;, journaliste &#224; l'&lt;i&gt;Union&lt;/i&gt; qui vient me rencontrer au sujet de l'article qu'il pr&#233;pare sur le livre de Paul Hess. Il a voulu me rencontrer chez moi... Litt&#233;raire, il a commenc&#233; une recherche sur G. de Nerval... Il s'int&#233;resse &#224; ma pratique de journal et souligne la tension qui m'habite entre la passion du d&#233;sordre (il me trouve plus &#171; anarchiste &#187; que mon grand-p&#232;re, au moins par les sujets que j'&#233;tudie) et une organisation m&#233;ticuleuse de mon temps et de mon &#233;criture... Je lui fais d&#233;couvrir mes archives, ma biblioth&#232;que... Avant son arriv&#233;e, et apr&#232;s son d&#233;part, je relis cet ouvrage que je corrige attentivement. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibidem&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tenir un journal est une pratique ancienne, une forme de recueil de donn&#233;es, que celui qui s'y livre utilise pour rassembler, au jour le jour, des notes et des r&#233;flexions sur son v&#233;cu, les id&#233;es qui lui viennent, ses rencontres, ses observations... Il est un outil efficace pour celui qui veut comprendre sa pratique, la r&#233;fl&#233;chir, l'organiser. L'objectif du journal est de garder une m&#233;moire, pour soi-m&#234;me ou pour les autres, d'une pens&#233;e qui se forme au quotidien dans la succession des observations et des r&#233;flexions. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibidem&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://quiero.fr/IMG/jpg/ji_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH660/ji_2-e18c6.jpg?1789818911' width='500' height='660' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 18 f&#233;vrier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi l'autobiographie est-elle plus inaccessible aux &#233;l&#232;ves de 4e que le journal intime ? Jusqu'&#224; pr&#233;sent je pensais que l'autobiographie &#8211; que je faisais faire l'an pass&#233; &#224; partir d'un journal intime et d'un journal institutionnel exclusivement centr&#233; sur la vie au coll&#232;ge &#8211; n&#233;cessitait une synth&#232;se de deux aspects h&#233;t&#233;rog&#232;nes de la vie, donc une interpr&#233;tation &#224; &#233;laborer. Le journal intime, en revanche, s'&#233;crit au fil des jours et des pens&#233;es. Se livrer n'est, certes pas, facile, mais c'est plus ais&#233; que de construire une sc&#232;ne personnelle en donnant sens &#224; des mat&#233;riaux h&#233;t&#233;roclites. Mais il y a une autre raison : l'autobiographie est une reconstruction qui veut assurer un sens &#224; sa vie, &#224; sa propre histoire. Par ailleurs, l'autobiographie est un genre, comme le roman... elle pr&#233;suppose des connaissances intertextuelles pr&#233;alables, elle implique une formalisation de l'&#233;crit. &lt;i&gt;A&lt;/i&gt; &lt;i&gt;priori&lt;/i&gt;, le journal intime &#233;chappe &#224; cette contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je trouve, chez Alain Girard, une confirmation de mon choix de ne pas annoncer &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; l'inscription des &#233;crits intimes dans une exposition publique. En effet, il &#233;crit dans son ouvrage de 1963 que pour le r&#233;dacteur d'un journal &#171; son registre n'est pas un ouvrage &#187; ; soit, dit tout simplement, la publication n'est pas compatible avec le projet du journal intime. Elle peut se r&#233;aliser, mais &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt;posteriori&lt;/i&gt;. Je dois creuser cette id&#233;e. Le livre de Girard devrait m'y aider. Dans la bibliographie de &lt;i&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i&gt;pratique&lt;/i&gt; &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i&gt;journal.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;L'enqu&#234;te&lt;/i&gt; &lt;i&gt;au&lt;/i&gt; &lt;i&gt;quotidien&lt;/i&gt;, R&#233;mi Hess dit de lui qu'il est remarquable.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 21 f&#233;vrier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exposer des journaux intimes, c'est moins plonger dans les subjectivit&#233;s secr&#232;tes &#8211; surtout si les textes sont anonymes comme dans cette exposition &#8211; que souligner l'in&#233;puisable complexit&#233; du r&#233;el ou mieux, car le terme de complexit&#233; entra&#238;ne l'id&#233;e d'une coh&#233;rence organisatrice, la multiplicit&#233; du r&#233;el sous saisies subjectives multiples. Ce qui est remarquable c'est, qu'alors que les saisies visent la particularit&#233; la plus singuli&#232;re pour chacune d'entre elles, leur mise sous commun regard offre une relative g&#233;n&#233;ralit&#233; de la pr&#233;adolescence d'une cit&#233;, une trame insciente de r&#233;actions, fond de tableau en relief duquel s'imposent certes des discordances mais des discordances sur un ordonnancement secret, diffus et de nature sociale, collective en tout cas.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 22 f&#233;vrier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi l'anonymat ? Parce que tenir un journal c'est toujours, comme le dit Alain Girard, se r&#233;fugier dans le secret.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au niveau d'une exposition paradoxale (puisque collective et centr&#233;e sur le journal intime), l'anonymat est une mani&#232;re de rappeler cette v&#233;rit&#233; premi&#232;re de l'invention du journal intime. Un panneau, au d&#233;but de l'exposition rendra aux auteurs leur d&#251; en notant la liste des trois classes (le nom de tous les &#233;l&#232;ves de ces trois classes) y compris le nom de ceux qui, ayant refus&#233; d'&#234;tre expos&#233;s, ont particip&#233; aux &#233;changes, &#224; la gen&#232;se de cette exposition. Les &#233;l&#232;ves concern&#233;s ont &#233;t&#233; avertis de cette disposition et l'ont tous imm&#233;diatement accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH682/eleves-01c44.png?1789818911' width='500' height='682' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 24 f&#233;vrier 1999.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fax re&#231;u de C.L : la r&#233;union &#224; la m&#233;diath&#232;que pr&#233;vue &#224; 17h. est annul&#233;e. Le fax a mal fonctionn&#233;, d'o&#249; les blancs du d&#233;but :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Philippe,&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le d&#233;but... nous avons commenc&#233;... Nous nous rendons compte... beaucoup d'images pour&#8230; Demain jeudi nous partons &#224; Bordeaux pour enregistrer les voix des jeunes. La r&#233;union de jeudi soir est annul&#233;e car nous ne serons pas de retour &#224; temps. T&#233;l&#233;phone - moi chez moi afin que je te tienne au courant de l'avancement du film, et afin que nous fixions une date de r&#233;union.&lt;br class='autobr' /&gt;
Amiti&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
C. L.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;jeudi 25 f&#233;vrier 1999 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Geneste Philippe &#224; C. L.&lt;br class='autobr' /&gt;
Merci de ton fax, j'ai pris note du report de la r&#233;union.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ce travail doit &#234;tre enthousiasmant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; bient&#244;t pour une nouvelle r&#233;union de travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bon courage pour ta journ&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
G Ph.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 27 f&#233;vrier 1999 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 12 h 30, coup de t&#233;l&#233;phone de C.L.. Elle me tient au courant de l'avanc&#233;e du film. C'est magnifique. O. travaille sur le montage, ils y ont travaill&#233; d&#233;j&#224; avec Ph. qui a fourni du mat&#233;riel &#224; O.. La carte vid&#233;o de l'ordinateur de la m&#233;diath&#232;que ne permettant pas le montage. L'enregistrement de la lecture par deux enfants bordelais est achev&#233; : 25 minutes, il faut couper un peu. C.L. me dit ce qu'elle a choisi, me demande mon avis ; je trouve les 2 passages coup&#233;s judicieusement choisis, mais encore une fois je ne sais pas quel est le statut de ces demandes apr&#232;s coup et qui ne me semblent l&#224;, pour C.L., que pour recevoir une r&#233;ponse positive (valeur de confirmation de soi, peut-&#234;tre ?) ; en tout cas cela ne rel&#232;ve pas d'un v&#233;ritable &#233;change et d'un vrai dialogue. Je le prends donc &#224; titre d'information et donne mon avis sur cette information : ce n'est pas un avis sur le processus de cr&#233;ation du film lui-m&#234;me auquel je me sens en apport ponctuel et limit&#233; (limites que j'ai revendiqu&#233;es lors des rares r&#233;unions car je n'ai pas de comp&#233;tences dans le domaine du tournage, du montage...).&lt;br class='autobr' /&gt;
Par rapport aux propositions issues des r&#233;flexions d'Annie, l'id&#233;e de la feuille n'a pas retenu leur attention. Ils ont repris l'id&#233;e mar&#233;e haute / mar&#233;e basse ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#233;criture d'une phrase de journal intime sur le sable, mar&#233;e basse&lt;/li&gt;&lt;li&gt; mar&#233;e haute, phrase effac&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Au fond de moi je trouve cela un peu st&#233;r&#233;otyp&#233;. Mais je me retiens de le dire car depuis la r&#233;union du 23 janvier je vis la relation avec C.L. et le pseudo groupe d'organisation de mani&#232;re tendue, sans changement dans le mode de fonctionnement de ce groupe. Alors aujourd'hui, je ne pointe pas le st&#233;r&#233;otype. Je propose d'inverser les images pour terminer sur une trace. Au fond je pense qu'il serait bien que la phrase soit dite puis que reste l'image de la phrase sur l'image, l'&#233;criture devant emporter le dernier mot.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;J'apprends aussi par ce coup de fil que les amis psychologues de C.L. ont mis les enfants du mari dans le film lors de la s&#233;quence consacr&#233;e &#224; la sc&#232;ne de la chambre d'adolescent&#8230; dans le moment du tournage on doit parer au plus press&#233;, ceci explique peut-&#234;tre cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C.L. m'apprend que Mi. est d&#233;&#231;ue par les productions des &#233;l&#232;ves. Comment Mi. pourrait-elle &#234;tre d&#233;&#231;ue, quand elle n'a m&#234;me pas fait travailler les &#233;l&#232;ves avec elle ? Quand elle leur a fait un discours pour toute explication ? quand elle ne leur a fait aucune d&#233;monstration de son art ? Et puis n'&#233;tait-ce pas ce qu'elle voulait : des id&#233;es qu'elle retravaillerait elle, qu'elle mettrait en forme, elle, en biffant le texte le cas &#233;ch&#233;ant (&lt;i&gt;cf.&lt;/i&gt; la r&#233;union de d&#233;cembre &#8211; avant le d&#233;but de ce journal &#8211; et les remarques faites dans ce journal le 17 janvier). Une nouvelle fois je note un dysfonctionnement dans la relation avec l'intervenant ext&#233;rieur (terme utilis&#233; dans l'&#201;ducation Nationale). Celui-ci prend-il la mesure de ce que c'est que travailler avec des &#233;l&#232;ves ? Dans le cas pr&#233;sent, la r&#233;ponse est claire, non. Pour moi ce n'est pas ici un grave probl&#232;me en termes d'exposition, car le travail de Mi. participe de la mise &#224; distance, dispositif important dans la r&#233;solution du paradoxe inh&#233;rent &#224; cette exposition. En revanche, c'est un probl&#232;me du point de vue de la relation du pseudo-groupe d'organisation aux travaux des &#233;l&#232;ves, qui apparaissent bien comme des mat&#233;riaux. Le ratage par Mi. de la participation des &#233;l&#232;ves au livre d'art, qu'elle va faire &#224; partir de fragments de journaux intimes ayant eu l'aval des &#233;l&#232;ves au pr&#233;alable, est le signe de cette conception des productions d'&#233;l&#232;ves. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nuan&#231;ons, les &#233;l&#232;ves ont eu le fragment entre leurs mains auparavant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nuan&#231;ons, l'exposition est une collaboration coll&#232;ge / m&#233;diath&#232;que, soit ici production d'&#233;l&#232;ves d'un c&#244;t&#233; / professionnels de l'exposition de l'autre. Ceci &#233;tait clair au d&#233;part sauf pour la partie graphique o&#249; l'exposition de certains travaux d'&#233;l&#232;ves &#233;tait envisag&#233;e. Mi. avait remis les choses &#224; leur place lors de cette r&#233;union de d&#233;cembre en insistant sur le n&#233;cessaire retravail professionnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La participation des gamins a donc &#233;t&#233; une sorte de tentative pour Mi., pas vraiment une collaboration. En fait je ne sais pas trop interpr&#233;ter cette r&#233;action de Mi. rapport&#233;e par C.L..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 h 30. &#192; l'invitation de C.L. je me rends &#224; la m&#233;diath&#232;que o&#249; elle travaille avec O. sur le montage du court-m&#233;trage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Accueil chaleureux. Je m'enquiers de la sant&#233; de C.L. qui souffre de calculs. Elle &#233;tait &#224; l'h&#244;pital le week-end dernier. Elle y repart mardi. On commence &#224; travailler. Je discute avec O. et C.L. sur le travail du montage. On discute de d&#233;tails. C.L. doit partir pr&#233;cipitamment &#224; l'appel de quelqu'un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous travaillons avec O. jusqu'&#224; 19h.30, heure o&#249; C.L. est revenue depuis 15 minutes &#224; peu pr&#232;s. C'est un moment vraiment int&#233;ressant. Je d&#233;couvre le travail avec une table de montage. Il me faut bien 30' avant de comprendre la plupart des op&#233;rations d'O. sur les machines. M&#234;me si je le savais, je comprends beaucoup mieux l'importance du montage. Nous composons la bande image de la s&#233;quence &#171; Le Coll&#232;ge &#187; du court-m&#233;trage. Enfin, ce nous est usurpateur. Seul O. travaille sur les machines. En revanche nous &#233;changeons sur les plans, les rushes et fragments de rushes &#224; garder ou &#224; enlever, nous r&#233;fl&#233;chissons sur le traitement &#224; donner au d&#233;calage entre dur&#233;e de la bande son (voix des enfants lisant les journaux intimes) et dur&#233;e de la bande image beaucoup plus longue. Ce travail me passionne et le moment est tr&#232;s agr&#233;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O. m'a montr&#233; un certain nombre de s&#233;quences film&#233;es. &#199;a semble vraiment int&#233;ressant. Sur le coll&#232;ge, il a eu l'&#339;il qui s'&#233;chappait des murs avec certains coups d'&#339;il in&#233;dits. Sa mani&#232;re de filmer la sortie des &#233;l&#232;ves est tr&#232;s int&#233;ressante, c'est un beau moment cin&#233;matographique eu &#233;gard &#224; la vie du coll&#232;ge, de m&#234;me en est-il de son parcours &#224; l'int&#233;rieur du coll&#232;ge vide. Certains plans de classe sont tr&#232;s beaux et certains encha&#238;nements d&#233;licatement intelligents. &lt;br class='autobr' /&gt;
O. m'a aussi montr&#233; la s&#233;quence &#171; &#233;crire l'intime &#187; avec la sc&#232;ne film&#233;e de la chambre d'adolescent reconstitu&#233;e. En fait, je ne trouve pas cette partie de la s&#233;quence tr&#232;s bonne. En effet c'est socialement tr&#232;s marqu&#233;, on sent trop le choix de Ph. et L., c'est trop petit bourgeois et l'abondance des bougies et encens... Ceci dit tout cela est du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 19 h 30 je repars avec Milena (ma fille) qui m'avait suivi et qui a lu toute la soir&#233;e &#8230; J'ai de la chance d'avoir une fille aussi sympa&#8230; Ces trois heures sont d'importantes heures pour mon v&#233;cu de l'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 28 f&#233;vrier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journaux intimes des &#233;l&#232;ves &#8211; ce qu'ils ont donn&#233; &#224; lire &#8211; semblent montrer que le pr&#233;adolescent construit son moi par le biais d'investigations dans des repr&#233;sentations du monde &#233;labor&#233;es au sein d'interactions dont les p&#244;les d'ancrage (encreurs ?) sont : le coll&#232;ge, la famille, les loisirs, les autres, le monde, les f&#234;tes sociales (No&#235;l...), les sentiments (ennui, amour, amiti&#233;, haine...). Dans cette fragmentation des moments de vie d'o&#249; n'est pas exempt le repli sur soi si important &#224; cet &#226;ge &#8211; en de&#231;&#224; et au-del&#224;, aussi, s&#251;rement &#8211; le jeune se construit en tant que personne. Plus ces fragments de moments sociaux sont int&#233;rieurement tourment&#233;s, instables, plus la personne aura du mal &#224; trouver un &#233;quilibre dans son moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donner &#224; &#233;crire un journal intime &#224; des &#233;l&#232;ves &#8211; en ayant soin de cr&#233;er la mise &#224; distance du dispositif de r&#233;solution du paradoxe de cette activit&#233; &#8211; c'est humblement &#339;uvrer &#224; la conqu&#234;te par le sujet de son &#234;tre, c'est esp&#233;rer faire advenir un moment inceptif de cette conqu&#234;te par l'&#233;criture. C'est ambitieux, alors, sachons raison garder.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1656 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://quiero.fr/IMG/jpg/image6ji.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH667/image6ji-6bbe2.jpg?1789818912' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La lecture des journaux des &#233;l&#232;ves r&#233;v&#232;le que, sauf exception, une lib&#233;ration de l'&#233;criture intervient &#224; de rares moments, parfois qu'une seule fois sur 10 pages. Je l'interpr&#232;te comme &#233;tant le signe qu'&#224; ce moment-l&#224;, le diariste s'est laiss&#233; emporter par sa volont&#233; de dire et que celle-ci a rencontr&#233; insciemment une formalisation scripturale lib&#233;r&#233;e ou facilit&#233;e par l'exercice r&#233;gulier de l'&#233;criture diaire. Sauf exception, ces moments d'&#233;criture apparaissent en nombre limit&#233;. Finalement, le travail de s&#233;lection de textes, pour le sc&#233;nario comme pour l'exposition graphique et le livre d'art, a &#233;t&#233; un travail de saisie de ces passages en g&#233;n&#233;ral inclus dans des d&#233;veloppements sans probl&#233;matique apparente, &#233;crits tr&#232;s lisiblement dans le cadre de la demande scolaire initiale (voir la fiche cours de fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;John Locke, &lt;i&gt;Trait&#233; sur l'entendement humain&lt;/i&gt;, vol. 3, Londres, 1714, p. 425.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Henri-Fr&#233;d&#233;ric Amiel, &lt;i&gt;Journal intime&lt;/i&gt;, 8 octobre 1840.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;R&#233;mi Hess, &lt;i&gt;La Pratique du journal. L'enqu&#234;te au quotidien&lt;/i&gt;, Paris, Anthropos, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;ibidem&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;ibidem&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal de bord d'un atelier d'&#233;criture consacr&#233; au journal intime (janvier 1999)
</title>
		<link>http://quiero.fr/spip.php?article522</link>
		<guid isPermaLink="true">http://quiero.fr/spip.php?article522</guid>
		<dc:date>2026-02-06T10:26:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Geneste
, Samuel
</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s
</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Geneste
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le journal professionnel me permet d'objectiver ma d&#233;marche p&#233;dagogique. Centr&#233; sur mes actes p&#233;dagogiques, avec les &#233;l&#232;ves, mais aussi avec les intervenants ext&#233;rieurs, il me fait prendre conscience des distorsions qui peuvent avoir lieu ou qui s'op&#232;rent. &lt;br class='autobr' /&gt; Journal de bord du projet sur le journal intime Mercredi 13 janvier 1999 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;cide de tenir le Journal de l'exposition &#171; Le journal intime, fragments pr&#233;adolescents de la cit&#233; andernosienne, par 81 coll&#233;giens &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici plus d'un an (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;Du journal de bord
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Philippe Geneste
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L150xH149/journal_de_bord2-e81bc.jpg?1789818912' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le journal professionnel me permet d'objectiver ma d&#233;marche p&#233;dagogique. Centr&#233; sur mes actes p&#233;dagogiques, avec les &#233;l&#232;ves, mais aussi avec les intervenants ext&#233;rieurs, il me fait prendre conscience des distorsions qui peuvent avoir lieu ou qui s'op&#232;rent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journal de bord du projet sur le journal intime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 13 janvier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;cide de tenir le Journal de l'exposition &#171; Le journal intime, fragments pr&#233;adolescents de la cit&#233; andernosienne, par 81 coll&#233;giens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici plus d'un an que je discute avec la m&#233;diath&#233;caire (C.L.), sur cette exposition. Nous devions travailler ensemble sur les textes de Lejeune mais cette tentative a avort&#233;. L'&#233;t&#233; a pass&#233;. En septembre, nous nous sommes revus ; l'id&#233;e tenait toujours, et nous avons discut&#233; un peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'an pass&#233; j'ai tent&#233; de faire &#233;crire des fragments autobiographiques par des &#233;l&#232;ves de 4&#176; &#224; partir de la tenue par eux d'un journal institutionnel sur une semaine &#8211; les r&#233;sultats m'ont laiss&#233; dans l'expectative et j'en ai tir&#233; la conclusion que l'autobiographie, suscitant une r&#233;&#233;criture, &#233;tait un exercice trop compliqu&#233; pour les &#233;l&#232;ves.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai donc remis le m&#233;tier &#224; l'ouvrage pour comprendre ce qui, dans mon dispositif p&#233;dagogique, est rest&#233; inaccessible aux &#233;l&#232;ves. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, cette ann&#233;e, en portant l'id&#233;e d'une exposition, une autre dimension m'apparait clairement : il y a difficult&#233; majeure &#224; passer d'une communication semi-priv&#233;e, &#233;l&#232;ve / professeur, &#224; une communication sociale (exposition dans la cit&#233;). C'est une motivation suppl&#233;mentaire pour tenir ce journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant abandonn&#233; la piste de l'autobiographie, j'ai envisag&#233; celle plus directe du journal intime, plus simple &#224; mettre en place et surtout &#224; expliquer aux &#233;l&#232;ves car plus ais&#233; pour eux de saisir de quoi il s'agit. Pour l'exposition, j'ai &#233;t&#233; aid&#233; par le hasard. Quand j'en ai parl&#233; &#224; la documentaliste, elle venait de voir un documentaire sur le JI pass&#233; sur Arte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout de suite, je me d&#233;bats dans un paradoxe dont je cherche l'issue :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; &#233;crire un journal intime, donc ouvert &#224; la singularit&#233;, &#224; l'espace priv&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; exposer ce journal, donc donner &#224; lire dans un espace public, des singularit&#233;s prenant valeur d'universalit&#233; (g&#233;n&#233;ralit&#233;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce paradoxe a pour corollaire l'exigence de r&#233;ussite de ma part :&lt;br class='autobr' /&gt;
a/ que les &#233;l&#232;ves aient suffisamment confiance en moi pour &lt;i&gt;&#233;crire&lt;/i&gt; et non &lt;i&gt;faire&lt;/i&gt; &lt;i&gt;une&lt;/i&gt; &lt;i&gt;r&#233;daction&lt;/i&gt; &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt;. Pas d'authenticit&#233; sans confiance.&lt;br class='autobr' /&gt;
b/ que je ne trompe pas leur confiance dans l'exposition, ce qui suppose une vigilance quant aux collaborations qui peuvent se pr&#233;senter. Je devrai &#234;tre assur&#233; des personnes avec qui je vais travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;soudre ce paradoxe, je me dis qu'une intimit&#233; publique ne peut &#234;tre que celle d'un groupe ; une intimit&#233; individuelle rendue publique n'est plus une intimit&#233;, mais un &#233;v&#233;nement m&#233;diatique, ou un fait divers ou de l'exhibitionnisme voire du narcissisme ou une d&#233;lation... mais justement il n'y a plus d'intimit&#233;. Or, &#224; consid&#233;rer que &#231;a marche, le regroupement des journaux intimes des &#233;l&#232;ves donneront &#224; lire un &#233;tat social de la pr&#233;adolescence andernosienne, une fresque de la relation au monde qu'entretiennent ces jeunes de septembre &#224; d&#233;cembre 1998 &#8211; leur journal, ils le tiennent de septembre au 3 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;flexion m'aide &#224; avancer mais ne me donne pas de cl&#233; pratique pour r&#233;ussir &#224; sortir en positif du paradoxe. C'est une id&#233;e toute simple qui me permet de d&#233;couvrir une bonne sortie. Et si je leur demandais, une fois, leur journal intime tenu, de choisir des extraits de leur journal ? L'id&#233;e est trouv&#233;e et elle a plusieurs vertus :&lt;br class='autobr' /&gt;
a/ pragmatiquement : &lt;br class='autobr' /&gt;
lire 81 journaux intimes risque d'&#234;tre un pensum qui ali&#232;nerait la vivacit&#233; des choix des organisateurs de l'exposition, (pour l'instant, la m&#233;diath&#233;caire, moi, une plasticienne ... )&lt;br class='autobr' /&gt;
b/ th&#233;oriquement :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; l'acte de relecture est un moyen de se conna&#238;tre et de se reconna&#238;tre. Il met l'&#233;l&#232;ve en position de recherche de l'autre moi ; c'est une prise de conscience de soi et c'est aussi la recherche de l'autre qui est soi, en d&#233;finitive. L'acte de relecture est un moyen de se reconna&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La relecture est aussi un &#233;l&#233;ment important de la cr&#233;ation ou plut&#244;t un moment important de la cr&#233;ation. &lt;br class='autobr' /&gt;
c/ p&#233;dagogiquement : &lt;br class='autobr' /&gt;
se rendre ma&#238;tre de ce qu'on &#233;crit, prendre conscience de la responsabilit&#233; personnelle qui accompagne l'acte d'&#233;criture&lt;br class='autobr' /&gt;
d/ litt&#233;rairement :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; faire vivre ne serait-ce qu'un instant, au plus grand nombre, le sentiment de la confiance en l'&#233;criture. Car si le journal intime renvoie souvent au doute de soi, il signifie, aussi, la confiance de l'&#233;criture du diariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce dernier point, je ne suis pas dupe d'une anomalie : le diariste est volontaire pour l'&#233;criture ; ici, l'&#233;l&#232;ve voit son &#233;criture suscit&#233;e dans le cadre d'un projet. Si bien que l'acte p&#233;dagogique repose sur la m&#233;diation de la confiance en l'enseignant pour guider l'&#233;l&#232;ve vers l'&#233;criture, comprise comme confiance en l'&#233;criture. L'enseignant est un passeur mais la m&#233;diation intervient sur la motivation &#224; l'&#233;criture qui est d&#233;j&#224; sociale. C'est donc penser que du social se diff&#233;renciera du singulier ; or ce singulier it&#233;r&#233; donnera naissance, en fin de parcours, &#224; du social (l'exposition). Le n&#339;ud de l'activit&#233; r&#233;side donc bien dans le singulier, instant d'&#233;criture intime hors de tout regard et prot&#233;g&#233; (marqu&#233;) par l'instant inceptif et l'instant terminal qui sont eux de nature sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal intime en milieu scolaire est donc autre chose qu'un journal intime ; pourtant il en a tous les ingr&#233;dients. L'&lt;i&gt;extraction&lt;/i&gt; est l'op&#233;ration essentielle, mise &#224; distance qui redonne pouvoir au diariste (j'&#233;cris &#224; l'envie transmu&#233;e en, je choisis &#224; l'envie ce que j'&#233;cris) avec une m&#234;me dimension sociale que celle qui a initi&#233; l'activit&#233; du journal intime.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 16 janvier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pr&#233;occupation de ma part pour &#233;viter la r&#233;daction scolaire des &#233;l&#232;ves &#233;tait d'inscrire leur &#233;criture dans la dur&#233;e. Le journal intime permettait cet engagement et force est de constater, que les &#233;l&#232;ves, ayant tenu leur journal depuis septembre, sont arriv&#233;s &#224; des productions singuli&#232;res en &#233;volution, o&#249; transparaissent nettement des &#233;volutions de style et d'emploi des mots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cela d&#232;s la deuxi&#232;me semaine de la rentr&#233;e, je distribuais une notice expliquant la d&#233;marche en termes simples et d&#233;crivant, en termes pratiques, la tenue d'un journal intime. J'y indiquais la date d'aboutissement (janvier), la n&#233;cessit&#233; d'une s&#233;lection de textes, la longueur &#171; une dizaine de pages &#187; devenue &#171; une dizaine de jours &#187;, au fil des mois &#8211; consigne moins stressante pour les &#233;l&#232;ves &#8211; enfin la libert&#233; d'&#233;crire ce qu'ils souhaitaient et de choisir ce qu'ils voulaient. J'insistais sur la ma&#238;trise par l'&#233;l&#232;ve des choix de son &#233;criture et des sujets. Remettre dix pages renfor&#231;ait l'id&#233;e d'une responsabilit&#233; du diariste.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Envoi d'un fax :&lt;br class='autobr' /&gt;
Geneste Philippe &#224; la m&#233;diath&#233;caire, le 16 janvier 1999.&lt;br class='autobr' /&gt;
objet : r&#233;union de jeudi soir &lt;br class='autobr' /&gt;
17 h r&#233;union parents / profs au coll&#232;ge&lt;br class='autobr' /&gt;
Je propose qu'on la reporte &#224; vendredi 17 h&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec toute ma sympathie&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'avertis par Fax la m&#233;diath&#233;caire que je ne peux pas &#234;tre l&#224; jeudi soir pour la r&#233;union. Je lui propose de la reporter au vendredi. Ce qui est curieux c'est pourquoi elle tient tant au jeudi malgr&#233; les nombreuses impossibilit&#233;s pour moi d'y participer. &#201;nigme.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1616 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH496/archi_3-7cb16.png?1789818912' width='500' height='496' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 17 janvier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouv&#233;e alors que je cherchais le t&#233;l&#233;phone de Mi. - la plasticienne - la date du 11 juin 98, date &#224; laquelle avec la m&#233;diath&#233;caire nous nous d&#233;cidions pour le journal intime. Le travail de bilan que j'avais entrepris des autobiographies (une semaine) d'&#233;l&#232;ves m'amenait &#224; d&#233;laisser cette voie. Il me restait &#224; op&#233;rationnaliser la situation p&#233;dagogique du journal intime. Je reprenais alors les notes prises dans la perspective d'&#233;changer avec C.L. sur la th&#233;orie des papiers intimes - perspectives d&#233;&#231;ues puisque C.L. a d&#233;clin&#233; l'engagement initial - et me mettais au travail. D&#233;but septembre &#224; une rencontre Freinet je rencontrais Simone Cixous qui avait publi&#233; une BT2 sur les journaux du dehors &#224; partir des travaux d'A. Ernault. J'en avais discut&#233; avec elle au congr&#232;s Freinet de la fin ao&#251;t &#224; Lyon. Mais le journal du dehors renvoie en fait au journal institutionnel que j'avais fait tenir aux &#233;l&#232;ves de 4&#176; l'an pass&#233; pour l'autobiographie (qui devait &#234;tre une fusion de ce journal avec leur journal intime, et ce sur une semaine).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'entrevue avec C.L. le jeudi 14 a fait avancer l'id&#233;e du court-m&#233;trage qui sera un &#233;l&#233;ment important de l'exposition. C'est son neveu qui va l'assurer. C.L. a des id&#233;es int&#233;ressantes pour le d&#233;but qui m'enthousiasment.&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#244;t&#233; plastique, Mi. insiste sur la transformation plastique des textes, transformation allant jusqu'&#224; la non lisibilit&#233;. Cette id&#233;e m'agr&#233;e, je n'envisageais pas de toute fa&#231;on une exposition en l'&#233;tat des journaux intimes c'est pourquoi je ne tenais pas &#224; ce que Mi. intervienne dans les classes avant que la s&#233;lection des textes ait &#233;t&#233; faite. Ce qui est curieux, c'est la difficult&#233; que nous avons jusqu'&#224; pr&#233;sent, C.L., Mi. et moi &#224; nous comprendre. Les r&#233;unions ont &#233;t&#233; infructueuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant les grandes lignes de l'expo. y ont &#233;t&#233; trac&#233;es. Il n'emp&#234;che que l'on ne pourra pas articuler l'exposition plastique avec la vid&#233;o. Le lien restera le journal intime des &#233;l&#232;ves mais il me semble qu'un travail th&#233;orique approfondi, en tout cas logiquement men&#233;, aurait permis une plus grande unit&#233; de l'exposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai perdu le num&#233;ro de Mi., je ne peux pas l'avertir de la r&#233;union parents / prof qui m'emp&#234;che d'&#234;tre pr&#233;sent jeudi soir. Je vais t&#233;l&#233;phoner &#224; C.L.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a aussi L. que je ne connais pas, ce qui m'interroge&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tard je reprends ce journal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce qui compte dans ce travail demand&#233; aux &#233;l&#232;ves ?&lt;br class='autobr' /&gt;
De voir et de dire le monde &#224; partir de sa propre position dans ce monde ; ce qui compte c'est l'expression de soi et non l'&#233;valuation de cette position... &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce point est en contradiction avec l'univers scolaire qui est un univers identifi&#233; &#224; l'&#233;valuation dont l'&#233;valuation de soi instrumentalis&#233; pour les projets personnels-professionnels, &#224; 11, &#224; 12, &#224; 13, &#224; 14 ans&#8230; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir est donc que par l'ouverture &#224; l'intime - &#233;motions, sentiments, affect &#8211; l'&#233;l&#232;ve saisisse, m&#234;me fugacement, &#224; peine, &#224; un moment, l'&#233;criture comme force d'expression de soi. L&#224; encore, ce point contrevient &#224; l'univers scolaire, qui valorise le seul c&#244;t&#233; cognitif de l'humain. Or, le projet du journal intime propose de valoriser l'expression &#224; partir de chaque singularit&#233; inali&#233;nable : c'est un peu une aventure que de se lancer dans ce projet. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, cette valorisation de l'acte, avec l'exposition, est d&#233;connect&#233;e de la valorisation &#233;gocentrique / narcissique de l'auteur puisque l'exposition est collective, arrangement des textes que seuls les auteurs sauront identifier (s'identifier). En quelque sorte, c&#244;t&#233; &#233;l&#232;ve, je me pose si je m'expose et j'expose un texte anonym&#233; dont j'ai assur&#233; la responsabilit&#233; de l'&#233;criture en le signant au d&#233;part lors de la remise au professeur (le journal intime brut). C'est l'enseignant qui anonyme tous les textes avant le travail avec la m&#233;diath&#232;que pour l'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique une r&#233;flexion sur l'exposition, inscription dans la cit&#233;. On pourrait dire que le jeune qui accepte de s'exposer accepte une forme d'int&#233;gration dans la cit&#233;. Osons un jeu de mots. L'exposition est aussi une &#233;dition quand, l'&#233;crit advenu, elle met le sujet sous le regard des autres. L'exposition / &#233;ditrice, l'&lt;i&gt;expoditrice&lt;/i&gt; inscrit de la sociabilit&#233; par le jeu des regards et la crois&#233;e des &#233;crits. &lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps, parce que collective, l'&lt;i&gt;expoditrice&lt;/i&gt; est une &lt;i&gt;auteurisation&lt;/i&gt; &#224; para&#238;tre. En ce sens je lis dans une note du mois d'octobre qu'&#233;crire &#233;branle le scripteur car il y a ext&#233;riorisation d'une part de soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'&#233;crire, exposer, et maintenant s&#233;lectionner (l'&#233;l&#232;ve fait une s&#233;lection qu'il donne &#224; lire &#224; l'enseignant).&lt;br class='autobr' /&gt;
Je lis dans les notes, probablement de septembre ou d'octobre, que la s&#233;lection aide le sujet &#224; comprendre que ce qu'il a &#233;crit est un moyen de faire circuler sa pens&#233;e et un moyen de rejoindre l'autre. En fait, avec l'exercice de l'&#233;criture, se rejoue ce qui se joue, d&#233;j&#224;, dans l'exercice du langage : tout enfant d&#233;veloppe son image de soi en m&#234;me temps qu'il s'approprie le langage. O&#249; l'on retrouve Montaigne : &#171; Je n'ai pas plus fait mon livre que mon livre m'a fait &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la s&#233;lection par l'&#233;l&#232;ve, c'est aussi affirmer explicitement que le premier lecteur d'un journal intime, c'est soi-m&#234;me. S&#233;lectionner, ici, est une d&#233;centration en acte. Derri&#232;re, on retrouve des id&#233;es principielles, &#224; savoir, que raconter sa vie, c'est choisir de sa vie ce que l'on veut dire de soi et que, d'autre part, par cette distance, c'est une reconstruction. En fait la relecture du journal intime n'est-elle pas le premier instant de toute autobiographie ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 18 janvier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hasard. Je tombe sur cette citation tir&#233;e d'un livre canadien &lt;i&gt;Parl&#233;coute&lt;/i&gt; (Universit&#233; de Montr&#233;al / C R D P Poitiers) qui pose &#171; Les quatre conditions essentielles &#224; la r&#233;ussite du d&#233;veloppement du langage (...) : savoir &#233;couter ; &#234;tre litt&#233;ralement captiv&#233; par les activit&#233;s de langage ; avoir une image positive de soi-m&#234;me ; se sentir chaleureusement accueilli, enti&#232;rement accept&#233;, &#233;cout&#233; et compris de tous et chacun &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Co&#239;ncidence assez parfaite avec notre travail collectif d'exposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pense aussi au roman &lt;i&gt;Push&lt;/i&gt; de Saphire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;{}Jeudi 21 janvier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;change avec la m&#233;diath&#233;caire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Philippe,&lt;br class='autobr' /&gt;
2 personnes ne pouvant pas assister &#224; la r&#233;union de vendredi soir, donc nous sommes oblig&#233;s de l'annuler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons effectu&#233; la s&#233;lection des extraits des journaux intimes des &#233;l&#232;ves Pour nous permettre d'avancer quand m&#234;me dans notre travail. Je te faxe notre s&#233;lection afin que tu puisses demander aux &#233;l&#232;ves si ils sont d'accord pour une exploitation &#233;ventuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque les &#233;l&#232;ves auront donn&#233; leur accord, nous pourrons alors pr&#233;voir une r&#233;union. &lt;br class='autobr' /&gt;
Amiti&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
C L&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ponse de Philippe &#224; C.L.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;re C.,&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien re&#231;u ton fax&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne me faxe pas les textes, je passerai les prendre aujourd'hui jeudi &#224; 16h.30 et te remettrai 2 nouveaux journaux intimes.&lt;br class='autobr' /&gt;
A tout &#224; l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien amicalement &lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1617 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://quiero.fr/IMG/jpg/archi_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH664/archi_1-bf214.jpg?1789818912' width='500' height='664' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 22 janvier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers journaux m'arrivent. Ils sont en g&#233;n&#233;ral moins int&#233;ressants car succincts ou trop rapidement &#233;crits. Je les porte &#224; C.L. qui a commenc&#233; la constitution d'un corpus d'extraits sur son ordinateur. Je me suis rendu &#224; la m&#233;diath&#232;que hier soir et ce soir. Faute de r&#233;unions tr&#232;s r&#233;guli&#232;res, le choix des extraits ne va pas se faire par un groupe, mais par une personne. J'avais moi-m&#234;me &#233;tabli un choix d'extraits dans tous les journaux intimes, mais le manque de collaboration ne permettra sa prise en compte que dans la partie graphique de l'exposition. Curieuse d&#233;marche collective de la part de C.L.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nouvelle d&#233;ception C.L. a int&#233;gr&#233; un nouveau membre dans l'&#233;quipe organisatrice... et comme par hasard, encore un psychologue. Cette d&#233;marche r&#233;v&#232;le &#224; mon sens deux attitudes de sa part 1. Rien n'est clair ; et l'absence continu&#233;e de concertation appara&#238;t comme une volont&#233; de gouverner, en solo, une activit&#233; qui se drape sous le terme d&#233;marche / organisation collective. Encore un m&#233;fait des positions hi&#233;rarchiques. Je n'ose penser que c'est &#224; celui qui paie que revient le commandement des choix. Le fait de masquer ainsi le nom et le choix des co-organisateurs ( ou membres du groupe d'organisation) permet &#224; C.L. d'avoir une mainmise totale sur l'exposition et d'&#233;viter que d'autres interpr&#233;tations que la sienne de l'exposition aient cours. Moi, &#231;a me g&#234;ne &#233;norm&#233;ment car j'ai &#233;tabli un climat de confiance avec les &#233;l&#232;ves, ils ont &#224; l'&#233;crasante majorit&#233; jou&#233; le jeu, j'ai pris toutes les pr&#233;cautions pour &#233;viter que leurs textes soient viol&#233;s dans leur intimit&#233;, et qu'ils ne soient lus qu'avec leur accord. Or depuis janvier et m&#234;me d&#233;cembre je vais de surprise en surprise, d&#233;couvrant des collaborateurs qui me sont inconnus : c'est un d&#233;ni de toute d&#233;marche collective mais aussi un abus de confiance &#224; l'&#233;gard des jeunes. &#192; moins que ce soit du m&#233;pris &#224; l'&#233;gard de ce qui ne serait que mat&#233;riau. Cette situation me met tr&#232;s mal &#224; l'aise, car en porte-&#224;-faux &#224; l'&#233;gard des jeunes. Cette d&#233;ception m'est am&#232;re... J'oubliais... au d&#233;tour d'une phrase j'apprends qu'une employ&#233;e de la m&#233;diath&#232;que travaille avec C.L. sur les journaux intimes. Peut-&#234;tre C.L. a-t-elle mis d'autres personnes dans les pages enfantines. Au moment de partir, j'apprends qu'A., une amie, vient d'&#234;tre invit&#233;e &#224; cette lecture... l&#224; je m'&#233;tonne seulement qu'elle n'ait pas &#233;t&#233; contact&#233;e plus t&#244;t, vu qu'A. participe au groupe de recherche qui travaillait r&#233;guli&#232;rement avec C.L. sur les divers projets. Ce groupe aussi est torpill&#233; par la mani&#232;re de mener cette exposition, enfin, c'est une mani&#232;re de voir les choses.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. L'appel &#224; des psychologues ne me plait pas du tout. Cela ne peut pas &#234;tre un hasard. Or je suis convaincu qu'il y a l&#224; un contresens sur notre activit&#233;, contresens qui explique sans doute la non prise en compte de mon cr&#233;do depuis le d&#233;but de l'exposition, &#224; savoir, respecter l'&#233;crit intime des enfants, respecter leur confiance. Ce contresens expliquerait, aussi, pourquoi mes propos soucieux de d&#233;cembre et d&#233;but janvier sur le paradoxe du journal intime expos&#233;, n'ait rencontr&#233; aucun &#233;cho : un peu comme s'il ne s'agissait que de pr&#233;occupations de p&#233;dagogue dont seraient exempt&#233;s les autres professionnels engag&#233;s dans l'exposition : dichotomie sans fondement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais peut-&#234;tre y a-t-il autre chose. N'est-ce pas ce que j'ai d&#233;j&#224; remarqu&#233; dans l'&#201;ducation Nationale ? Ce serait un ph&#233;nom&#232;ne de neutralisation des acteurs engag&#233;s dans toute institution. Celle-ci cherche &#224; anonymer les initiatives et &#224; r&#233;cup&#233;rer, par assimilation, les apports. Je ne saisis pas bien, dans toute sa complexit&#233;, ce processus et n'en ai qu'une perception intuitive. Toujours est-il que je crains que la volont&#233; psy. affich&#233;e dans le choix de collaboration soit le signe d'une volont&#233; d'annuler l'aspect social de l'exposition, ce que j'appelle les fragments pr&#233;-adolescents de la cit&#233; andernosienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre suis-je parti trop en confiance dans une collaboration avec quelqu'un que j'omettais de voir comme institutionnelle. Que j'ai eu tort me met en d&#233;sarroi.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 23 janvier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;union ce matin 10 heures &#224; la m&#233;diath&#232;que. On va travailler sur le sc&#233;nario du documentaire film&#233; consacr&#233; au journal intime. En pr&#233;alable j'ai d&#233;cid&#233; de crever l'abc&#232;s de ces malentendus qui me rongent. Je mets les cartes sur la table. Une demi-heure suit, d'un dialogue qui n'en est pas un. Je parle fonctionnement de groupe, C L r&#233;pond crit&#232;res personnels de choix des personnes et justification par la valeur des gens choisis. A., seule membre de l'ancien groupe de r&#233;flexion de la m&#233;diath&#232;que s'&#233;tonne de la mise &#224; l'&#233;cart de ce groupe pour cette exposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
La tension est importante. M&#234;me si cela m'a co&#251;t&#233;, je pr&#233;f&#232;re avoir gard&#233; mon honn&#234;tet&#233; morale et intellectuelle en disant ce que je pensais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux heures qui suivent nous avons bien travaill&#233; sur le sc&#233;nario. Je suis tout de m&#234;me inquiet pour l'exposition car la s&#233;lection de textes existante a &#233;t&#233; faite dans la seule vue du sc&#233;nario ; elle est certes assez riche, elle est tr&#232;s riche m&#234;me, mais ne comporte pas un extrait de chaque enfant, ce qui va n&#233;cessiter de ma part et de celle de Mi. de nous mettre d'accord, en r&#233;cup&#233;rant l'ensemble des journaux.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 24 janvier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;ance d'hier me trouble beaucoup et je retombe sur cette difficult&#233; du travail collectif, auquel la plupart de nos contemporains substituent le travail dirig&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment peut-il ne pas &#234;tre naturel, quand on doit oeuvrier collectivement, de ne pas poser, d'abord, le groupe, puis ensuite la m&#233;thode choisie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai repris le travail d'hier avec plaisir, la relecture est vivifiante, m&#234;me s'il reste &#224; organiser les extraits. En revanche d&#232;s 8 heures ce matin &#8211; et je crois que c'est cette pr&#233;occupation qui m'a r&#233;veill&#233; &#8211; j'&#233;tais pench&#233; sur le corpus d'extraits d&#233;gag&#233; pour le sc&#233;nario de la vid&#233;o. Un probl&#232;me &#233;vident : 49 &#233;l&#232;ves ne sont pas retenus, or c'est avec l'extrait de chaque &#233;l&#232;ve que Mi. doit travailler pour r&#233;aliser le livre / journal donn&#233; &#224; lire lors de l'exposition. Concr&#232;tement cela signifie &#8211; Mi. devant travailler avec les &#233;l&#232;ves &#8211; qu'il me faut r&#233;cup&#233;rer tous les journaux intimes pour, &#224; partir de la pr&#233;s&#233;lection faite en lisant les journaux lorsque les &#233;l&#232;ves me les ont rendus &#8211; un nombre d'heures nocturnes important entre le 4 et le 7 janvier afin de donner des journaux &#224; lire au groupe d'organisation de l'exposition &#8211; saisir des extraits de chacun des 49 journaux non retenus pour le sc&#233;nario. Cette perspective m'inqui&#232;te car le mois de mars n'est pas loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques r&#233;flexions me viennent au cours de cette journ&#233;e &#224; propos des journaux intimes. Je dis souvent que la tenue de ce journal a cr&#233;&#233; chez l'enfant &#8211; au moins momentan&#233;ment &#8211; un autre rapport &#224; son activit&#233; et &#224; lui-m&#234;me. En effet, il a bien fallu que, m&#234;me un tr&#232;s bref instant, il devienne spectateur de sa vie au lieu de s'ext&#233;rioriser dans ses seules activit&#233;s. Michel Lobrot parle quelque part d'autoscopie. Je comprends ce terme d'autoscopie comme renvoyant &#224; l'expression en tant qu'action ; l'expression vaut action puisqu'elle est ext&#233;riorisation d'une int&#233;riorit&#233;, actualisation d'un v&#233;cu int&#233;rioris&#233; ou m&#233;moriel. L'&#233;criture intime est une projection de soi mais aussi un acte de m&#233;moire, une inscription de soi dans le monde, une inscription diff&#233;r&#233;e, ou mieux, m&#233;di&#233;e. Elle est intentionnalit&#233; mais aussi, une fois accomplie, &#233;valuation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi des personnes refusent-elles l'&#233;criture intime ? parce que la confrontation avec soi-m&#234;me est dangereuse si peu que l'on exprime une disgr&#226;ce personnelle &#8211; ceci aussi se trouve quelque part chez Lobrot. Aussi lorsqu'on manie le journal intime lors d'une activit&#233; p&#233;dagogique, il me semble utile de ne jamais forcer la main des &#233;l&#232;ves et d'assurer le secret autour de leur texte, aussi insignifiant nous apparaisse-t-il. Je sais que cette exigence peut para&#238;tre excessive, mais je pense qu'on ne conna&#238;t pas suffisamment les &#233;l&#232;ves pour se dire assur&#233; d'&#233;viter tout impair psychologique. Autant prendre toutes les pr&#233;cautions. Avec le journal intime &#224; l'&#233;cole on ne touche pas tant au savoir (savoir-faire d'&#233;criture, r&#233;flexions sur tel ou tel sujet, travail litt&#233;raire) qu'au noyau relationnel et affectif de l'&#234;tre humain. Il ne s'agit pas de savoir-&#234;tre comme le chuchotent les textes officiels mais d'une pratique d'&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En paraphrasant librement Lobrot dans &lt;i&gt;Lire,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;d&#233;lire&lt;/i&gt; (1991 Voies livres) on pourrait dire qu'avec l'exposition, le journal intime sort du secret, se la&#239;cise et prend des formes nouvelles (exig&#233;es par l'&#233;conomie m&#234;me de l'exposition et sa dynamique).&lt;br class='autobr' /&gt;
Outil d'imaginaire il quitte le chemin des v&#233;rit&#233;s r&#233;v&#233;l&#233;es &#224; soi pour &#8211; par la confrontation avec d'autres et son inscription dans un ensemble &#8211; &#234;tre expression d'id&#233;es et de fiction, non point, toutefois, sur le socle d'une argumentation, mais sur celui de l'intuition, de la sensation, on aurait dit autrefois, du c&#339;ur de l'homme. C'est &#224; ce moment - l&#224; qu'il peut y avoir espoir d'entrer dans l'&#233;criture avec toutes ses potentialit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre dimension de la pratique du journal intime est celle de l'ouverture (ou approfondissement) de l'autonomie, renforc&#233;e dans le cas qui est celui d&#233;crit ici par le choix d'extraits. Certains &#233;l&#232;ves par exemple ont impos&#233; contre leurs parents leur participation &#224; l'exposition. L'autonomie se joue certes ailleurs. Peut-&#234;tre que parfois l'&#233;criture intime peut permettre une &lt;i&gt;r&#233;conciliation&lt;/i&gt; avec soi, une &lt;i&gt;adh&#233;sion&lt;/i&gt; &#224; ses propres actions et pens&#233;es. Il y a l&#224; une piste que je ne cerne pas vraiment, que je sens seulement, intuitivement : s'&#233;crire c'est toujours b&#226;tir une coh&#233;rence int&#233;rieure.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une premi&#232;re &#233;tape de toute mise en projet d'une personne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci dit, je ne pense pas qu'au niveau de l'activit&#233; pr&#233;sente, il y ait vraiment acc&#232;s &#224; une d&#233;marche d'&#233;mancipation qui n&#233;cessite la conscience de &#171; ce qu'on a fait de moi... &#187; (on, la famille, l'&#201;tat, les institutions...) et une r&#233;ponse &#224; la question &#171; qu'est-ce que je fais de ce qu'on a fait de moi ? &#187; (question au centre des r&#233;flexions des p&#233;dagogues r&#233;volutionnaires ou soucieux d'&#233;mancipation).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1618 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L411xH520/archi_4-0a322.png?1789818912' width='411' height='520' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 26 janvier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi d'un fax &#224; C.L. &#224; 15 h :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;C.,&lt;br class='autobr' /&gt;
En te souhaitant bonne reprise pour ton boulot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me suis entretenu avec Mi. pour fixer le d&#233;but de ses interventions. Elles commenceraient le mercredi 3 f&#233;vrier. J'ai point&#233; les &#233;l&#232;ves pr&#233;sents sur la s&#233;lection de textes pour le sc&#233;nario de la vid&#233;o. Afin de compl&#233;ter le corps d'extraits pour l'exposition, je me propose de prendre les journaux des &#233;l&#232;ves le mercredi 27 janvier &#224; la sortie de mes cours vers 10h.15 (1) .&lt;br class='autobr' /&gt;
J'y travaillerai plusieurs jours afin que le corpus soit complet le 3 f&#233;vrier (2) .&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite bien-s&#251;r je les remettrai &#224; la m&#233;diath&#232;que &#8211; ils peuvent &#234;tre utiles lors du film et lors du travail de Mi. (3).&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la vid&#233;o je n'ai pas d'id&#233;es nouvelles, seule l'id&#233;e du montage assez rapide (de journaux intimes, d'extraits de catalogues divers de No&#235;l...) accompagnant l'&#233;num&#233;ration des &#171; pour No&#235;l j'ai eu... &#187; s'est pr&#233;cis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne semaine&lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1). Peux-tu faire en sorte que je puisse les retirer m&#234;me si tu n'es pas pr&#233;sente &#224; la m&#233;diath&#232;que &#224; cette heure-l&#224; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
(2). J'avais &#233;tabli une pr&#233;-s&#233;lection lors de mes lectures des journaux intimes que je n'avais pas eu le temps de noter afin que le groupe de travail les ait &#224; sa disposition le 7 janvier.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3). Bien s&#251;r si tu pr&#233;f&#232;res que ce soit un groupe qui &#233;tablisse la s&#233;lection des 49 textes qui restent &#224; choisir &#8211; b&#233;n&#233;fice les lectures plurielles &#8211; J'en suis pleinement d'accord. Dans ce cas sache que le lundi est le seul jour o&#249; j'ai toutes les classes, donc seul jour avant mercredi 3 pour que je puisse leur remettre l'extrait sur lequel Mi. travaillera avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 27 janvier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite au fax envoy&#233; le 26 janvier dans l'apr&#232;s midi, je suis pass&#233;, ce matin, prendre les journaux intimes, afin de pr&#233;s&#233;lectionner les textes des jeunes pour l'exposition plastique dont s'occupera Mi.. Il est 22 h j'ach&#232;ve juste ce travail gr&#226;ce au choix d&#233;j&#224; &#233;tabli &#224; la lecture, mais non transcrit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais pr&#233;parer les groupes de travail pour Mi. et donner les textes aux jeunes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce matin j'ai crois&#233; A. &#224; la m&#233;diath&#232;que qui sortait du bureau de C .L. Hasard objectif ? &#233;tranget&#233; de la vie. J'ai discut&#233; avec C.L., &#224; son initiative, sur la r&#233;union du samedi 23 et du diff&#233;rent qui nous a oppos&#233; suite &#224; mes propos. Je n'ai &#233;videmment rien retir&#233; de ce que j'ai dit, car je le pensais et le pense toujours. Nous n'avons pas du tout la m&#234;me conception de ce que peut &#234;tre un travail collectif. Visiblement ces pr&#233;suppos&#233;s auraient d&#251; &#234;tre lev&#233;s lors d'une v&#233;ritable r&#233;union pr&#233;paratoire. Je crois de plus en plus que c'est une erreur de ma part de ne pas avoir agi avec C.L. comme avec une institutionnelle (autant que j'aurais su le faire d'ailleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis travers&#233; par les &#233;crits des jeunes &#8211; qui sont attach&#233;s &#224; ces journaux, me demandent de les leur rendre, plusieurs fois dans la semaine : ce qui prouve qu'ils se sont donn&#233;s dans ces textes &#8211; et je trouve r&#233;ellement une grande richesse &#224; ce travail. J'esp&#232;re, &#233;videmment, que les conflits suscit&#233;s par l'organisation vont s'apaiser, mais je ne regrette pas d'&#234;tre intervenu.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 31 janvier 1999&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier matin, r&#233;union &#224; la m&#233;diath&#232;que. C.L. , F., A., seules pr&#233;sentes. On travaille sur le sc&#233;nario, son d&#233;coupage. On lit l'ensemble (21 minutes 30 sec.), on arrange l'int&#233;rieur de quelques s&#233;quences (No&#235;l surtout). La discussion est s&#233;rieuse et productive. Pour ma part mes comp&#233;tences s'arr&#234;tent ici. Un probl&#232;me int&#233;ressant a &#233;t&#233; soulev&#233;. Qui va lire les textes. Inaper&#231;u au d&#233;but de la discussion, un point s'est impos&#233; d'un coup : on peut tout faire rater si on fait lire les textes par des enfants du coll&#232;ge ou de coll&#232;ges proches. Le texte ne peut &#234;tre port&#233; par une voix hostile, il ne doit pas &#234;tre &lt;i&gt;incorpor&#233;&lt;/i&gt;, incarn&#233; dans des tessitures de voix, dans des toiles de rythmes, susceptibles d'&#234;tre reconnus par leurs auteurs. Comme faire dire son texte par chaque acteur aboutirait &#224; un patchwork vite inaudible et brisant l'unit&#233; du film, il faut choisir des voix pr&#233;-adolescentes mais inconnues, &#233;trang&#232;res aux &#233;l&#232;ves. On retrouve la n&#233;cessaire &lt;i&gt;distanciation&lt;/i&gt; apte &#224; objectiver l'&#233;crit intime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme la mise en commun mais aussi au commun des textes, la distance de la voix est n&#233;cessaire pour que les auteurs n'entrent pas en adh&#233;rence avec le dit de l'&#233;cran et pour que le film &#233;vite ainsi la violence faite au corps des textes, le viol des intimit&#233;s confi&#233;es. L'objectivation des textes dans des dires permet de ne pas r&#233;agir par l'identification recherch&#233;e &#224; sa voix. C'est essentiel. Leiris &#233;crit dans &lt;i&gt;&#192; Cor et &#224; cri&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ma voix exhalaison directe de mon &#234;tre et que je sens&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;rieurement plut&#244;t que je ne l'entends intimit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
proximit&#233; maximale et ( si je vais jusqu'au bout de ma&lt;br class='autobr' /&gt;
pens&#233;e ) identit&#233; : v&#233;hicule de la parole et donc de ma&lt;br class='autobr' /&gt;
conscience, ma voix, c'est moi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La distance des voix lectrices est importante pour consid&#233;rer les textes comme &lt;i&gt;acte&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;dire&lt;/i&gt; o&#249; se love toujours une relation sociale, une lecture, une &lt;i&gt;disure&lt;/i&gt;, une orientation vers l'autre que soi &#8211; in&#233;vitablement, ne serait-ce que par d&#233;doublement de soi. Cet &#233;pisode montre s&#251;rement que dans le journal intime, m&#234;me en prose non recherch&#233;e, le corps, l'organique, sont inscrits. C'est une diff&#233;rence notoire d'avec la plupart des autres productions &#233;crites que l'on peut demander aux &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30, au tout petit matin, j'ai achev&#233; les groupes de travail avec Mi., la plasticienne. Confirm&#233;s par la journ&#233;e du 30. Il me faut les porter &#224; Mi..&lt;br class='autobr' /&gt;
Les 27 - 28 - 29, j'ai relu tous les journaux intimes pour &#233;tablir un corpus pour l'exposition graphique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal de bord d'un atelier d'&#233;criture consacr&#233; au journal intime
</title>
		<link>http://quiero.fr/spip.php?article520</link>
		<guid isPermaLink="true">http://quiero.fr/spip.php?article520</guid>
		<dc:date>2026-01-25T12:30:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Geneste
</dc:creator>


		<dc:subject>Philippe Geneste
</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le texte qui suit est le journal de bord tenu au cours d'un travail p&#233;dagogique durant l'ann&#233;e scolaire 1998/1999. Il met en &#233;vidence des questionnements sur les relations entre intervenants ext&#233;rieurs intervenant pour une exposition et le travail p&#233;dagogique dans les classes pr&#233;parant cette exposition. Il donne &#224; lire, aussi les pr&#233;occupations de l'enseignant quant au travail sur l'&#233;crit intime. Il en montre les paradoxes et les solutions retenues par l'enseignant en relation avec les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;Du journal de bord
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Philippe Geneste
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L150xH149/journal_de_bord1-2-662e7.jpg?1789818912' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le texte qui suit est le journal de bord tenu au cours d'un travail p&#233;dagogique durant l'ann&#233;e scolaire 1998/1999. Il met en &#233;vidence des questionnements sur les relations entre intervenants ext&#233;rieurs intervenant pour une exposition et le travail p&#233;dagogique dans les classes pr&#233;parant cette exposition. Il donne &#224; lire, aussi les pr&#233;occupations de l'enseignant quant au travail sur l'&#233;crit intime. Il en montre les paradoxes et les solutions retenues par l'enseignant en relation avec les &#233;l&#232;ves. Pour faciliter la lecture de ce journal, il est publi&#233; en 4 parties qui suivent sa chronologie. Ci-apr&#232;s la pr&#233;sentation du projet et de son contexte puis le journal de bord de l'enseignant mois apr&#232;s mois qui rend compte de l'avanc&#233;e de ce projet d'exposition sur les &#233;crits intimes des &#233;l&#232;ves (janvier, f&#233;vrier, mars et avril).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contexte de la mise en place&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Durant l'ann&#233;e 1997-1998, d&#233;cision est prise de travailler sur l'autobiographie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le travail r&#233;alis&#233; avec les &#233;l&#232;ves de 4&#176; B n'est pas concluant. En fait les &#233;l&#232;ves d&#233;butent sur la &lt;i&gt;r&#233;&#233;criture&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;r&#233;arrangement&lt;/i&gt; selon un point de vue subjectif de leur vie, de leur pass&#233; imm&#233;diat. S'ils accumulent un mat&#233;riau textuel plus ou moins riche avec le journal institutionnel et le journal intime, la mise en commun des deux est trop dure car la mise en &#233;criture est trop difficile. Cette premi&#232;re exp&#233;rience est un &#233;chec par l'exc&#232;s de difficult&#233; engendr&#233; par le genre autobiographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Durant l'ann&#233;e 1998-1999, d&#233;cision est donc prise, de ne travailler que sur le journal intime. J'envisage d'y travailler avec plusieurs classes. La responsable de la m&#233;diath&#232;que, Madame L., ayant visionn&#233; une &#233;mission sur un expos&#233; de journaux intimes, l'impulsion l'accord est donn&#233; pour un travail en commun entre la classe de coll&#232;ge &#224; qui j'enseigne et la m&#233;diath&#232;que. Ce travail a pour finalit&#233; la production d'une exposition. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je mets en place d&#232;s la rentr&#233;e, avec trois classes un dispositif sur le Journal Intime (cf. fiche ci-apr&#232;s). En cours, je fais travailler les &#233;l&#232;ves sur la pr&#233;sence subjective dans un texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; Ci-dessous, la premi&#232;re mouture de la fiche distribu&#233;e aux &#233;l&#232;ves :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COURS DE FRANCAIS. MONSIEUR GENESTE :&lt;br class='autobr' /&gt;
PROJET ECRIT ET SUBJECTIVIT&#201; : LE JOURNAL INTIME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de janvier (troisi&#232;me semaine) je vous demande de me remettre des pages par vous s&#233;lectionn&#233;es d'un journal intime personnel. Je vous conseille de commencer d&#232;s le mois de septembre &#224; r&#233;diger ce journal. Vous aurez ainsi un mat&#233;riau textuel suffisamment important pour pouvoir y choisir la dizaine de pages que je vous demande de remettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, on &#233;crit ce que l'on veut dans un journal intime. Vous pouvez coller des extraits de commentaire d'un livre ou d'un film ou d'un documentaire qui vous a plu, coller une image que vous aimez, avec un commentaire sur la situation dans laquelle vous avez rencontr&#233; cette image, vous pouvez dessiner, coller un croquis, une caricature, que vous auriez faits en classe. Vous pouvez recopier le passage d'un livre qui vous semble important. Vous pouvez parler de l'&#233;cole, de votre journ&#233;e d'&#233;cole mais ce n'est pas obligatoire. Bref, vous parlez de votre vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
En gardant la forme du journal intime, vous s&#233;lectionnerez dix pages &#224; me remettre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour vous aider &#224; comprendre comment se pr&#233;sente un journal intime, vous pouvez aller feuilleter : le &lt;i&gt;journal&lt;/i&gt; d'Anne Frank, &lt;i&gt;je t'&#233;cris, j'&#233;cris&lt;/i&gt; de Geva Caban (&#233;ditions Gallimard ), Marie Brant&#244;me, &lt;i&gt;Avec tout ce qu'on a fait pour toi&lt;/i&gt; (&#233;ditions du Seuil), &lt;i&gt;Le journal de Zlata&lt;/i&gt; (&#233;ditions Robert Laffont). Vous en trouverez d'autres dans la fiche bibliographique de lectures que je vous ai d&#233;j&#224; distribu&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous pouvez aussi, si vous ne savez pas comment vous y prendre, vous amuser en commen&#231;ant par : &#171; C'est dr&#244;le, aujourd'hui quand... &#187; ; &#171; Je me souviens... &#187; ; &#171; Il y a plusieurs jours, c'&#233;tait je crois le... &#187; ; &#171; Aujourd'hui quand je suis arriv&#233; &#224; l'&#233;cole, je ne savais pas que... &#187; ; &#171; J'aime ce moment o&#249; rentrant chez moi je... &#187; ; &#171; J'aime..., je n'aime pas... &#187; ; &lt;i&gt;etc.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gardez bien &#224; l'esprit qu'un jour on &#233;crit beaucoup et qu'un autre jour, une seule phrase suffit. Parfois on n'&#233;crit pas. N'&#233;crivez pas par obligation comme pour un devoir ; &#233;crivez pour dire quelque chose, pour passer une col&#232;re, exprimer un bien &#234;tre, poser un doute, une interrogation ; &#233;crivez pour cerner une inqui&#233;tude, rejouer par l'&#233;criture un bonheur. Soyez libre. Ce projet je le propose pour que vous fassiez une exp&#233;rience d'&#233;criture mais vous d&#233;cidez de quand vous &#233;crivez, de ce que vous &#233;crivez et pendant combien de temps vous &#233;crivez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentez-vous libre puisque c'est vous qui s&#233;lectionnerez les textes que vous me remettrez en janvier. Donc, si vous ne voulez pas rendre publique certaines choses, tout simplement, vous les enl&#232;verez. Mais ne pensez pas &#224; cela quand vous ferez le journal intime parce que &#231;a vous emp&#234;chera d'&#233;crire. La s&#233;lection, vous la ferez avant de me remettre les textes&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, ce journal intime fera l'objet d'une exposition collective, vers la fin de l'ann&#233;e, &#224; la m&#233;diath&#232;que. Cette exposition s'appuiera sur les journaux que vous m'aurez remis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.&lt;/strong&gt; La lettre remise aux parents d'&#233;l&#232;ve fin janvier apr&#232;s la remise des journaux intimes par les &#233;l&#232;ves :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#034;Monsieur Geneste, enseignant de lettres modernes,&lt;br class='autobr' /&gt;
aux parents d'&#233;l&#232;ves de ses classes&lt;br class='autobr' /&gt;
Madame. Monsieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le cadre du projet p&#233;dagogique du cours de Fran&#231;ais votre enfant a &#233;t&#233; invit&#233; &#224; r&#233;aliser un choix de textes extraits d'un journal intime tenu entre septembre et d&#233;cembre 1998 (voir la fiche aff&#233;rente &#224; ce travail distribu&#233;e &#224; la rentr&#233;e de septembre).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce projet s'enrichit avec la pr&#233;paration d'une exposition sur l'&#233;crit intime comprenant des textes ou fragments de textes d'&#233;l&#232;ves. Bien s&#251;r, comme dans le cas des extraits remis en janvier par votre enfant, celui-ci restera ma&#238;tre de son texte tant pour accepter que pour en refuser l'exposition, sous quelque forme que ce soit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je soussign&#233; autorise mon enfant&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; participer &#224; l'exposition ci-dessus mentionn&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
SIGNATURE DES PARENTS.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Interrogations initiales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis conscient quand je pose le projet et le pr&#233;sente aux &#233;l&#232;ves de travailler sur un paradoxe : je propose une &#233;criture de l'intime par le biais du genre du journal intime et j'explicite que les journaux intimes remis serviront de mat&#233;riau &#224; une exposition publique de la classe. L'exposition portera sur l'&#233;criture de la subjectivit&#233; des pr&#233;-adolescents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si Montaigne &#233;crit &#171; Lecteur, je suis moi-m&#234;me la mati&#232;re de mon livre &#187;, avec l'exposition, le lecteur et le scripteur sont diff&#233;renci&#233;s. Je m'interroge : comment travailler cette c&#233;sure ?&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1615 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://quiero.fr/IMG/jpg/archi_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH258/archi_2-48742.jpg?1789818912' width='500' height='258' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la pratique par l'enseignant du journal professionnel
</title>
		<link>http://quiero.fr/spip.php?article510</link>
		<guid isPermaLink="true">http://quiero.fr/spip.php?article510</guid>
		<dc:date>2025-12-03T19:39:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Geneste
</dc:creator>


		<dc:subject>Philippe Geneste
</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le blog tenu par Philippe Geneste Sur l'&#233;ducation propose une s&#233;rie de nouveaux articles sur le journal professionnel comme instrument d'accompagnement de la pratique enseignante. Dans ce premier volet, il sera d&#233;fini ce qu'est un journal professionnel. Tous les articles sur ce sujet sont r&#233;unis dans une sous-rubrique intitul&#233;e Du journal de bord. &lt;br class='autobr' /&gt; G&#233;n&#233;ralit&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
La pratique du journal de bord de sa pratique professionnelle est une discipline que le praticien s'impose. En m&#234;me temps, elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;Du journal de bord
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Philippe Geneste
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quiero.fr/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L110xH150/mains_et_manuscrit_math-828f1.png?1789818912' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le blog tenu par Philippe Geneste &lt;strong&gt;&lt;a href='http://quiero.fr/spip.php?rubrique14' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sur l'&#233;ducation&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; propose une s&#233;rie de nouveaux articles sur le journal professionnel comme instrument d'accompagnement de la pratique enseignante. Dans ce premier volet, il sera d&#233;fini ce qu'est un journal professionnel. Tous les articles sur ce sujet sont r&#233;unis dans une sous-rubrique intitul&#233;e &lt;a href='http://quiero.fr/spip.php?rubrique43' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Du journal de bord&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;n&#233;ralit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique du journal de bord de sa pratique professionnelle est une discipline que le praticien s'impose. En m&#234;me temps, elle est un apprentissage de la rigueur. La tenue d'un journal permet d'&#234;tre le sujet de sa vie professionnelle et non son jouet. Elle permet de construire nos observations sur la vie, sur le milieu, sur l'institution, sur un th&#232;me particulier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois fonctions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&#8226;&lt;/strong&gt; Le journal permet de garder une trace des choses que l'on fait, que l'on vit, que l'on d&#233;couvre. Si on ne le note pas, alors, grandes sont les chances donn&#233;es &#224; l'oubli de ces faits. Or, ces faits participent du cours, de la pr&#233;paration du cours, de la pratique des cours. Ils en sont des &#233;chos voire des premi&#232;res analyses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&#8226;&lt;/strong&gt; le journal de bord permet de prendre en compte la temporalit&#233; dans laquelle se d&#233;veloppe notre pratique enseignante. En effet, le journal s'&#233;crit au jour le jour mais aussi, il se relit, on revient dessus. Ainsi, quelque chose qu'on a &#233;crit et qui, &#224; l'&#233;poque nous semblait insignifiant peut prendre du relief, devenir signifiant pour nous. Quand on tient un journal, on ne cherche pas &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt;priori&lt;/i&gt; &#224; s&#233;lectionner ce qui nous vient &#224; l'esprit. Il faut savoir accepter &#233;crire ce qui nous vient, sans le filtrer en quelque sorte. Le journal doit donc &#234;tre con&#231;u comme un espace de libre scription.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arr&#234;tons-nous quelques instants sur cette derni&#232;re remarque. On n'&#233;crit pas un journal pour se motiver dans son travail. En effet, la motivation n'est pas au d&#233;but d'un processus mais plut&#244;t &#224; la fin. La lecture ou la relecture du journal motive des r&#233;flexions personnelles sur ce qu'on a fait, sur comment cela s'est pass&#233;, ce qui procure des pistes pour nous relancer dans notre travail. La motivation n'est pas un a priori, elle est un r&#233;sultat entra&#238;nant. Aussi, quand on entend des hi&#233;rarques dire &#224; un enseignant ou une enseignante qu'il faut savoir se remotiver, cette expression est peu op&#233;rante et pour tout dire inint&#233;ressante&#8230; ce qui n'est pas surprenant, puisque l'hi&#233;rarque n'est jamais un praticien et n'a qu'une connaissance lointaine et purement bureaucratique de la relation p&#233;dagogique. La motivation est en effet un processus incessant, aussi, s'il est juste de dire qu'on se motive pour faire cours, en revanche il est anachronique de parler de remotivation, cela signifierait des trous d'int&#233;r&#234;t dans le cours&#8230; et donc l'inattention des &#233;l&#232;ves assur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3&#8226;&lt;/strong&gt; Le journal est un outil d'analyse de soi. L'enseignant ou l'enseignante y analyse ses essais, des tentatives, ses r&#233;actions &#224; la mani&#232;re dont les &#233;l&#232;ves r&#233;agissent &#224; ce qu'il ou elle propose. Le journal sert donc &#224; une &#233;-valuation au sens d'une r&#233;flexion qui donne valeur &#224; sa pratique, valeur, c'est-&#224;-dire sens. L'&#233;criture du journal et sa relecture sont des moments de r&#233;flexion sur soi et d'auto-&#233;valuation du sens donn&#233; effectivement en regard du sens con&#231;u comme &#224; donner au cours.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://quiero.fr/IMG/jpg/ecrit_au_cafe_jpeg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH697/ecrit_au_cafe_jpeg-81fae.jpg?1789818913' width='500' height='697' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le contenu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que trouve-t-on dans un journal professionnel ? &lt;br class='autobr' /&gt;
De tout. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et surtout ne pas se limiter d'embl&#233;e, &#233;viter de trier ce qu'on a &#224; dire, et pr&#233;f&#233;rer, toujours noter ce qui vient. Rentrent donc dans un journal de bord de la pratique professionnelle, des souvenirs, des exp&#233;riences de vie, des &#233;changes avec d'autres personnes, des comptes rendus de lecture (film, exposition, spectacle&#8230;), des notes d'apr&#232;s lecture, film, exposition, spectacle, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le journal est un regard au pr&#233;sent sur du pass&#233;, pass&#233; lointain ou imm&#233;diat, peu importe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le journal est un r&#233;cit d'exp&#233;rience en cours. Il est la subjectivation d'une exp&#233;rience traduite institutionnellement. Cette transcription d'exp&#233;rience peut relever de l'expressivit&#233;, ce qui revient &#224; compenser ou &#224; liquider une charge &#233;motive ressentie lors d'un cours. Elle peut relever d'une analyse d'un cours, ce qui est une mani&#232;re de garder prise sur sa pratique. Elle peut servir de moment d'exploration : une question, une probl&#233;matique nous est venue &#224; la suite ou pendant un cours et nous d&#233;cidons de l'explorer pour voir comment faire autre chose ou d&#233;velopper ce qui a &#233;t&#233; fait ou l'approfondir ou le prolonger&#8230; En aucun cas, je d&#233;cide &#224; l'avance de quoi sera fait mon journal. C'est en l'&#233;crivant que je vois ce qui me pr&#233;occupe. Ceci n'est pas anodin : plus le contenu du journal est spontan&#233;, moins il est corset&#233; par des pistes a priori, et plus il va me servir &#224; comprendre mon &#233;volution et donc mieux je vais pourvoir saisir ma pratique et saisir ce que je souhaite transformer dans cette pratique, ou bien ce que je souhaite garder ou renforcer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pratique du journal de bord et connaissance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenir un journal de bord s'apparente &#224; une pratique de la connaissance, car c'est une appropriation en acte de connaissances. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le journal rel&#232;ve d'une recherche du pourquoi de nos actes (&#224; quoi sert tel dispositif ? Pourquoi ce &#224; quoi il &#233;tait destin&#233; n'a pas march&#233; ? Pourquoi est-ce que je mets cette activit&#233; &#224; ce moment-l&#224; ?). Comme il exige un suivi de r&#233;alisation, ce rapport &#224; la connaissance est constant et exige cette constance. Un journal, en effet, s'&#233;crit chaque jour, m&#234;me si ce ne doit &#234;tre que durant quinze minutes, mais il est important qu'il soit ouvert chaque jour. Certains l'&#233;criront en fin de journ&#233;e pour &#233;viter d'oublier des faits qui ont frapp&#233;, d'autres pr&#233;f&#232;reront l'&#233;crire le matin pour se relancer et mettre leur journ&#233;e en perspective. Cela d&#233;pend de chacun et chacune. Ce qui importe c'est qu'il soit r&#233;alis&#233; chaque jour. Il permet alors, vraiment, une &#233;valuation de ce &#224; quoi la journ&#233;e pass&#233;e a &#233;t&#233; employ&#233;e, tant au plan cognitif qu'affectif social ou corporel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Se rappeler, c'est appeler &#224; soi ce qu'on a fait pour lui donner valeur de vie. Le probl&#232;me de l'&#233;ducation de soi est celui du temps retrouv&#233;. Gr&#226;ce &#224; la tenue du journal de bord, on verra alors, parfois, &#233;merger la question de ce que la journ&#233;e m'a apport&#233; ou de quoi elle m'a enrichi. On se plaint de la bri&#232;vet&#233; de la vie, mais on travaille souvent, soi-m&#234;me, &#224; l'abr&#233;ger en s'adonnant &#224; des activit&#233;s non finalis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal de bord professionnel n'est pas qu'un exercice de m&#233;moire. Il aide &#224; r&#233;fl&#233;chir sur sa pratique professionnelle, parce qu'&#233;crire c'est objectiver les actes et les situations. Il donne plus d'&#233;paisseur au temps v&#233;cu. R&#233;mi Hess &#233;crit tr&#232;s justement : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; [le v&#233;cu devient] objet de recherche. Si l'on s'observe travailler, l'&#233;criture du journal transforme du &#8220;temps oblig&#233;&#8221; en mati&#232;re pour l'observation et l'&#233;tude &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hess, R&#233;mi, La Pratique du journal. L'enqu&#234;te au quotidien, Anthropos, 1998, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le journal sert &#224; m&#251;rir sa raison professionnelle, &#224; s'approprier les exp&#233;riences de la vie et les connaissances nouvelles. Il d&#233;veloppe notre capacit&#233; d'analyse et il pousse &#224; former un style d'&#233;criture, ce qui n'est pas le moindre de ses avantages. Avec le journal, le travail trouve une motivation intrins&#232;que ce qui aide &#224; le rendre agr&#233;able, &#224; se l'approprier avec plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Note&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hess, R&#233;mi, &lt;i&gt;La Pratique du journal. L'enqu&#234;te au quotidien&lt;/i&gt;, Anthropos, 1998, 144 p. &#8211; p. 3&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
